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Perturbateurs endocriniens : enfants en danger !
Perturbateurs endocriniens : enfants en danger!
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25 avril 2011 | 1 commentaires
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R. Bartet, 52 articles (Journaliste )

R. Bartet

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Perturbateurs endocriniens : enfants en danger !

Perturbateurs endocriniens : enfants en danger!

Quel lien y a-t-il entre l’apparition de micro-pénis chez les alligators de Floride, les dérèglements sexuels observés sur des gastéropodes des côtes française ou le développement mammaire précoce chez des petites filles de 8 ans ?
Tous ont été exposés à des concentrations plus ou moins fortes de phtalates ou bisphénol A. Ces polluants chimiques, autrement connus sous le nom de perturbateurs endocriniens, seraient responsables de malformations sexuelles et d’une puberté dès l’enfance.
A l’heure où l’Assemblée Nationale évalue un projet de loi visant à interdire phtalates, parabènes et alkylphénols dans les plastiques, une question légitime se pose : doit-on craindre ces substances ? Et pourquoi ne sont-elles pas encore interdites ?

 
Des petites filles de 6 ans qui développent de la poitrine, des petits garçons aux malformations génitales, les pédiatres endocrinologues en voient de plus en plus fréquemment. En 1998, une étude américaine révélait déjà que le développement de la glande mammaire chez les petites filles avait atteint une moyenne d’âge de 9 ans et 7 mois, alors qu’il était de 10 ans et 5 mois en 1970. Selon une autre étude, américaine toujours, une fillette sur 10 démarrerait sa puberté à 8 ans aujourd’hui. Les entretiens de Bichat de septembre 2010, qui se penchaient sur la question, rapportaient également que les règles, chez les jeune-filles, arriveraient aujourd’hui à l’âge de 12, 5 ans, contre 17 ans au début du siècle.
 
La puberté précoce serait grandement liée à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Ces « substances étrangères à l’organisme qui produisent des effets pathologiques sur l’organisme ou sur sa descendance à la suite d’une modification de la fonction hormonale  », ainsi décrits par la Commission européenne sont partout ! Impossible ou presque d’y échapper. Les parabènes sont présents dans la plupart des cosmétiques, des médicaments et même des aliments ! Les phtalates, composants du plastique, tapissent le fond des boîtes de conserve, se retrouvent dans les peintures, les moquettes, les vernis, certains jouets pour bébé, chaussures ou revêtements de sols. Quant au bisphénol A, largement présent dans les biberons pour bébés qui ont fini par être interdits à la vente, il continue d’envahir les plastiques, gobelets ou vaisselle pour enfants et emballages alimentaires. Selon une étude allemande rapportée par l’INSERM, les enfants entre 3 et 5 ans constitueraient le sous-groupe présentant la plus forte imprégnation en bisphénol A dans le pays.
 
 
Les preuves scientifiques sur la toxicité de ces produits chez les animaux s’accumulent. L’INSERM se dit « préoccupée par l’impact possible sur la reproduction du bisphénol A ». Elle a récemment menée une expertise collective scientifique sur 1200 articles afin de mener une analyse critique sur 5 grandes familles de perturbateurs endocriniens que sont les phtalates, le bisphénol, les parabènes, les composés perfluorés et les retardateurs de flammes. Si elle note « qu’au cours des dernières décennies, de nombreuses études ont fait ressortir une augmentation de la prévalence des troubles de la reproduction humaine », elle conclue pourtant que les études épidémiologiques réalisées chez les humains sont « insuffisantes pour confirmer ou infirmer les effets à long terme observés chez l’animal ». Les indices se multiplient et s’accumulent, mais aucune preuve formelle n’émerge ! L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) affirme qu’en dessous d’un certain seuil, personne ne court de risques. Faux, clament les scientifiques, dont le médecin toxicologue et spécialiste des risques sanitaires André Cicolella. Ce n’est pas la dose qui est en cause, mais son accumulation dans l’organisme. L’innocuité est de ces polluants chimiques est remise en question par de nombreuses études scientifiques, boudées au profit des intérêts agro-alimentaires.
 
