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Cancer du sein et sexualité : un sujet encore tabou
Cancer du sein et sexualité : un sujet encore tabou
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4 janvier 2010 | 5 commentaires
Auteur de l'article
Catherine Cerisey , 45 articles (Rédacteur)

Catherine Cerisey

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Cancer du sein et sexualité : un sujet encore tabou

Cancer du sein et sexualité : un sujet encore tabou

Suite à mon billet sur l’après-cancer, certains d’entre vous ont évoqué le peu d’information sur la sexualité à la disposition des femmes malades d’un cancer du sein. En cherchant, j’ai effectivement trouvé peu de choses concrètes sur ce problème vécu par beaucoup d’entre nous.

Plus de la moitié des femmes souffrant de cancer du sein éprouvent une baisse de leur désir

En 2006, grâce au mécénat Simone Pérele (créatrice de dessous féminins), l’Institut Curie a lancé une étude : “Intimité et sexualité après un cancer du sein”. Près de 300 femmes ont été interrogées dont 50% étaient âgées de moins de 54 ans et 52% n'étaient pas ménopausées au moment du diagnostic. La moitié de ces patientes expriment une réelle souffrance psychologique et 26% se sentent sexuellement moins attirantes. Pour plus de 50% d’entre elles, le désir a diminué ou complètement disparu. La fréquence des rapports a diminué chez plus de la moitié et la capacité d’arriver à l’orgasme a diminué chez 43% des femmes interrogées. Toutes se plaignent du manque d’informations délivré à ce sujet. Autant dire que le problème est d’importance !!! Pourtant ces résultats ne sont pas une surprise.

Des raisons physiologiques et psychologiques

Les causes psychologiques dans un premier temps sont multiples : anxiété, stress, peur et angoisse ne participent pas à un état émotionnel propice aux rapports sexuels.
Les causes physiologiques ensuite sont pour la plupart des femmes liés au traitements et leurs effets secondaires.
  • La mastectomie semble plus invalidante que la tumorectomie en raison de la mutilation engendrée par l’acte chirurgical qui modifie l’image corporelle de façon significative. Mais il y a également dans les deux opérations une baisse de la sensibilité d’une zone qui, de fait, n’est plus érogène.
  • La radiothérapie quant à elle avec ses cortèges de rougeurs et brûlures désinvestit le sein de tout érotisme.
  • En chimiothérapie, on est souvent nauséeuse, et les vomissements sont peu propices à un quelconque rapprochement sexuel ! Ne parlons pas de l' alopécie qui pose également un problème d’image pour la femme qui en est victime.
  • Avec l’hormonothérapie, la chimiothérapie est souvent responsable d’une ménopause précoce pour laquelle aucun traitement substitutif n’est permis. S’en suivent, des sécrétions vaginales inexistantes et donc des rapports douloureux, des bouffées de chaleur, une prise de poids, des douleurs musculaires et/ou osseuses qui ralentissent la libido.

Les solutions d'après les sexologues

Mais d’après certains sexologues les solutions existent :
  • Redonner un pouvoir de séduction à la femme meurtrie en essayant de réduire la gêne face à cette nudité qui dérange et en l’aidant à apprivoiser sa nouvelle image corporelle.
  • Apprendre à gérer le stress et la peur de la patiente mais aussi celle du conjoint qui peut, vivant dans l’angoisse de perdre celle qu’il aime, ne plus avoir de désir.
  • Réinstaurer une communication qui rassurera la femme parfois inquiète d’être délaissée, trompée voire quittée.
  • Changer les comportements sexuels en découvrant par exemple de nouvelles zones érogènes et abandonner, pour un temps, ce sein douloureux ou insensible.
A l’Institut Curie, les professionnels en charge des patientes reçoivent dorénavant une formation afin de répondre aux problématiques de sexologie rencontrées par les femmes lors de la traversée d’un cancer du sein.
 
Mais si en parler est essentiel, quelles solutions concrètes peut-on trouver pour venir en aide aux couples confrontés à ces problèmes. Iraient-ils consulter un oncosexologue s’ils en avaient la possibilité ?
 
Et que dire de toutes ces femmes seules au moment du diagnostic ou devenues célibataires suite à cette annonce de cancer ? Comment les aider à retrouver la confiance nécessaire à tout début de relation amoureuse.n Il est clair que le chemin est long avant d'arriver à des solutions à la hauteur d’un problème encore tabou.
Catherine Cerisey

SOURCES

  • Institut Curie/sylviehenrysexologue.com
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Commentaires
3 votes
par pigripi (IP:xxx.xx7.152.136) le 4 janvier 2010 a 23H03
pigripi (Visiteur)

Bonjour, Je trouve cet article beaucoup trop généraliste car aucune pathologie du cancer du sein ne se ressemble, aucun traitement ne se ressemble, aucune femme ne se ressemble et ne réagit de manière identique à un même traitement tout comme aucune n’a un rapport ordinaire à son propre corps, une psychologie identique, etc. D’autre part, les suites ne sont pas identiques selon qu’on a subit une mastectomie uni ou bi latérale, une reconstruction par prothèse ou pat lambeau, pas de reconstruction avec une-des cicatrices très visibles ou discrètes, etc. Le comportement du compagnon et des hommes en général a aussi de l’importance selon qu’il accompagne, qu’il fuit, qu’il banalise, qu’il rassure, etc. Il y a aussi les risques de récidives, comme dans tous les cancer puisqu’on considère qu’il n’y a pas guérison du cancer mais rémission. Une tumerectomie abime le sein, laisse des cicatrices, l’aplatit, le déforme. Ce n’est pas anodin.

