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Grossesse, neuf mois sous surveillance
Grossesse, neuf mois sous surveillance
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12 juin 2012
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

Bien-être et santé

Magazine Santé
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Grossesse, neuf mois sous surveillance

Grossesse, neuf mois sous surveillance

La grossesse n’est pas une maladie, mais une surveillance régulière est indispensable pendant cette période pour la sécurité de la mère et de l’enfant.

La grande majorité des grossesses sont sans problème, mais mieux vaut mettre toutes les chances de votre côté et vous faire surveiller sérieusement par un médecin, généraliste et/ou gynécologue, pour réagir à la moindre anomalie et prévenir tout risque de problème jusqu’à l’accouchement.

Examens et tests

Sept consultations prénatales, prises en charge par la Sécurité sociale, sont obligatoires.
La première doit avoir lieu avant la 15e semaine d’aménorrhée, soit avant la fin du premier trimestre, mais il est vivement recommandé de la faire au cours du 2e mois. Elle sert à confirmer votre grossesse, à en dater le début, à réaliser un examen général et gynécologique, à faire le point sur les traitements en cours, vos antécédents personnels, les pathologies dans votre famille et celle de votre conjoint (diabète, maladies héréditaires d’origine génétique) et sur vos vaccinations. Le médecin prescrit aussi des analyses obligatoires.
 
* Analyse de sang pour déterminer votre groupe sanguin et le rhésus, connaître la numération formule sanguine (NFS) et vérifier votre protection contre certaines maladies à risque pour le fœtus, syphilis, rubéole et toxoplasmose, et rechercher l’antigène Hbs qui témoigne de l’existence d’une hépatite B chronique.
 
* Une analyse d’urine pour rechercher la présence de sucre et dépister ainsi un éventuel diabète méconnu, et une analyse de protéines ou albumine dont un taux élevé peut signaler une hypertension artérielle, une infection urinaire ou des anomalies rénales.
 
* Le test de dépistage du VIH (sida) n’est pas obligatoire, mais il est proposé systématiquement à cause du risque de transmission du virus de la mère au fœtus. En cas d’infection, le traitement pendant la grossesse permet aujourd’hui, dans 99 % des cas, de ne pas transmettre le virus au nouveau-né.
 
* D’autres examens sont demandés au cas par cas : sérologies des hépatites B et C en cas d’antécédents de jaunisse ou d’hépatite ou de facteurs de risque (profession de santé, contact avec une personne malade, toxicomanie) ; radiographie pulmonaire en cas d’antécédent. Une visite médicale réservée au père, remboursée par la Sécurité sociale, est possible avant la fin du 4e mois et notifiée dans le carnet de maternité.

Les échographies

Trois échographies, prises en charge par la Sécurité sociale, sont prévues pour vérifier le développement du fœtus, du placenta et du cordon, et pour dépister un éventuel problème.
 
* Entre la 11e ou 12e et la 13e ou 14e semaine d’aménorrhée, donc entre 11 et 14 semaines après le début des dernières règles. Elle permet de dater la grossesse à 3 ou 4 jours près, de déterminer le nombre de fœtus et de déceler certaines anomalies.
 
* Entre la 22e et la 24e semaine d’aménorrhée (5e mois), pour examiner et mesurer les différents organes, notamment le cœur et la tête, observer le comportement du fœtus, analyser les échanges mère-enfant et ainsi prendre tôt en charge d'éventuelles anomalies.
 
* Au 3e trimestre, en général entre la 32e et la 34e semaine d’aménorrhée. Le médecin passe en revue tous les organes, mesure à nouveau le bébé et vérifie son bon développement.
 
Si ces trois échographies sont indispensables, mais attention aux échographies en 3D-4D proposées dans un but commercial : évitez de soumettre le fœtus à des radiations supplémentaires et inutiles.

Après 38 ans

Le dépistage de la trisomie 21, la plus fréquente des anomalies génétiques, est très utile, surtout en cas de grossesse tardive. Le risque s’élève avec l’âge maternel, même si 30 % seulement des trisomies 21 surviennent après 38 ans… Il se fait autour de la 12e ou 13e semaine d’aménorrhée, via deux examens couplés : échographie (chez un échographiste spécialisé et agréé) et dosage des marqueurs sériques maternels. Les résultats de ce test combiné sont si fiables qu’une amniocentèse, prélèvement de liquide amniotique pour analyse des cellules fœtales, n’est plus proposée systématiquement aux femmes âgées de plus de 38 ans. Elle ne sert qu’à établir le diagnostic avec certitude en cas de risque élevé. On pratique parfois une biopsie du trophoblaste, prélèvement d’un fragment de placenta. Dans les deux cas, le risque de fausse couche ne dépasse pas 1 % des cas.

