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Mamans : attention à la depression après grossesse
Mamans : attention à la depression après grossesse
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20 février 2009 | 1 commentaires
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Bambin Nature, 43 articles (Site internet)

Bambin Nature

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Mamans : attention à la depression après grossesse

Mamans : attention à la depression après grossesse

La période postnatale est une période délicate durant laquelle la jeune mère est plus sensible et fragile, suite au remodelage hormonal et physiologique que subit son corps, auquel s’ajoute l’expérience douloureuse de l’accouchement.

Ces modifications importantes du corps peuvent entraîner des troubles psychologiques variés allant du simple baby-blues jusqu’à, dans de rares cas, des psychoses très graves. Entre les deux, se trouve la dépression postnatale qui est encore souvent négligée bien qu’elle représente un risque réel pour la santé de la maman mais aussi celle du bébé.

Après l’accouchement

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Mamans : attention à la depression après grossesse

Beaucoup de femmes s’attendent à ce que leur corps reprenne sa forme et ses fonctions “normales” très vite après l’accouchement et sont surprises, quand le bébé est enfin là, que ce ne soit pas le cas.

«  La vérité est que l’on se sent comme si l’on venait de passer sous un bus », avoue Kate Figes dans son livre « Life after birth » [1]. La plupart des mères témoignent qu’elles sont épuisées et que cette sensation de fatigue persiste parfois plusieurs mois après l’accouchement.

Le baby blues

Près de 80 % des femmes passent par une période d’abattement, fréquemment dans les trois jours qui suivent l’accouchement : c’est le fameux baby-blues.

Pleurs fréquents, irritabilité, insomnie... il ne faut pas s’inquiéter car cela passe très vite, généralement au bout d’une à deux semaines. Par contre, si cet état persiste, il peut s’agir d’une dépression postnatale.

La dépression post-natale

Comme son nom l’indique, elle est identique dans ses symptômes à une dépression classique, sauf qu’elle survient dans les trois mois qui suivent l’accouchement.

Les psychoses post-natales

Profonde tristesse, accès de larmes, fatigue, insomnie, inaptitude à agir, à se concentrer, baisse de l’appétit ou boulimie, perte d’intérêt et d’énergie... cette dépression atteint près de 10 % des femmes.

2 à 3 femmes sur 1 000 en souffrent dans le trimestre suivant l’accouchement. La mère commence à se comporter de manière étrange : hyperactivité, insomnie, forte dépression pouvant aller jusqu’au suicide, hallucinations visuelles ou sonores... Les symptômes sont variés et différents d’une personne à l’autre, mais tellement évidents qu’il est difficile de les ignorer. Cet état nécessite des traitements immédiats, voire l’internement en unité spécialisée mère-enfant.

Les personnes à risques

La dépression postnatale survient plus fréquemment chez les femmes fragiles psychologiquement ou, au contraire, trop confiantes. Une femme active, habituée à relever des défis importants peut se retrouver déconcertée face à une situation qu’elle n’arrive pas à surmonter. A l’opposé, une femme ayant déjà vécu une dépression sera plus disposée à une récidive.

La relation avec la mère est également un facteur important dans le risque de développement de dépression. Une mauvaise relation mère-fille engendre des doutes quant à sa capacité à devenir soi-même une bonne maman. Par ailleurs, son absence lors de l’accouchement peut entraîner un état dépressif [2].

Le manque ou l’absence de soutien de ses proches, ainsi qu’une situation de détresse sociale, peuvent également augmenter les risques. Une étude du Professeur Louis Appleby définit 4 facteurs souvent associés à une dépression postnatale : une grossesse non programmée, le chômage maternel (c’est-à-dire que la mère n’a pas de travail avant le congé maternité), le chômage du partenaire et l’allaitement au biberon [3].

Fait intéressant, la dépression postnatale ne concerne pas seulement les cultures occidentales. Des recherches de John Cox au sein de communautés africaines ont montré une incidence similaire de cette maladie. Ce résultat exclut donc l’hypothèse selon laquelle la technologie moderne ainsi que le surencadrement du personnel médical au détriment du soutien familial soient des causes possibles de la dépression postnatale, comme l’ont suggérés les Docteurs Arms et Shaw dans les années 1970 [4].