A l’échelon européen, des recommandations existent, mais on ne trouve pas ou peu d’interdictions. La directive 67/548 CEE a par exemple inscrit les phtalates (DEHP) sur la liste des substances CMR de catégorie 2, soit dangereuse et pouvant « altérer la fertilité » et « présentant des risques pendant la grossesse d’effets néfastes pour l’enfant ». Au total, 320 substances sont sur la sellette, dont 66 sont classées par le Conseil de l’Europe comme perturbateurs endocriniens.
 
Ne faut-il pourtant pas appliquer le principe de précaution ? Gérard Bapt, maire, député de Haute-Garonne et cardiologue présidait le 14 septembre 2010 un colloque sur les perturbateurs endocriniens sous les auspices du groupe Santé Environnemental de l’Assemblée Nationale. « S’il faut attendre que le risque soit avéré, comme pour l’amiante et le chlordécone, il sera trop tard ! » a-t-il affirmé.
 
Ce véritable problème de santé publique n’a pas fini de faire parler de lui et les conséquences des perturbateurs endocriniens chez les enfants pré-pubères sont loin d’être négligeables  : forte prédisposition au cancer du sein dès l’âge de 40 ans pour les jeunes-filles, soulignent les médecins, notamment parce qu’elles auront été exposées beaucoup plus longtemps que les autres à l’œstrogène. De même que les petits garçons aux malformations génitales développent jeunes un risque marqué de cancer du testicule. Cela est sans évoquer les troubles du comportement, les risques plus importants d’agression sexuelle ou la tendance à la violence en raison d’un déséquilibre entre maturité physiologique hormonale et psychologique.
 
De plus, la contamination et l’exposition aux perturbateurs endocriniens commence dès la vie fœtale. La femme enceinte doit au maximum les limiter, car la période est cruciale, les polluants passent en effet dans le cordon fœtal. Mais aujourd’hui, il est difficile, voire impossible de traquer les perturbateurs endocriniens qui sont tout autant inhalés, ingérés et respirés, présents dans l’eau, l’air et l’alimentation. Il est urgent d’agir afin que ces milliers de « poisons modernes », ainsi surnommés par le docteur Gérard Barouki, qui chaque année sont autant de signaux d’alarme toujours plus inquiétants, cessent de contaminer les enfants avec un impact qui demeurera sur plusieurs générations.
 

SOURCES

  • http://www.francesoir.fr/pratique/sante/bisphenol-%E2%80%9Cl%E2%80%99augmentation-des-cancers-du-sein-et-des-testicules-peut-en-partie-etre-attribuee-ces-substances%E2%80%9D-357
    http://reseau-environnement-sante.fr/2010/11/03/dossiers-par-themes/effets-cocktails-perturbateurs-endocriniens/bpa/bulletin-de-veille-scientifique-bpa-n%C2%B07-3/
    http://www.bioaddict.fr/article/bisphenol-a-phtalates-six-mesures-pour-les-eviter-a1575p1.html
    http://www.lorientlejour.com/category/Sant%C3%A9/article/700655/L%27Inserm_%3C%3C+preoccupe+%3E%3E_par_l%27effet_possible_du_bisphenol_A_sur_la_reproduction.html
    http://www.destinationsante.com/Produits-chimiques-quel-impact-sur-la-reproduction.html
    http://www.destinationsante.com/IMG/pdf/synthese_reprod_environ%5B1%5D.pdf
    http://www.viva.presse.fr/Les-perturbateurs-endocriniens-sur_13884.html
    http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-la-puberte-perturbee-par-des-polluants-24955.php
    http://news.doctissimo.fr/des-substances-chimiques-a-l-origine-des-pubertes-precoces-_article6829.html
    http://www.inserm.fr/thematiques/sante-publique/expertises-collectives
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Commentaires
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par platon613 (IP:xxx.xx9.24.164) le 26 avril 2011 a 09H25
platon613 (Visiteur)

L’industrie nous rend dépendants et malades. Nous consommons 34 kilos de sucre par tête et par an. Le sucre raffiné est partout : dans le ketchup, la charcuterie, les bâtonnets de poissons et même dans la pizza. Il nous rend obèses, malades et dépendants. Et la dépendance est le but de l’industrie agro-alimentaire...

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