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Syndrome du bébé secoué : un diagnostic précoce pour éviter les récidives
Syndrome du bébé secoué : un diagnostic précoce pour éviter les récidives
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21 mai 2014
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Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

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Syndrome du bébé secoué : un diagnostic précoce pour éviter les récidives

Syndrome du bébé secoué : un diagnostic précoce pour éviter les récidives
Précisément décrit pour la première fois dans les années 70, le « syndrome du bébé secoué » correspond à un traumatisme crânien infligé par secouement, à l’origine de séquelles neuro-cognitives graves et de décès. Il demeure aujourd’hui sous-diagnostiqué et sa fréquence est encore très mal appréciée. A l’occasion du Congrès international consacré à ce syndrome (4 – 6 mai 2014), entretien avec le Pr Catherine Adamsbaum, chef du service de radiologie pédiatrique de Bicêtre (Hôpitaux universitaires Paris-Sud - AP-HP).
 
Quels sont les symptômes de ce syndrome ? 

Le syndrome est principalement observé chez les enfants de moins d’un an. Les symptômes ne sont pas spécifiques et d’importance variable, et peuvent être pris à tort pour une gastro-entérite. Il est pourtant fondamental de poser le diagnostic de façon précoce car on sait aujourd’hui que le taux de récidive du secouement est élevé (1). En effet, ce geste a tendance à devenir un mode relationnel dans une relation duale entre un bébé et un adulte de son entourage. Le mécanisme est généralement le suivant : l’enfant pleure, ses pleurs ne s’arrêtent pas et deviennent insupportables pour l’adulte qui se met alors à le secouer, ce qui a pour effet de faire cesser les pleurs et d’instaurer ainsi un cercle vicieux. Quand un épisode de pleurs inexpliqués et prolongés survient de nouveau, le geste est répété car il « fonctionne ». Il est donc primordial de ne jamais négliger la présence d’un symptôme évocateur, comme un hématome au niveau des zones de prise, sous les aisselles ou le mamelon par exemple, et de réaliser un scanner cérébral à la moindre suspicion (2).
 
Comment ce syndrome est-il diagnostiqué ?

Il convient d’attacher une importance particulière à l’histoire clinique du patient (3). Bien souvent, les bébés victimes de ce syndrome ont été hospitalisés à de multiples reprises, pour des motifs variés. C’est un signe d’alerte, tout comme les explications formulées par les adultes à leur arrivée aux urgences si celles-ci sont fluctuantes, discordantes ou tout simplement absentes. Le diagnostic est basé sur une analyse combinée des signes cliniques et des imageries, qui permettent de différencier une chute d’un secouement. L’imagerie permet également de détecter des lésions d’âge différent et donc la répétition des épisodes de secouement, élément diagnostique supplémentaire. Dès le diagnostic évoqué, il est indispensable de protéger l’enfant en l’hospitalisant en urgence. Le signalement aux autorités judiciaires se fait dans un deuxième temps et il appartient ensuite exclusivement aux enquêteurs de découvrir l’auteur des secouements.
 
Quelles sont les mesures de prévention à appliquer ?

Le premier message consiste à indiquer qu’il est parfaitement normal et universel qu’un bébé pleure de façon intense et prolongée jusqu’à 4-5 mois, avec un pic observé à l’âge de 2 mois (4,5). Ces pleurs constituent une étape normale du développement mais il est important de souligner qu’ils ne vont pas durer dans le temps. L’autre message essentiel est que nous n’avons pas tous le même seuil de tolérance face aux pleurs, qui constituent le facteur déclenchant principal du syndrome du bébé secoué. Lorsque la situation devient insupportable pour l’adulte, il faut que celui-ci anticipe en prévoyant une stratégie pour y faire face. Le mieux, en cas d’exaspération, est de laisser l’enfant seul dans la pièce, couché sur le dos dans son lit. Secouer peut tuer ou handicaper à vie, et une seule fois suffit.
 
 
Propos recueillis par Pauline Lalande

SOURCES

  • 1-       Adamsbaum C, Grabar S, Méjean N, et al. Abusive head trauma (AHT): judicial admissions highlight violent and repetitive shaking. Pediatrics, 2010, 126 : 546-555. 
    2-       Rey-Salmon C et Adamsbaum C. Maltraitance à enfants, Ed Lavoisier, Médecine Sciences, 230p.
    3-       Laurent-Vannier A, Nathanson M, Quiriau F, et al. A public hearing. « Shaken baby syndrome : guidelines on establishing a robust diagnosis and the procedures to be adopted by healthcare and social services staff”. Scoping report. Ann Phys Rehabil Med, 2011, 54 : 533-599.
    4-       Barr RG. The normal crying curve: what do we really know ? Developmental Medicine and Child Neurology. 1990;32:356-362.
    5-       Barr RG. Crying as a trigger for Abusive Head Trauma: A key to prevention? Pediatric Radiology, 2014 (à paraitre)
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Bébé Pleurs bébé