Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Chéri(e) je suis enceinte, je vais voir un(e) sage-femme.
Chéri(e) je suis enceinte, je vais voir un(e) sage-femme.
note des lecteurs
date et réactions
22 janvier 2010
Auteur de l'article
 (Visiteur)

Knackie

Rédacteur
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
5
nombre de commentaires
2
nombre de votes
2

Chéri(e) je suis enceinte, je vais voir un(e) sage-femme.

Chéri(e) je suis enceinte, je vais voir un(e) sage-femme.

Voilà une phrase prononcée bien rarement dans les chaumières. Pourtant, la sage-femme est le praticien de la grossesse normale.

Sage-femme keskécé ?

Profession médicale au même titre que les médecins et chirurgiens dentistes, le métier de sage-femme se consacre au suivi médical des femmes enceintes, à leur travail, à l'accouchement et ses suites tant pour la mère que l'enfant et ce en toute autonomie du moment que la grossesse reste physiologique.. Ainsi la sage-femme est amenée à prescrire tous les examens ou traitements nécessaires au bon suivi de la grossesse. Elle est formée à dépister les pathologies pouvant survenir et devra alors en référer à un médecin (gynécologue, anesthésiste, pédiatre...). Elle peut également sur prescription d'un médecin assurer le suivi rapproché d'une patiente présentant une pathologie particulière.

Et alors ?

Cependant, en pratique, en dehors d'un établissement de santé les salariant, bien peu de sages-femmes peuvent vivre de ce qui est à mon sens une part essentielle de leur métier  : le suivi de grossesse. D'une part parce que la profession est plus ou moins méconnue : sage-femme, on pense vaguement savoir ce que c'est mais en fait non. D'autre part parce que nous fonctionnons à "l'envers". La grossesse, normale dans la grande majorité des cas, est essentiellement suivie par des médecins (gynécologues ou même généralistes) et en cas de pathologie la surveillance est renvoyée vers les sages-femmes qui passeront à domicile régulièrement et pratiqueront des examens. Nous avons là une situation où la physiologie est détenue par une profession destinée à soigner les personnes d'une maladie, et où la pathologie est renvoyée à une profession dont le coeur du métier est la physiologie.

Peut-on en vivre ?

Même si toutes les femmes enceintes de la terre venaient consulter une sage-femme française pour leur grossesse, un cabinet libéral ne serait pas viable s'il en faisait son activité principale. En effet, une consultation sage-femme est cotée par la sécurité sociale environ 19 euros (à quelques centimes près), sachant que si on veut faire son travail autrement qu'entre deux portes, en prenant le temps d'accompagner la femme enceinte, de répondre à ses questions, bref, de voir autre chose que le médical pur (qui peut être fait en dix minutes) il faut environ une demi-heure...je vous le dis ma bonne dame, le cabinet fermerait vite par manque de rentabilité. Les cabinets de sages-femmes vivent donc des cours de préparation à la naissance et de rééducation du périnée...les visites à domicile étant également bien peu rémunérées. Je n'ai rien contre la prépa, rien contre la rééducation, je trouve simplement choquant qu'une profession ne puisse mathématiquement pas vivre de ce qui fait le coeur de sa qualification médicale : la consultation, l'examen clinique, le diagnostique et l'élaboration d'une conduite à tenir...

Quelle solution ?

Alors, la solution : augmenter le prix d'une consultation sage-femme ? Sûrement...mais ces 19 euros sont tout jeunes. Au début de ma formation la consultation était encore à 15 euros 50. La blague ! Valoriser la profession en se servant du fameux "parcours de soins" qui nous laisse tous un peu perplexe ? Pourquoi pas ? Pourquoi une femme ne devrait-elle pas voir obligatoirement une sage-femme en début de grossesse qui déciderait du caractère physiologique ou pathologique au moment et donc orienterait la patiente vers un physio-> sage-femme et patho-> médecin ? Pourquoi les médecins pour qui la pathologie est le coeur du métier n'orientent-ils pas vers les sages-femmes lorsqu'ils "trouvent" de la physiologie ? Car après tout, ce n'est pas vraiment leur boulot non ? Après l'année en fac de médecine, un étudiant sage-femme a quatre ans d'école pour se former en mettant l'accent sur la grossesse d'un point de vue médical. Un interne en gynéco-obstétrique a lui 5 ans pour se former sur la grossesse certes, mais aussi, la chirurgie, la gynécologie de manière plus poussée etc... Les médecins sont certainement moins formés sur l'accompagnement physiologique d'une grossesse, comme les sages-femmes sont moins à l'aise sur la prise en charge pathologique (quoique, on est quand même très fort et on sait tout faire).

 

Alors non, je ne pars pas en croisade contre les médecins, vraiment pas. Je regrette simplement une certain inversion des rôles, un manque de considération de la profession, qui fait que moi, petite étudiante bientôt diplômée, sais d'avance qu'on ne me laissera pas vivre d'une des facettes de la profession, qui m'intéresse le plus.

POST-SCRIPTUM

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Mots-clés :
Grossesse Enceinte