Une maladie incognito

Bien que 10 % des mamans souffrent de dépression postnatale, seulement 1 % vont consulter [5]. Plusieurs explications sont à l’origine de ce chiffre étonnant.

Tout d’abord, cette maladie est difficile à diagnostiquer car elle se trouve au croisement entre deux spécialités : la psychiatrie et l’obstétrique. Le personnel de santé entourant la jeune mère n’est pas bien formé à reconnaître et prendre en charge les problèmes psychologiques.

De plus, très peu de mères font la démarche d’en parler à leur entourage. Le fait d’être triste et abattue dans une période imaginée comme heureuse est vécue comme un échec. Baignée d’idées noires, l’isolement est une réaction fréquente de la jeune mère qui masque cet état de détresse, rendant le diagnostic d’autant plus difficile.

Enfin, quand les mères vont consulter, la majorité d’entre elles refusent de prendre des traitements médicamenteux, ce qui rend les thérapies, ainsi que les essais de nouveaux médicaments, difficiles.

Que faire ?

En cas de dépression postnatale, il est impératif d’en parler à son médecin ou à son entourage car elle peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années, si elle n’est pas traitée.

De plus, de nombreuses études scientifiques montrent qu’elle peut avoir des conséquences négatives sur le développement de l’enfant : soins à l’enfant insuffisants [6], risque de développements cognitifs et linguistiques plus tardifs [7] notamment.

Traitements

Plusieurs approches existent dans la prise en charge de cette maladie. Tout d’abord, il y a les partisans de la cause hormonale. Le traitement à la progestérone a obtenu certains succès, suite à une étude anglaise montrant que les femmes présentant les baisses les plus importantes de progestérone après l’accouchement étaient plus enclines à développer une dépression postnatale [8]. Il existe également des essais cliniques avec des patch d’œstrogènes. Toutefois, à ce jour, aucun de ces traitements ne s’est avéré efficace sur toutes les femmes et sur tous les types de dépressions [9].

Une prise en charge psychothérapeutique est souvent mieux acceptée et surtout beaucoup plus efficace. Le Docteur Louis Appleby propose une prise en charge simple s’articulant autour de quatre axes :

  • des conseils sur les soins aux enfants,
  • la réassurance en utilisant des techniques classiques de thérapie cognitive,
  • l’encouragement des femmes à reprendre leurs activités habituelles, celles qu’elles aimaient faire avant la grossesse, et à sortir fréquemment avec leurs amis,
  • des conseils sur la manière dont elles peuvent identifier le soutien concret à leur fonction de mère, soit de la part de leur partenaire soit de celle d’un proche ou d’un ami.

Les bénéfices de cette thérapie apparaissent au bout de 1 à 2 semaines, d’autant plus rapidement qu’elle est associée à la prise d’antidépresseurs. Un rétablissement complet s’observe au bout de 4 semaines avec ou sans prise d’antidépresseurs [10].

Et papa dans tout ça ?

Le rôle du papa est primordial : une récente étude scientifique montre que plus le partenaire aide la jeune maman dans les soins à l’enfant et les tâches quotidiennes, moins le risque de développer une dépression postnatale est important [11]. De plus, un compagnon aimant et aidant sera également bénéfique au rétablissement rapide de la maman atteinte de dépression postnatale.

Mais ce rôle de support n’est pas toujours évident à tenir et l’arrivée de bambin dans la famille est une source de stress importante pour le père aussi. Le changement de style de vie, ses nouvelles responsabilités, les inquiétudes financières et les changements de relations avec sa partenaire peuvent également conduire à une dépression postnatale chez 4 % des hommes [12]. Par ailleurs, la dépression est contagieuse : si la maman fait une dépression postnatale, 7 % des papas en feront aussi une.

Dans ce cas-là, les conseils sont les mêmes que pour la maman : il est essentiel d’en parler à son médecin ou à son entourage. Il ne faut surtout pas rester enfermé seul avec ses angoisses et ses doutes. Garder une vie sociale et des activités à soi, sans le bébé, est important pour conserver le moral.

