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Diane 35 : l’avis du gynécologue Alain Knopf
Diane 35 : l'avis du gynécologue Alain Knopf
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5 février 2013 | 8 commentaires
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Jean Lellouche, 21 articles (Rédacteur)

Jean Lellouche

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Diane 35 : l’avis du gynécologue Alain Knopf

Diane 35 : l'avis du gynécologue Alain Knopf

L’ANSM a décidé de suspendre l’autorisation de mise sur le marché de l’anti-acnéique Diane 35, également utilisé comme pilule contraceptive et responsable de quatre décès. Ce retrait prendra effet dans trois mois. Certains gynécologues, comme le Dr Alain Knopf, n’approuvent pas cette décision.

Diane 35 a provoqué la mort de quatre personnes depuis 1987 et 120 accidents cardiaques et thromboemboliques. D’ici le 30 avril, les 315 000 femmes qui l’utilisent devront se rendre chez leur médecin qui leur proposera une alternative. Une plaquette (un mois) de Diane 35 pourra leur être délivrée en pharmacie pour ne pas interrompre brutalement le traitement. Cette solution d’urgence ne concerne que les patientes déjà sous Diane 35. Les médecins n’auront pas le droit de le prescrire ou de renouveler une ordonnance.

Mais, si ce médicament et ses génériques seront retirés du marché dans trois mois, leur interdiction en France n'est pas encore définitive. Il ne s’agit pour l’instant que d’une suspension, faisant suite à la saisie par la France de l’Agence européenne du médicament pour arbitrage. La décision européenne annoncée en juin pourrait autoriser la commercialisation du traitement. Il faudra alors redéfinir ses conditions de prescription en France.

En attendant le verdict final, le Dr Alain Knopf, gynécologue obstétricien à Asnières-sur-Seine, décrypte cette affaire.

Pourquoi le Diane 35 était-il prescrit comme contraceptif ?

Nous savions que c’était une pilule lourde et on ne la prescrivait donc qu’en cas de graves problèmes de peaux. Il était logique, puisque ce médicament est contraceptif, de ne pas prescrire une contraception supplémentaire.

Que pensez-vous du retrait de Diane 35 ?

Je n’y suis pas favorable, mais je pense que la prescription devrait être plus contrôlée. Rappelons que les pilules de 3ème et 4ème génération augmentent deux à trois fois les risques de phlébite, mais que les grossesses les multiplient par 10, et on ne les interdit pas pour autant !

De plus, d’autres traitements de l’acné sont bien plus risqués. Roaccutane par exemple provoque des malformations fœtales en cas de grossesse.

Je ne comprends pas que Diane 35 soit retirée du marché dans trois mois, et que les femmes puissent obtenir encore une plaquette. Pourquoi ne pas l’interdire dès maintenant ? Si elle est si mauvaise, elle risque de provoquer d’autres accidents. Même chose pour le déremboursement des pilules de troisième génération. Si elles sont jugées dangereuses, cesser simplement de les rembourser n’est pas une mesure logique.

Justement, quels sont les avantages des pilules de troisième génération ?

Elles diminuent les migraines, les prises de poids, et les jambes lourdes. Mais ce n’est pas toujours le cas et on ne devrait les prescrire que si une patiente sous pilule de 2ème génération se plaint de maux de têtes, nausées, de prise de poids ou de cellulite.

Existe-t-il des traitements contraceptifs sans risques thromboemboliques ?

Oui, la pilule microprogestative, le stérilet au cuivre et l’implant contraceptif. La pilule microprogestative délivre seulement un progestatif et lorsqu’il est microdosé, il ne provoque pas de thromboses.

C’est aussi le cas de l’implant progestatif. Le stérilet au cuivre ne contient pas d’hormone, et le stérilet hormonal délivre de la progestérone mais elle reste dans l’utérus et ne passe pas dans le sang.

Que pensez-vous de la pétition lancée par des gynécologues suite à l’article paru dans Le Monde, accusant quatre médecins leaders d’opinion d’être liés aux laboratoires ?

J’ai signé cette pétition. Ces médecins sont des militants qui se sont toujours battus pour la contraception, sa gratuité et celle de l’avortement, et pour que les contraceptifs soient donnés au planning familial. Je ne comprends pas qu’on les accuse d’être achetés. Je connais deux d’entre eux, leur train de vie est très simple. S’ils ont été achetés c’était avec des cacahuètes !

Les gynécologues sont obligés d’avoir des rapports étroits avec les laboratoires pharmaceutiques qui vendent la pilule car nous devons leur dire ce que l’on attend d’une contraception. Et eux ont besoin du retour des médecins pour fabriquer des pilules comportant le moins de risques possible. 

