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Les anti-inflammatoires pris en début de grossesse font plus que doubler le risque de fausse couche
Les anti-inflammatoires pris en début de grossesse font plus que doubler le risque de fausse couche
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7 septembre 2011
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Université de Montréal, 110 articles (Pôle de recherche)

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Les anti-inflammatoires pris en début de grossesse font plus que doubler le risque de fausse couche

Les anti-inflammatoires pris en début de grossesse font plus que doubler le risque de fausse couche

Selon une étude publiée dans le JAMC (Journal de l’Association médicale canadienne), le risque de fausse couche est 2,4 fois plus important pour les femmes qui ont pris tout type d’anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), à l’exception de l’aspirine, en début de grossesse.

Les AINS (excluant l'aspirine) sont une catégorie de médicaments qui comprend le naproxen, l'ibuprofène, le diclofénac, le célécoxib et le rofécoxib, et figurent parmi les médicaments les plus couramment utilisés pendant la grossesse. Toutefois, des inquiétudes ont été soulevées quant à l'utilisation de ces médicaments pendant la grossesse, même si, jusqu'à maintenant, les résultats des études portant sur ces risques manquaient de constance.

Des chercheurs de l'Université de Montréal, du CHU Sainte-Justine, au Québec, et de l'École nationale de la statistique et de l'analyse de l'information, de Rennes, en France, ont entrepris une étude pour déterminer le risque de fausse couche associé à tous types et toutes doses d'AINS. Ils ont examiné un total de 4705 femmes ayant eu une fausse couche avant la 20e semaine de grossesse, dont 372 (7,5 %) avaient été exposées à des anti-inflammatoires durant la gestation et 47,050 femmes n'ayant pas eu de fausse couche dont 1213 (2.6%) avaient utilisées des anti-inflammatoires. Les données provenaient du Registre Québécois des grossesses qui ont fourni des renseignements sur les prescriptions remplies, les visites chez le médecin, les diagnostics et les hospitalisations.

Les femmes à l'étude étaient âgées entre 15 à 45 ans au moment du début de la grossesse et avaient été assurées par la Régie de l'Assurance Maladie du Québec pour leurs médicaments au moins un an avant et pendant leur grossesse. L'exposition aux AINS, excluant l'aspirine, était définie par le fait d'avoir reçu au moins une prescription pour tout type entre le début de la grossesse et la survenue de fausse couche ou dans 2 semaines précédant la fausse couche.

À l'exception de l'aspirine, l'ibuprofène est le seul AINS vendu sans ordonnance au Québec. Par contre, les femmes assurées par le régime d'assurance médicaments de la RAMQ peuvent tout de même se faire prescrire les AINS en vente libre. Dans l'étude, le naproxen était l'AINS le plus couramment utilisé, suivi de l'ibuprofène.

« Cette étude indique que, mise à part l'aspirine, l'utilisation des AINS au début de la grossesse est associée à une augmentation statistiquement significative de 2,4 fois du risque d'avoir un avortement spontané », écrit la professeure Anick Bérard, de la faculté de pharmacie de l'Université de Montréal et directrice de l'Unité de recherche sur les médicaments et la grossesse au CHU Sainte-Justine. « Notre étude indique de manière constante que le risque d'avortement spontané était associé à l'utilisation du diclofénac, du naproxen, de célécoxib, d'ibuprofène et de rofécoxib, seul ou en combinaison pendant la gestation, ce qui nous porte à conclure qu'il s'agit d'un effet de classe. »

Le risque le plus élevé était associé au diclofénac administré seul, et le moins élevé, au rofécoxib administré seul. Toutefois, les doses d'AINS ne semblaient pas influencer le risque.

Ces découvertes concordent avec les résultats d'autres études.

«  Étant donné que, mise à part l'aspirine, il a été démontré que, en début de grossesse, les AINS augmentent le risque de malformations congénitales et que, maintenant, notre étude indique qu'il y a aussi un effet de classe sur le risque d'avortement spontané, les AINS, excluant l'aspirine, devraient être utilisés avec précaution pendant la grossesse », ont conclu les auteurs.

POST-SCRIPTUM

  • Personne-ressource :
    William Raillant-Clark
    Attaché de presse international
    Université de Montréal

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