Je connais une femme qui s’est suicidée après sa deuxième récidive (troisième cancer) et beaucoup d’autres très recentrées sur leur(s) sein(s) malade(s) pour se soucier de leur sexualité. Je connais aussi pas mal de cas où l’homme a quitté sa compagne malade. Il faut compter aussi avec les réactions des enfants qui ne supportent pas que leur maman soit malade ce qui complique encore le rétablissement de l’intéressée.

L’idéal étant d’avoir un tout petit cancer de rien du tout, sans mastectomie, sans chimiothérapie, sans radiothérapie et un compagnon attentionné et aimant. Ce n’est malheureusement pas le cas le plus courant et encore, il faut du temps pour apprendre à vivre en oubliant son cancer.

Il est bon que Curie crée une consultation de sexologie, certes, mais étant donné l’immensité de la question, je reste sceptique son son efficacité autre que conseiller un suivi psychologique à l’extérieur de l’Institut.....

0 vote
(IP:xxx.xx1.71.249) le 9 août 2010 a 16H53
 (Visiteur)

Je voudrai juste apporter un témoignage :

Mon épouse a perdu le sein gauche et est actuelement sous chimio. Elle n’a plus de cheveux et pèse...46 KG. Depuis le début de ce cauchemar, c’est à dire bien avant la masectomie, nous en avons parlé et je n’ai eu de cesse de lui dire que cela ne changerait rien entre nous. Elle a eu besoin de temps, après l’opération, pour s’habituer à la vision de son corp et ne voulait pas que je la regarde. Petit à petit, en se parlant beaucoup, avec de la douceur et en lui répetant que j’étais toujours là, près d’elle et que j’y serai toujours, elle a accepté de se montrer. Elle a fait preuve de beaucoup de courage, et nous sommes arrivés a reparler de sexualité au bout de deux mois...sans qu’il ne se passe rien. A force de tendresse, de dialogue, il s’est écoulé cinq mois à ce jour et nous avons maintenant, des rapports une à deux fois par semaine plutôt six à huit jours après les chimio. Ces rapports sont trés fusionnels et trés tendres. Elle éprouve autant de plaisir que moi et me dit que cela l’aide à supporter le reste. Messieurs accrochez vous et soutenez vos épouses. Elle ont besoin de vous. Leur tourner le dos est, en plus d’être lâche, la pire chose que vous puissiez leur faire subir. Je ne pense pas être différent des autres hommes et aider la femme que j’aime m’a semblé aussi indispensable que naturel. Mais jamais cela ne m’est apparut insurmontable.

4 votes
par ramila (IP:xxx.xx6.72.50) le 4 janvier 2010 a 23H18
ramila (Visiteur)

entierement d accord avec le commentaire de pirgipi qui resume la realite, la vraie, pas celle des psy du melodrame le seul moyen pour une femme mutilee, car il sagit bien de cela, de garder une sexualite... disons vivace, c est de se reveiller de ce cauchemar dans les bras d un prince vraiment charmant et tres amoureux Parce que la femme aura beau se reaproprier sa nouvelle "image", si Jules est aux abonnes absents, je vois pas ce qu elle peut faire a part se regarder dans le miroir en ravalant ses larmes

Perso, avec un cancer du sein, un bon chirurgien et un jules hors du commun, je suis parmi les exceptions, car J en ai rencontree des femmes qui furent aimees mais a qui on a ote les nichons qui se sont fait larguer alors qu elles etaient hospitalisees...Quelques unes ont garde le sens de l humour : "Enfin debarrassee de ce connard" :’-(

1 vote
par Catherine Cerisey (IP:xxx.xx9.78.109) le 5 janvier 2010 a 10H35
Catherine Cerisey , 45 articles (Rédacteur)

Cet article est né à la demande des lectrices de mon blog, pour la plupart atteintes d’un cancer du sein comme je l’ai était à deux reprises il y a quelques années. Vous avez raison chaque cancer est particulier, chaque femme est unique et personne ne vit les choses de la même manière. Je n’ai pas la prétention d’ecrire un article qui listerait de façon exhaustive tous les dommages liés au cancer du sein mais celle d’effleurer un problème soigneusement evité par le corps medical. Cet article a pour but d’eveiller les consciences au fait qu’il existe après la maladie des sequelles invalidantes, notamment dans sa vie de femme, sequelles sur lesquelles on ferme soigneusement les yeux. Qu’est ce que la vie sexuelle face au risque mortel que représente un cancer ! Sur mon blog j’aborde d’autres thèmes, d’autres problèmes tous liés à cette maladie et ma seule legitimité pour en parler est mon vécu de femme survivante. Et si à la lecture de mes billets, les femmes se sentent moins seules et les médecins se sentent concernés, j’aurais atteint mon but.

0 vote
par ddmm@yahoo.fr (IP:xxx.xx2.98.143) le 12 janvier 2010 a 00H19
ddmm@yahoo.fr (Visiteur)

Bonjour,je suis Nutritinniste-Diététicien en RD Congo,votre article m’a beaucoup intéressé et prochainnement je veux apporter mes contributions sientifiques.N’hesiter pas de m’écrire si vous avez un nouveau article ou encore d’autres informations sur notre proffession que j’aime beaucoup.Dodo Makuala