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Mots-clés :
Pilule Contraception Acné
Commentaires
5 votes
par Anonymous (IP:xxx.xx7.23.61) le 5 février 2013 a 17H25
Anonymous (Visiteur)

En effet..enfin un article censé...Je suis passée par plusieurs pillules et traitements lourds pour soigner acné et ovaires polykystiques sans aucun bons résultats ou alors que temporaires. La diane était pour moi un miracle et même une sonnette d’alarme car à la suite du traitement roaccutane (2 de 1 an et demi chacun) j’ai eu de graves troubles neuro-psycho (idées noires...) Mais bon je suis quelqu’un de prudente et j’en ai de suite parlé à ma dermato qui m’a alors conseillé la diane (que je ne voulais vraiment pas prendre depuis le début). Et alors au bout de 1 an quels résultats !!! Enfin je me suis mise à revivre......Bien entendu je sais que c’est un traitement qui reste à surveiller mais je fais assez confiance aux professionnels qui chacun année vérifie mes examens et ma santé de prêt. Alors je pense que interdire la diane c’est cruellement abandonner les femmes qui souffrent de cet acné et qui n’ont d’autres solutions que de se tourner vers ce traitement. Il faut bien sûr surveiller cette prescription et renforcer la sécurité autour de ce médicament mais sûrement pas le prohiber. De nombreuses femmes en souffriraient. Pour ma part j’ai été à la pharmacie et on m’a même donné plus qu’une boîte de renouvellement en comprenant ma détresse et ma dépression face à ce lourd fléau. Je dramatise peut être mais 8 ans de souffrance et de renfermement sur soi c’est trop dur et je ne suis pas prête à revivre cela...

2 votes
(IP:xxx.xx8.165.147) le 5 février 2013 a 17H59
 (Visiteur)

Je suis à 100% d’accord avec ce que tu viens de dire. Moi non plus je ne suis pas prête à revivre mes années "acnéiques" et pourtant... on subira comme nombreux d’autres cette suspension de médicaments.

1 vote
par toubanne (IP:xxx.xx7.216.121) le 7 février 2013 a 09H37
toubanne (Visiteur)

100% d’accord. Pas prête non plus à revivre l’acné sèvère après les arrêts de Diane 35 pour cause bébés !

0 vote
par sephora37 (IP:xxx.xx8.170.5) le 25 mars 2013 a 17H16
sephora37 (Visiteur)

Bonjour,

J’aurais une question sur Diane 35. Voilà, je viens de finir ma plaquette et passant des examens importants en avril je souhaiterais avoir une dernière plaquette de Diane avant de passer à Minidrill.

Si le médecin me fait une ordonnance, risque t-il quelque chose ? Sachant que la Diane est encore en vente actuellement. Les médecins ont-ils encore le droit de la prescrire ?

2 votes
(IP:xxx.xx4.231.170) le 5 février 2013 a 18H27
 (Visiteur)

C’est d’autant plus stupide que la démonstration de la nocivité de Diane par rapport aux autres pillules n’est nullement démontrée et que la décision de ce ministère incompétent ou mal conseillé est plus une décision de principe par des fonctionnaires traumatisés par l’affaire Servier qui a montré effectivement de graves lacunes. Mieux vaut tout interdire aujourd’hui. Au moins, seules les femmes paieront... En tout cas, n’arrêter pas la pilule brutalement pour la reprendre aussi brutalement dans quelques mois car c’est dans ces situations que la pilule ( toute génération confondue) peut augmenter de façon significative le risque d’accident vasculaire qui reste très faible, je vous rassure à l’échelle individuelle !

1 vote
par lulupipistrelle (IP:xxx.xx1.157.50) le 6 février 2013 a 13H23
lulupipistrelle (Visiteur)

Je ne serais pas étonnée si d’ici quelques mois, apparaît sur le marché un médicament de substitution, voire une nouvelle pilule, quatre fois plus cher.

Je vous rappelle que certains scandales sanitaires ont déjà été montés de toute pièce pour retirer du marché un produit correct, mais dont le brevet tombait dans le domaine public... quelques noms : le DDT, le Glyfanan... aussitôt de nouvelles molécules sont apparues pour les remplacer à des tarifs bien plus élevés.

1 vote
par toubanne (IP:xxx.xx7.216.121) le 7 février 2013 a 08H33
toubanne (Visiteur)

Tout à fait d’accord. Nous sommes des milliers de femmes atteintes de micropolykystose ovarienne qui nous retrouvons dans un profond désarroi avec la suppression de notre seul traitement efficace (et qui nous donne une vie ENFIN NORMALE). Espérons que nos gynécologues soient entendus avant que nous nous couvrions à nouveau de poils, de boutons et de nous retrouvions avec des règles anarchiques, douloureuses.

0 vote
par Luc Picard (IP:xxx.xx1.184.231) le 12 février 2013 a 00H11
Luc Picard (Visiteur)

Si Diane 35 doit être retiré du marché, je me demande pourquoi certains produits y restent. Cette pilules n’est même pas indiquée pour la contraception. Mais vue le laisser aller sur la consommation le retrait pourrait être une solution. Cependant je pense que les dangers de ces pilules sont minimes. Position confirmée ici sur cet article http://hebdomadaire.fr/pilules-de-t... sur les pilules contraceptifs.