En guise de conclusion

La dépression postnatale peut être grave si elle n’est pas traitée. Cependant, aujourd’hui, de très bons thérapies, sans effets secondaires, existent. Il faut donc oser parler de ses inquiétudes à ses proches ou à son médecin.

Le fait de se sentir dépasser n’est pas anormal et de nombreux parents éprouvent un sentiment d’échec ou de culpabilité face au désordre ambiant apporté par l’arrivée de bambin. De plus, la pression sociale et médiatique diffusant l’image de la “famille parfaite” ne font qu’amplifier ses sentiments.

Chaque famille et chaque bébé sont différents : il faut se laisser le temps de connaître son enfant, trouver son organisation, à son propre rythme et accepter de parfois se laisser déborder. Le bébé est en bonne santé et endormi, le rôle de bon parent est accompli, alors plutôt que de stresser avec les courses ou le ménage, pourquoi ne pas regarder un bon film en amoureux ou prendre un bain relaxant ? Le reste peut attendre...

Pour aller plus loin ...

« Baby sans blues - Guide pratique pour retrouver la forme après bébé  » par Bernadette De Gasquet aux éditions Robert Jauze, collection “Guides du vivre bien

Sources

[1] «  Life after birth » par Kate Figes aux éditions Penguin Group

[2] « Banish post-baby blues : all the advice, support and encouragement you need to cope with post-natal depression » par Anne-Marie Sapsted aux éditions Thorsons Pub

[3] « Le traitement de la dépression postnatale » par le Professeur Louis Appleby dans Devenir volume 13, n° 3 de septembre 2001, pp.21-26

[4] « Banish post-baby blues : all the advice, support and encouragement you need to cope with post-natal depression » par Anne-Marie Sapsted aux éditions Thorsons Pub

[5] « Banish post-baby blues : all the advice, support and encouragement you need to cope with post-natal depression » par Anne-Marie Sapsted aux éditions Thorsons Pub

[6] « Maternal depressive symptoms and children’s receipt of health care in the first 3 years of life » par Cynthia S. Minkovitz, Donna Strobino, Dan Scharfstein, William Hou, Tess Miller, Kamila B. Mistry et Karen Swartz dans Pediatrics volume 115, issue 2 de février 2005, pp.306-314

[7] « Implications of timing of maternal depressive symptoms for early cognitive and language development » par Sara L. Sohr-Preston et Laura V. Scaramella dans Clinical child and family psychology review volume 9, n° 1 de mars 2006, pp.65-83

[8] « Banish post-baby blues : all the advice, support and encouragement you need to cope with post-natal depression » par Anne-Marie Sapsted aux éditions Thorsons Pub

[9] « Le traitement de la dépression postnatale » par le Professeur Louis Appleby dans Devenir volume 13, n° 3 de septembre 2001, pp.21-26

[10] « Le traitement de la dépression postnatale » par le Professeur Louis Appleby dans Devenir volume 13, n° 3 de septembre 2001, pp.21-26

[11] « Continuity of paternal social support and depressive symptoms among new mothers » par Leann E. Smith et Kimberly S. Howard dans Journal of family psychology volume 22, issue 5 d’octobre 2008, pp.763-773

[12] Source : Babyworld

Bambin Nature, le site dédié aux soins naturels des tout-petits
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Commentaires
0 vote
par koala84 (IP:xxx.xx2.124.177) le 29 avril 2012 a 19H29
koala84 (Visiteur)

Vous avez "inversé" un paragraphe

La dépression post natale

Comme son nom l’indique, elle est identique dans ses symptômes à une dépression classique, sauf qu’elle survient dans les trois mois qui suivent l’accouchement.

Les psychoses post-natales *********(celui -ci appartient à la dépression post natale, pas la psychose... attention !)********** Profonde tristesse, accès de larmes, fatigue, insomnie, inaptitude à agir, à se concentrer, baisse de l’appétit ou boulimie, perte d’intérêt et d’énergie... cette dépression atteint près de 10 % des femmes.