Diabète, hypertension, danger !

Certaines pathologies, lourdes de conséquences, peuvent survenir pendant la grossesse.
 
* Diabète gestationnel. Il survient souvent à partir du 2e trimestre et est favorisé par certains facteurs : antécédents familiaux de diabète ou personnels lors d’une grossesse précédente, âge supérieur à 35 ans et obésité. Si, malgré une alimentation équilibrée et une activité physique régulière, la glycémie reste élevée, des injections d’insuline permettent au bébé de naître en bonne santé. Sinon, des complications sont à craindre telles que glycémie basse, enfant trop gros, ictère.
 
* Hypertension gravidique. Elle survient surtout au 3e trimestre. Elle est fréquente (5 à 10 % des grossesses), mais de cause inconnue.
 
* Insuffisance placentaire. Œdème généralisé, prise de poids rapide, céphalées, mouches volantes devant les yeux et bourdonnements d’oreilles en sont les signes. Pour éviter les complications, repos et arrêt de travail, médicaments antihypertenseurs et, si nécessaire, hospitalisation pour césarienne dans l’intérêt de la mère et de l’enfant.

Hygiène de vie totale

Tour d’horizon des bonnes précautions.
 
* Toxi-infections
 
- Toxoplasmose. Elle est due à un parasite qui se multiplie dans l’intestin des chats. Enceinte, ne vous occupez pas de sa litière ; lavez-vous soigneusement les mains et brossez-vous les ongles après avoir jardiné ou manipulé de la viande crue. Lavez aussi légumes et plantes aromatiques.
- Listériose. Également transmise par les aliments, elle passe généralement inaperçue. Évitez fromage au lait cru, charcuteries, poisson fumé, graines germées crues, lavez soigneusement les légumes y compris vendus en sachets et cuisez bien la viande.
 
* Excitants et toxiques
 
- Aucune boisson alcoolisée, même en petites quantités. L’alcool traverse la barrière placentaire et atteint dans le sang du fœtus la même concentration que dans le vôtre, d’où risque de malformations et de retard de croissance.
- Le tabac multiplie les risques de grossesse extra-utérine, de fausse couche, d’accouchement prématuré, de saignements au troisième trimestre et de retard de croissance de l’enfant. Le mieux est d’arrêter avant la conception, sinon faites-vous aider. Consommez modérément la caféine qui accélère le rythme cardiaque du futur bébé : café, thé, certains sodas et boissons énergisantes.
 
* Nourriture saine et variée
 
Limitez les aliments trop caloriques… mais pas de restrictions. Pensez aux aliments riches en fer (légumes secs, cacao, viande, abats, poisson, œufs), en calcium (produits laitiers, légumes verts), en vitamine D (foie de morue, hareng, sardine), en iode (poissons, algues, œufs) et en vitamine C (fruits, légumes crus). Ce que vous mangez ou pas influe directement sur la santé de votre bébé et son développement physique et mental.
Evelyne Gogien

 
Du côté du pharmacien
 
* Vitamines et oligoéléments : attention, une surconsommation risque d’être dommageable pour l’embryon. La vitamine A à fortes doses peut entraîner des malformations et des effets néfastes pour les yeux, l’appareil urinaire, la sphère génitale et le système nerveux central. L’excès de vitamines C et D, de fer et d’iode aussi peut être dangereux. En revanche, il est recommandé d’entamer une supplémentation en vitamine B9 (acide folique) à la dose de 0,4 mg/jour au moins 2 ou 3 mois avant la conception et de poursuivre pendant la grossesse.
 
* Médicaments autorisés pour les petits ennuis de la grossesse : antinaupathiques classiques ou homéopathiques pour les nausées ; suppositoires à la glycérine et laxatifs doux pour la constipation ; paracétamol sans association de codéine ou de caféine pour les maux de tête ou les lombalgies ; homéopathie et phytothérapie pour le sommeil.
 
Grossesses à risque
 
Les femmes qui présentent certaines maladies ou dont les précédentes grossesses se sont mal passées, ou encore qui présentent des signes d’alerte en cours de grossesse, doivent se faire surveiller tout particulièrement. Voici les principaux facteurs de risque de complications.
 
