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Comment chasser un « effet Pinocchio » de l’ostéoporose sur la vie des femmes ?
Comment chasser un « effet Pinocchio » de l'ostéoporose sur la vie des femmes ?
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17 décembre 2008
Auteur de l'article
Eric Donfu, 6 articles (Sociologue)

Eric Donfu

Sociologue
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Comment chasser un « effet Pinocchio » de l’ostéoporose sur la vie des femmes ?

Comment chasser un « effet Pinocchio » de l'ostéoporose sur la vie des femmes ?

L’ostéoporose menace quatre femmes sur dix après 50 ans. Le sociologue Erice Donfu fait le point sur la réalité de cette pathologie, les traitements sur le marché et nous explique comment ne pas tomber dans la psychose !

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L’ostéoporose, un problème de santé publique

50 ans, la belle affaire ! Le 21e congrès français de rhumatologie, qui se tient à Paris (CNIT) jusqu’au 17 décembre 2008, en est la démonstration. L’ostéoporose menace quatre femmes sur dix après 50 ans, pour un homme sur huit. Un vrai phénomène « Pinocchio » car, pour prendre une métaphore, le squelette se fragilise, un peu comme s’il redevenait en bois, et même en verre. Mais l’ostéoporose post-ménopausique, présentée comme un véritable problème de santé publique est aussi un marché considérable, dont la croissance suit la courbe démographique. 200 millions de femmes en seraient victimes dans le monde[i]. Et elle concernerait 2,8 millions de femmes en France, dont 600 000 seulement seraient diagnostiquées. [ii] Le sociologue Eric Donfu, auteur, spécialiste des femmes et du vieillissement, fait le point.

Comment, donc, ne pas se gâcher la vie avec cet effet Pinocchio – un corps en pleine forme et pourtant fragilisé - et décrypter les discours des laboratoires et des professionnels ? Car, et pour rester dans la métaphore, il se pourrait que le nez de certains s’allonge face aux chiffres catastrophes annoncés qui ne correspondent pas au vécu d’une grande majorité de femmes. Et, comme dans le conte, peut-être aussi que des oreilles de nombreux patients pourraient pousser comme des oreilles d’âne tant le problème est aussi négligé. Il était une fois, non pas un morceau de bois, mais un squelette qui se transformait en verre….


Qu’est-ce donc que cette ostéoporose ?

C’est une maladie récemment identifiée qui désigne une fragilisation progressive du tissu osseux susceptible d’entrainer des fractures. Elle n’a été définie qu’en 1994 par l’Organisation Mondiale de la Santé[iii], et reste une maladie asymptomatique, puisqu’elle ne se révèle souvent que dans sa phase la plus compliquée, c’est à dire après une première fracture.

Notamment parce que sa prévention est devenue un enjeu, elle vient de faire une entrée remarquée sur le marché médical, au point d’être, en quelques années, presque aussi citée que les rhumatismes inflammatoires comme la polyarthrite rhumatoïde ou l’arthrose, plus douloureux et identifiés, et qui n’ont aucun lien direct avec l’ostéoporose.

Car il s’agit aussi d’un mal silencieux mais qui frappe bel et bien. On recense ainsi chaque année plus de 130 000 fractures ostéoporotiques, dont 50 000 fractures de l’extrémité supérieure du fémur, dont 40 000 à 70 000 fractures vertébrales et 35 000 fractures du poignet.[iv] De plus, certaines de ces fractures sont souvent fatales au grand-âge (lire après), et les campagnes pour la prévention des chutes et des accidents domestiques chez les personnes âgées ne sont qu’une partie de la réponse.

Mais l’ostéoporose ne doit pas être considérée comme une fatalité. Des chercheurs viennent de faire des progrès notable dans la recherche pour le traitement de cette maladie, vraiment reconnue comme telle il y a moins de trente ans. Alors que l’autonomie, le dynamisme et la jeunesse des femmes est plébiscitée - et on ne doit plus opposer la figure fragile et bossue de l’ostéoporose - cette maladie des os fragiles est susceptible, rappelons-le, de frapper quatre femmes sur dix après cinquante ans.

Une question de santé publique, non une alarme

La définition de la santé, selon l’OMS est l’équilibre entre un bien-être physique, psychique et social. Etre bien dans sa peau, bien dans sa tête, bien avec les autres. C’est justement un état que l’on peut atteindre à la maturité. D’ailleurs, sur le plan social, les femmes de plus de 50 ans étonnent par leur jeunesse et leur vitalité. A l’image d’égéries comme Sharon Stone, elles assument même de mieux en mieux leur physique, ont une vie sportive et sexuelle accomplie.

Dans ce contexte, il est légitime de se demander si des campagnes lancées pour la prévention de l’ostéoporose sont bien dans le ton… Sans pour autant les fragiliser sur le plan du moral, est-il normal de cibler ainsi une classe d’âge en matraquant avec des chiffres alarmants ?

Oui, ce risque et cette affection ne peuvent être niés, mais chaque personne est un diagnostic et un cas particulier. D’autre part, les médicaments ont fait des progrès, tout comme l’esprit critique. Car cette fragilité désormais révélée et liée à l’âge ne peut même pas faire en sorte que l’on accepte mieux son âge… Oui, ce cauchemar peut et doit être évité

Des profils à risques ?

Avec l’âge, les os du corps humain se fragilisent naturellement. C’est vrai pour les femmes comme pour les hommes. Mais existe-t-il des profils à risque pour l’ostéoporose ?

Le fait d’être de faible corpulence, maigre et grand, augmenterait les risques[v]. Mais il ne faut pas se fier à un « portrait robot » car les cas d’ostéoporose touchent bien aussi les femmes et les hommes corpulents.

L’ostéoporose cible le type « caucasien ». Certaines origines ethniques, les femmes de type noir ou asiatique notamment, sont nettement moins touchées.[vi]

Et dans tous les cas, les facteurs héréditaire ou le fait d’être resté sédentaire augmentent les risques.

C’est le cas également des ménopauses précoces et certaines prises de médicaments, comme la corticothérapie.

En ce qui concerne les hommes, un cas sur huit, les causes de l’ostéoporose sont moins bien connues que pour les femmes. Elles sont attribuées surtout à une insuffisance d’hormones mâles, à l’intoxication alcoolo-tabagique, et à des facteurs héréditaires.

Suite de l’article

 

>>>>> 2. Prévention et traitements de l’ostéoporose

 

>>>>> 3. Ostéoporose : ne pas tomber dans la psychose



[i] Fondation Internationale contre l’Ostéoporose (IOF)

[ii] Haute Autorité de Sante (HAS) Commission d’évaluation du 9 novembre 2005

[iii] Définition de l’OMS : « Une maladie caractérisée par une faible masse osseuse et ar une détérioration de la micro architecture osseuse à l’origine d’une fragilité osseuse exposant à l’augmentation du risque de fractures »

[iv] Société Française de Rhumatologie Livre Blanc 2003 Chapitre 1

[v] CNAM Enquête "Bon Usage du Médicaments - Ostéoporose" 2002

[vi] Rapport de surveillance de la santé des femmes Institut Canadien d’information sur la Santé, Ottawa, 2003

Eric Donfu
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Mots-clés :
Santé Ostéoporose