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Télévision et enfants : les 4 règles selon les pédiatres
Télévision et enfants : les 4 règles selon les pédiatres
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8 septembre 2011
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Télévision et enfants : les 4 règles selon les pédiatres

Télévision et enfants : les 4 règles selon les pédiatres

Calmer son bébé grâce à la télévision, laisser son enfant jouer aux jeux vidéos avant 6 ans, installer une télé dans sa chambre, ... pas vraiment de bonnes idées selon l’AFAP - Association Française de Pédiatrie-. Les effets néfastes du petit écran pour les enfants sont en effet avérés. Voici donc la règle des 3-6-9-12 pour les parents !

Face à la montée en puissance des nouvelles technologies, les modes de vie évoluent sans cesse et placent l'enfant au coeur des débats. Quelles relations entretiennent-ils avec les écrans ? Ces derniers jouent-ils un rôle important dans leur développement personnel ? Quelles conduites adopter ?

Sensibilisée à ces questions, l'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) invite les parents à suivre les conseils du Professeur Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, spécialisé dans les relations jeunes-médias-images et auteur de la règle du 3-6-9-12.

 

Conseil n° 1 : pas de télévision avant 3 ans, avec discernement après 3 ans

Les jeunes enfants grandissent aujourd’hui dans des familles où la télévision est souvent allumée, sans que les parents ne se rendent compte que cela perturbe leur développement. Le temps passé par les bébés devant la télé, y compris les programmes des chaînes qui leur sont spécialement dédiées, les éloignent en effet de la seule activité vraiment utile à leur âge : interagir spontanément avec leur environnement grâce à leurs cinq sens. Jouer, toucher, manipuler les objets, se familiariser avec l’espace en trois dimensions est fondamental pour leur développement. L’enfant, à cet âge, a besoin de se percevoir comme acteur.

Devant un écran de télévision, il est seul face à une communication sans échange, appauvrissant ses interactions, incité à devenir simple spectateur du monde. Une importante consommation précoce de télévision favorise ultérieurement la passivité.

Si certains parents assurent calmer leur bébé en le plaçant devant la télévision, ce dernier est en fait captivé par le rythme (volontairement) rapide des images, couleurs et sons d’une intensité largement supérieure aux stimulations sensorielles habituelles de la vie quotidienne. Rien n’y fait sens pour lui. Il est intérieurement bouleversé. A l’apparente tranquillité de l’enfant correspond en fait une forte agitation interne, qui peut d’ailleurs se manifester dès que l’écran s’éteint.

Plus tard, les jeunes enfants habitués trop tôt à la télévision peuvent avoir tendance à reproduire les comportements stéréotypés de leur héros sans pour autant prendre du recul sur la situation et apprendre de leurs erreurs comme ils l'auraient fait grâce au jeu autonome.

Il est aussi à craindre que les enfants ne développent une relation d’attachement aux modèles de la télévision semblable à celle qu’ils ont avec les adultes qui les entourent. Ils ne se sentiront sécurisés que si un écran est allumé près d’eux, ou que s’ils possèdent l’objet reproduisant le personnage que leurs programmes habituels mettent en avant : ils se transforment en tyrans prescripteurs des achats familiaux.

Aussi les pédiatres recommandent d'éviter au maximum l'exposition à la télévision avant 3 ans, même s'il s'agit d'une chaîne qui leur est spécialement dédiée. Après 3 ans, ils encouragent les parents à impliquer davantage leurs enfants dans le choix du programme, pour une durée préalablement définie par l’adulte et les inciter à une analyse critique face au comportement du personnage télévisé. Ils rappellent également que la télévision ne doit pas investir tous les lieux de vie, en particulier la chambre des enfants.

 

Conseil n° 2 : pas de console de jeu personnelle avant 6 ans pour favoriser la créativité

Lors de sa croissance, l'enfant développe son imagination en créant de ses propres mains, notamment par le dessin, le modelage et le jeu avec d’autres.

Il en est tout autrement lorsque l'enfant s'initie trop tôt aux automatismes de la console de jeu, défavorisant ainsi le développement de sa motricité fine et de sa créativité. Les écrans peuvent être un support occasionnel de jeu en famille, voire d’apprentissages accompagnés, mais à cet âge, jouer seul sur une console personnelle devient rapidement compulsif.

 

Conseil n °3 : Internet accompagné à partir de 9 ans pour préserver son enfant

Les pédiatres préconisent aux parents d'attendre l'âge de 8/9 ans avant d'initier leur enfant à l'Internet. Avant de pouvoir naviguer sur la toile, l'enfant doit assimiler certaines notions qui lui seront nécessaires pour éviter les pièges du web.

Il existe une vraie fragilité psychologique pour cette tranche d’âge. Seuls les parents sont en mesure de sortir l’enfant du brouillage des repères qu’il risque à cet âge (flou sur les notions de sphère privée - intimité - et publique, entre la réalité et la fiction, de temps, etc.)

L'accompagnement sur le net est essentiel pour que l’enfant intègre trois notions fondamentales :

  • tout ce que l'on y met peut tomber dans le domaine public,
  • tout ce que l'on y met y restera éternellement,
  • tout ce que l'on y trouve est sujet à caution : certaines données sont vraies et d'autres fausses.

 

Conseil n° 4 : Internet seul à partir de 12 ans avec prudence

Le jeune adolescent peut commencer à « surfer » seul sur la toile, à condition d'avoir compris et assimilé les règles précédentes. Néanmoins, il est nécessaire d'adopter certaines règles d'usage, de convenir ensemble d'horaires prédéfinis de navigation, de mettre en place un contrôle parental, et de ne pas laisser l’enfant avoir une connexion nocturne illimitée à l’Internet depuis sa chambre.

L'utilisation excessive de l'écran pour le jeu disparaît généralement dès la fin de l'adolescence. Une diminution des relations sociales et des résultats scolaires doit cependant alerter les parents. La mise en place d’une communication familiale sur le contenu des jeux vidéo (et la nature des programmes TV) afin de comprendre au mieux les attitudes de son enfant est indispensable.

Association Française de Pédiatrie Ambulatoire
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