* Diabète : enfant plus de 4 kg et fragile, accouchement difficile.
* Hypertension artérielle : prématurité, enfant de petit poids, éclampsie.
* Épilepsie : malformations.
* Maladies cardiaques.
* Grossesse gémellaire, triple ou plus : prématurité, enfant de petit poids, hypertension artérielle.
 
3 questions à… Pr François Olivennes, gynécologue-obstétricien à Paris*.
 
* Pourquoi des fausses couches précoces peuvent-elles survenir ?
Les fausses couches précoces ont cinq causes principales. Dans plus de 70 % des cas, elles sont liées à des anomalies chromosomiques de l’embryon. Dans ce cas, c’est un moyen de sélection naturelle. Des infections urinaires graves, ou générales comme la listériose ou la grippe peuvent aussi entraîner une fausse couche. Les causes peuvent encore être immunologiques, endocriniennes (anomalies de la thyroïde, diabète non équilibré) et utérines (malformation de l’utérus, fibrome par exemple).
 
* Qu’est-ce qu’une grossesse extra-utérine ?
La fécondation se passe bien, mais la nidation a lieu hors de l’utérus. Dans 95 à 98 % de ces cas, la grossesse se développe dans la trompe ou, d’une manière exceptionnelle, dans la cavité abdominale. Elle ne peut jamais retrouver sa position normale ni être replacée médicalement dans l’utérus. Le risque majeur est la rupture de la trompe et l’hémorragie brutale qui, si elle n’est pas traitée correctement et en temps voulu, reste une des causes principales de mortalité de la femme jeune. La grossesse extra-utérine est plus fréquente en cas de pathologie tubaire, après une salpingite par exemple. Par ailleurs, et d’une façon surprenante, elle peut se produire après fécondation in vitro (FIV) : alors que les embryons ont été bien placés dans l’utérus, ils peuvent, sous l’effet de contractions non ressenties de l’utérus, remonter dans les trompes et y rester bloqués, notamment en cas de trompes anormales.
 
* Quels sont les signes d’alerte ? Et que faire ?
Une grossesse extra-utérine se manifeste avant tout par une douleur brutale, sur un côté, accompagnée ou non de saignements rouges. En cas de rupture de la trompe, les signes d’hémorragie interne sont une accélération du pouls, des évanouissements et des sueurs froides. C’est une urgence absolue à laquelle il faut penser en cas de douleurs pendant les premières semaines de grossesse, connue ou possible. Dans ce cas, il convient d’appeler le Samu ou les pompiers.
 
* Auteur de Tout ce qu’il faut savoir avant une grossesse, éd. Marabout, 2011, 15 Euros.
 
Témoignage
 
Un enfant à 41 ans
« Quand j’étais jeune, avoir un enfant était le cadet de mes soucis… Ensuite, j’étais préoccupée par ma carrière
et j’accumulais les déboires amoureux, mais le temps a passé et à
38 ans, j’ai commencé à paniquer. Malgré mes efforts, ça ne marchait pas. J’avais plus de 40 ans et je commençais à envisager une adoption quand je suis tombée enceinte. Inespéré… Une amie, dont la grossesse avait été tardive, avait eu beaucoup de problèmes et avait dû rester allongée plusieurs mois pour finalement accoucher en catastrophe et prématurément. Avec en prime une dépression du post-partum et un bébé difficile qui pleurait tout le temps… Tout pour m’effrayer ! Pour moi tout s’est bien passé, mais ma gynécologue m’a surveillée de très près. J’ai peut-être eu aussi de la chance… J’ai tout de même mis un peu de temps pour me remettre. Avec le recul, je pense que mieux vaut ne pas trop attendre… »
Marie, Rochefort.

 

Le magazine Bien-être & Santé est un mensuel gratuit offert à leurs clients par les pharmaciens abonnés uniquement. Pour savoir si votre pharmacie est partenaire, rendez-vous sur le site dédié.

 

 

Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés

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  • INFOS UTILES

    Des livres

    * La grossesse n’est pas une maladie, Dr Patrick Ben Soussan, pédospychiatre, éd. Marabout Santé, 2012, 5,90 Euros.
    * Les femmes enceintes ne se posent pas que des questions ridicules, M.  Heckscher et E. Sikking gynécologue-obstétricienne, 2012, éd. Marabout, 2012, 7,00 Euros.

    Un livret d’information
    * Asthme et grossesse, collection MSD/Asthme. Sur simple demande à l’association Asthme & Allergies. N° vert (appel gratuit) : 0 800 19 20 21
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