Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Cancer du sein : la mammectomie prophylactique, pour quelles patientes ?
Cancer du sein : la mammectomie prophylactique, pour quelles patientes ?
note des lecteurs
date et réactions
31 octobre 2013
Auteur de l'article
Doucediva, 7 articles (Rédacteur)

Doucediva

Rédacteur
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
7
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Cancer du sein : la mammectomie prophylactique, pour quelles patientes ?

Cancer du sein : la mammectomie prophylactique, pour quelles patientes ?

Depuis quelques mois, sous l’effet d’une pression médiatique forte et peu nuancée, ce sujet est devenu préoccupant dans l’esprit des patientes atteintes de cancer du sein ainsi que de leur famille . 

De ce fait il apparaît nécessaire que « Doucediva « se positionne de manière simple sur un chapitre qui a suscité des réponses très contrastées.

Le premier point à prendre en considération est attaché à l’histoire cancérologique familiale de la patiente et bien entendu plus spécifiquement à celle des cancers du sein et de l’ovaire.

Pour cela une consultation génétique est organisée dans le but de déceler les personnes où il faut effectuer des tests. Dès lors qu’il le juge nécessaire le généticien indique une étude génétique comprenant une analyse des gènes BRCA1 et BRCA2 dont la mutation accroît le risque de cancer : 70 % de risque de cancer mammaire et 40% de risque de cancer de l’ovaire en cas d’ atteinte de BRCA1 . Ce risque est substantiellement moindre en cas d’atteinte isolée de BRCA2. Ces études génétiques restent laborieuses et réservées à une petite fraction de population, ces anomalies s’avérant globalement très rares . Une nouvelle méthodologie de recherche rapide se met progressivement en place .Elle permettra sans doute dans un avenir proche d’étendre plus largement l’éventail des recherches.

Dans l’hypothèse la plus péjorative d’altération BRCA1, quelle attitude faut ‘il adopter ?

Tout d’abord assurer une information détaillée , largement répétée tant à la patiente qu’à des proches choisis par elle-même. Des conseils de bon sens pourront également s’avérer forts utiles. A titre de simple exemple ,il pourra être conseillé des grossesses précoces qui laisseront plus de liberté de choix face à un problème ovarien éventuel. 

Le suivi de ces patientes devra être très attentif et resserré. Le protocole suivant est ainsi préconisé : à partir de 35 ans : deux à trois consultations spécialisées par an comprenant deux échographies mammaires, un bilan radiologique conventionnel annuel associé à une étude par IRM . S’agissant de l’attitude thérapeutique, elle est plus difficile à définir car tant le corps médical que les patientes sont divisés à la fois pour des raisons objectives et subjectives où entrent également en jeu des aspects culturels plus délicats à cerner.

Le cas le plus simple tient au problème ovarien. Il est admis dans cette situation de proposer une ovariectomie prophylactique par voie coelioscopique dès la préménopause ce qui a comme effet indirect complémentaire de diminuer également le risque de cancer du sein.

Plus complexe est le problème mammaire. Ce qu’il y a lieu de savoir : Une mammectomie prophylactique pour l’être vraiment doit enlever toute la glande mammaire avec le plus souvent l’aréole. Elle laisse tout de même persister un risque léger de cancer à hauteur de 2 % . Dans la très grande majorité des cas la reconstruction s’effectue en immédiat avec ou sans utilisation d’un expanseur en ayant soin de préserver un étui cutané de bonne qualité( cf article antérieur de Doucediva (www.doucediva.skyrock.com)) . Il y a lieu de retenir que la reconstruction par prothèse reste un geste délicat non libre de complications et séquelles éventuelles, qu’il y aura lieu de changer les implants sans doute plusieurs fois ( deux voir trois fois) chez des patientes jeunes. Au crédit d’une attitude conservatrice, il faut préciser qu’un suivi très attentif permet la détection de petits cancers dont le taux de guérison à distance est très élevé ; au-delà de 90 % à dix ans. Au total un ensemble de données disparates qui ne facilite pas l’analyse et le débat entre les tenants de la mammectomie prophylactique et ses opposants.

Sur le plan pratique. De nombreuses discussions avec la patiente et ses proches sont nécessaires . Elles seront associées à de longs délais de réflexion, seule manière de permettre à la patiente de se forger une opinion étayée, solide et profondément ressentie. La recherche de divers avis médicaux (de spécialités différentes) peut s’avérer utile. Nous émettons pour notre part une certaine réserve à indiquer largement une mammectomie prophylactique bilatérale . Il est néanmoins également excessif de l’écarter de principe. Beaucoup dépend dans ces situations de la psychologie des patientes sachant que certaines y sont opposées et que d’autres au contraire la demandent afin de se débarrasser mentalement d’un problème qui les poursuit et sont prêtes à subir pour cela de multiples interventions et courir le risque de diverses complications. Il s’agit d’une chirurgie délicate à gestes multiples réservée à des chirurgiens spécialistes de la reconstruction mammaire y compris avec utilisation de lambeaux. La prise en charge de ces interventions est bien entendu complète pour ce qui concerne les frais d’hospitalisation et d’implants. Selon les cas, des honoraires complémentaires pourront être demandés.

Pour le futur. Ainsi que nous l’avons précisé, des tests plus rapides, plus performants sont à l’étude et devraient arriver dans un avenir proche. Des essais thérapeutiques à base d’antioestrogènes sont en cours chez ces patientes à risque.

Docteur Hubert Calderoli, chirurgien-oncologue, Membre de l’Académie Nationale de Chirurgie

"Nous tendons nos mains vers vous, pour guérir vos seins, de tous les maux malins" DouceDiva www.doucediva.skyrock.com
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté