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Les poux, comment s’en débarasser ?
Les poux, comment s'en débarasser ?
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24 mai 2013 | 3 commentaires
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Docteur Dominique Le Houézec, 13 articles (Pédiatre)

Docteur Dominique Le Houézec

Pédiatre
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Les poux, comment s’en débarasser ?

Les poux, comment s'en débarasser ?

La pédiculose est le nom donné en médecine à la contamination du cuir chevelu par des poux, parasites au nom latin de "pediculus humanus capitis" (pou de tête humain). Ces petits parasites se nourrissent en piquant le cuir chevelu où ils occasionnent ainsi des démangeaisons importantes. C’est ce prurit qui permet en général de faire découvrir la contamination. La pédiculose peut se voir sous tous les climats et tous les pays. Elle atteint surtout les enfants du fait de leur vie en collectivité (école, crèche, halte-garderie...).

Une vie de pou

Le pou est un petit insecte (3 mm de long ) de couleur blanc-grisâtre devenant plus rouge-noirâtre lorsqu'il a bien mangé... Il se nourrit en effet exclusivement du sang de son hôte qu'il pique 3 à 4 fois par jour. Le pou respire par de petits orifices situés sur son abdomen, qui peuvent se fermer, devenant alors imperméables à l'eau. Ces opercules ont aussi une fonction excrétrice.
 
C'est un parasite externe obligatoire de l'humain, ne pouvant survivre plus de 36 H. sans se nourrir, mourant alors de déshydratation.
 
Cycle de vie du pou
 
Quand il ne s'alimente pas, le pou adulte se reproduit sans cesse. La femelle pond des oeufs appelés lentes (10 à 20 par jour). Ces lentes sont de petits grains (0,8 mm) de couleur caramel qui sont collés à la racine du cheveu. Après l'éclosion (7 jours), la nymphe sort devenant adulte en 10 jours. La coque de la lente devient blanche (ressemblant à une pellicule) toujours très adhérente au cheveu mais s'éloignant progressivement de la racine avec la croissance de celui-ci. 
 
Le pou est très mobile durant sa vie active, se déplaçant en rampant, bien maintenu aux cheveux avec ses 3 paires de pattes crochues, pour se nourrir ou se reproduire. Il peut vivre entre 3 et 4 semaines sur le cuir chevelu parasité.
 
 

Comment attrape-t-on des poux ?

Un contact direct, chevelure contre chevelure, est le cas de figure le plus courant puisque le pou est capable de se déplacer très vite (23 cm/mn.) pour chercher à se nourrir. La cohabitation et la promiscuité sont donc des facteurs favorisants, en particulier dans toute collectivité. Les enfants sont donc les premiers exposés et les plus fréquemment touchés. L'étude des ventes de produits anti-poux montre des pics lors des rentrées scolaires ou des débuts de colonies de vacances. Les filles sont plus volontiers atteintes du fait de jeux de proximité et de leur chevelure plus abondante rendant plus tardif le repérage des poux et plus délicat le traitement.
 
La transmission indirecte (foulards, bonnet, cagoules, oreillers, doudous, dossiers de sièges-auto, canapés, peignes, brosses...) est plus rare car le pou quitte rarement le cuir chevelu nourricier.
 
La transmission par l'eau (bain, piscine) n'est pas démontrée même si le pou survit longtemps dans l'eau. L'usage des bonnets de bain réduit d'autant ce risque potentiel.

 

Remise à niveau à propos des idées reçues concernant les poux :

 
- Attraper des poux n'est pas lié à un manque d'hygiène ni une maladie honteuse (mauvaise réputation du "pouilleux"). Le pou n'a aucune préférence pour les cheveux propres ou sales. Il n'existe pas de "tête à poux"
- Seuls les enfants attrapent des poux. Non, des adultes, les enseignants, les parents peuvent aussi être contaminés.
- Les chats et les chiens peuvent transmettre des poux. C'est impossible, le pou de tête ne contamine que l'homme. Il existe plus de 3000 espèces de poux spécifiques de chaque espèce animale.
- Les poux surgissent plus souvent en période chaude. Faux, on les observe toute l'année et sous tous climats, surtout en période scolaire et de vie en collectivité.
- Le pou peut voler ou sauter. Non, le pou se déplace rapidement, en s'accrochant aux cheveux. La contamination nécessite donc un contact direct avec le cuir chevelu d'un sujet infecté ou un objet ayant touché les cheveux (brosse, peigne, bonnet, chou-chou, écharpe, oreiller, canapé, siège de véhicule...) - le pou peut être noyé. Non, ses orifices respiratoires se ferment en présence d'eau et il ne peut donc pas se noyer.
- Il faut couper les cheveux courts pour traiter une pédiculose. Non ce n'est pas un passage obligé. Les parasites sont plus faciles à repérer sur une chevelure courte mais un traitement efficace et bien appliqué suffit habituellement.
 
 
- Le peignage est particulièrement utile dans la détection des poux. Oui, c'est la meilleure méthode pour repérer des poux vivants, surtout avec un peigne fin et en disposant un linge blanc sur les épaules.
- Le lavage des vêtements est obligatoire. Non, seuls les vêtements ou tissus ayant été en contact avec le cuir chevelu doivent être passés à la machine. Les objets non lavables doivent être enfermés dans un sac en plastique hermétique durant au moins 3 jours. On passera à l'aspirateur les lieux où la personne infestée s'assoit ou s'allonge (tapis, canapé, lit)
- Les poux peuvent transmettre des maladies. On lit ainsi sur un site de vulgarisation médicale à but lucratif (Doctissimo) que, "outre les désagréments qu'ils provoquent, les poux doivent être éliminés car ils sont susceptibles de transmettre des maladies : rickettsioses, fièvres typhiques notamment". Non bien évidemment, au maximum des lésions grattées du cuir chevelu peuvent se surinfecter (donnant de l'impétigo). C'est ce genre de crainte qui alimente la phobie des poux, ce sont uniquement les poux du corps qui peuvent transmettre le typhus.
- Les poux sont devenus résistants aux produits insecticides. Vrai depuis une vingtaine d'années des rechutes peuvent survenir du fait de l'inefficacité des molécules chimiques actuellement commercialisés depuis longtemps.
 
Lentes rétro-auriculaires
 
- Les traitements anti-poux sont anodins et on peut donc les répéter sans problèmes. Non, les insecticides sont partiellement absorbés à travers le cuir chevelu. Ils ne doivent plus être utilisés en première intention et en tous cas jamais de façon répétitive, en particulier chez le jeune enfant, sous prétexte de présence de pou dans la classe de l'enfant. 
- La présence de lentes indique une persistance de l'infestation. Non pas systématiquement, si la lente est située à plus d'un cm. de la racine du cheveu où elle est accrochée, il s'agit d'une lente morte.
- Il existe des traitements préventifs pour ne pas attraper de poux. Faux, des shampooings ou des lotions existent mais sont inefficaces puisqu'ils ont bien évidemment une action locale très brève. Leur utilisation répétée est de plus dangereuse. Ces produits sont donc à bannir.
- Une éviction scolaire est obligatoire en cas de pédiculose. Non, le conseil supérieur d'hygiène publique recommande de demander aux parents d'appliquer un traitement efficace et de faire examiner tous les membres de la famille. Les parents des autres enfants de la classe doivent être prévenus par écrit (1)

 

Pour un traitement efficace et sans danger : 

 

 

1. Les manoeuvres physiques ont d'abord été l'épouillage manuel puis grâce à des peignes spéciaux. Le peignage est un bon moyen de détection des poux et de surveillance du traitement. Il doit se faire sur un cuir chevelu mouillé avec des cheveux démêlés. On utilise un peigne fin (moins de 0,3 mm entre les dents) en insistant sur les zones de prédilection de contamination (nuque, tempes et derrière les oreilles). Un peignage méticuleux dure entre 15 à 45 mn. selon la chevelure. Il n'élimine pas les lentes et donc une recontamination éventuelle à leur éclosion.

Ce type de traitement mécanique mérite d'être essayé en première intention chez le jeune nourrisson, au cheveu peu abondant, et chez la femme enceinte afin d'éviter l'application de produits locaux avec leurs risques d'effets indésirables. Ce peignage méticuleux est préconisé en Grande-Bretagne avec de bons résultats chez la moitié des personnes. Il nécessite cependant d'être répété 2 à 3 fois par jour durant au moins 2 à 3 semaines.
 
 Il existe des méthodes récentes d'épouillage utilisant des peignes électriques pour détruire les adultes et les lentes. Mais il faut beaucoup de temps et de minutie et plusieurs séances sont nécessaires. Cette technique n'a pas fait l'objet d'une évaluation clinique de bon niveau de preuves et parait plutôt être de l'ordre du gadget.
 
2. Certains traitements dits "naturels", à base de diverses plantes, huiles végétales (huile de coco modifiée, lilas de Perse, huile de l'arbre à Neem) ou d'huiles dites "essentielles" au sens de "quintessence de" (arbre à thé, cannelle, citron, géranium, eucalyptus, lavande, menthe poivrée, pin, romarin, thym...) ont été utilisés de façon traditionnelle de longue date. De même, certains ingrédients alimentaires sont parfois conseillés (jus d'oignon, vinaigre, persil, noix de cajou, mayonnaise...). Certains de ces produits paraissent avoir une neuro-toxicité sur le pou in vitro par le biais de la présence de phénols, d'acétone ou de composés oxygénés (2). Il n'existe par contre pas d'études cliniques sur leur efficacité réelle chez l'homme. Le risque de résistance à ces produits est grand. Ils peuvent être parfois irritants pour la peau et les yeux. Certains contiennent des dérivés terpéniques dangereux chez le jeune enfant (convulsions) et la femme enceinte. On peut retenir l'efficacité relative du rinçage à l'eau vinaigrée tiédie pour dissoudre et décoller les lentes mortes dans les suites d'un traitement chimique ou physique détaillé ci-dessous.
 
3. Les insecticides neurotoxiques paralysent les poux mais sont inconstamment actifs sur les lentes. Chronologiquement, il a été d'abord été utilisé du pyrèthre (extrait du chrysanthème) puis successivement du DDT (1940), du lindane (1960), du malathion et des pyréthrinoïdes (1970). Les shampooings et les poudres sont moins efficaces que les lotions. Les crèmes sont peu faciles à utiliser. Les sprays sont à éviter car risquant d'être inhalés ou de toucher les muqueuses et l'œil, avec une possibilité d'asthme chez les enfants allergiques
 
Le premier inconvénient de ces produits est l'apparition, depuis les années 1990, de cas de résistances à la plupart des molécules, faisant utiliser des associations. Le malathion reste, à l'heure actuelle en France, le produit le plus fréquemment actif. Ce produit est à appliquer 12 H (une nuit) puis rincé, deux applications à 8 jours d'intervalle sont conseillées. Il ne faut surtout pas approcher de source chaude (sèche-cheveux, cigarette...) à proximité du cuir chevelu car le produit est inflammable.
 
 
 
 
L'autre inconvénient est lié à leur absorption partielle à travers le cuir chevelu (6% pour le malathion). Le malathion est déconseillé chez les enfants de moins de 2 ans ou pour les femmes enceintes ou qui allaitent. Une étude épidémiologique contrôles/témoins a fait état d'une plus grande fréquence d'utilisations d'insecticides chez des enfants atteints de leucémies (3). Les insecticides peuvent être irritants pour le cuir chevelu et la peau avoisinante. Des intoxications graves par ingestion de malathion ont été rapportées.
 
4. Le traitement physique est le choix le plus judicieux et cohérent aujourd'hui. On applique sur les cheveux secs une lotion à base de dérivés du silicone, comme le diméthicone, on le laisse agir 15 minutes. Les poux sont étouffés par ce tensio-actif. Appliquer ensuite un shampoing puis passer le peigne à poux, tous les poux s'en vont très facilement.
 
Le diméthicone n'agresse pas le cuir chevelu ni l'environnement. Il n'est pas aborbé par la peau et il est sans odeur. Les poux ne peuvent pas développer de résistance à ce type de traitement mécanique. Le recul important de son utilisation en cosmétologie permet de le prescrire si besoin chez la femme enceinte ou qui allaite.
 
Il n'est pas nécessaire de traiter toute la famille comme au cours de la gale. Tout l'entourage doit être examiné par une personne habilitée et traitée simplement en cas de constatation d'une contamination certaine.
 
D'autres produits à base de plantes (huile d'Andiroba associée à du vinaigre) ayant une action physique similaire d'étouffement du pou ont été testés avec un succès de 90% au 14ème jour, après 3 traitements successifs (4)
 
 
5. L'ivermectine est utilisée depuis une trentaine d'années dans le traitement de différentes parasitoses telles que l'onchocercose en Afrique ou la gale humaine. Elle s'est avérée efficace à la dose de 400 µg /kg (une dose double de celle utilisée pour le traitement de la gale) donnée en deux prises séparées à 7 jours d'intervalle. Sur une série de 812 enfants, 95% des enfants traités par l'ivermectine étaient débarrassés de leurs poux contre 85% de ceux du groupe traités par la lotion à base de malathion (5). Ce traitement peut donc être une alternative simple et intéressante en cas de rechutes ou de difficultés thérapeutiques.
 
Il existera sûrement prochainement une forme locale d'ivermectine. Un essai de traitement par une seule application d'une lotion à 0,5% de ce produit durant 10 mn chez des enfants de plus de 6 mois a permis une guérison dans 85.2% des cas au contrôle du 8ème jour après l'application (6)
 
Un traitement de 10 jours par une association de trimethoprime+sulfamethoxazole (Bactrim) a été également utilisé avec efficacité, associé cependant à un traitement local, dans les formes rebelles de pédiculose (7). Le risque de complication cutanée rare mais grave lié cette molécule ne doit pas faire banaliser ce traitement qui ne pourra être qu'exceptionnel.
 
On trouvera, sous la bibliographie, une liste des principaux produits anti-poux locaux efficaces commercialisés en France

Dominique LE HOUEZEC

Dr Dominique LE HOUEZEC Pédiatre - pediablogdlh.blogspot.fr/

SOURCES

  • (1) Ministère des affaires sociale et de la santé .  Que faire en cas de pédiculose dans une collectivité d’enfants ? 24 février 2009
    (2) Veal L. The potential effectiveness of essential oils as a treatment for headlice, Pediculus humanus capitis. Complementary therapies in nursing & midwifery. Vol 2, Issue 4, August 1996, Pages 97-101
    (3) F. Menegaux and al. “Household exposure to pesticides and risk of childhood acute leukaemia,” Occupational and Environmental Medicine,  2006; vol. 63, no. 2 : 131–134,
    (4) Mac-Mary S. and al. Assessment of the Efficacy and Safety of a New Treatment for Head Lice. ISRN Dermatology,  2012; vol. 2012, Article ID 460467, 6 pages.
    (5) Chosidow O. and al. Oral ivermectin versus malathion lotion for difficult-to-treat head Lice. N Engl J Med. 2010 Mar 11; 362(10): 896-905.
    (6) Pariser D.M. and al. Topical 0.5% Ivermectin Lotion for Treatment of Head Lice. N Engl J Med. 2012; 367:1687-1693
    (7) Ronaldo B. Hipolito. Head Lice Infestation: Single Drug Versus Combination Therapy With One Percent Permethrin and Trimethoprim/Sulfamethoxazole. Pediatrics. 2001 Mar;107(3):E30.
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Commentaires
0 vote
par Aurélie (IP:xxx.xx9.163.105) le 29 mai 2013 a 19H55
Aurélie (Visiteur)

bonjour, Merci pour cet article sur les poux. Un commentaire sur la technique de l’épouillage venue d’Angletterre que vous citez. Personnellement j’ai acheté les fameux peignes Bug Buster (vendus en France sur le site http://www.adieulespoux.com/peigne_...). En fait c’est beaucoup moins fastidieux que vous le dites. Il suffit de passer le peigne pendant 4 séances chacune espacées de 3 jours (et non pas 3 à 4 fois par jour !). Et c’est très efficace et économique. J’ai traité mes 4 enfants avec ces peignes !

0 vote
(IP:xxx.xx5.0.28) le 29 mai 2013 a 22H21
 (Visiteur)

Bonjour et merci de faire part de votre expérience intéressante La fréquence de l’épouillage manuel que j’ai indiquée est un chiffre de sécurité qui permet d’éviter de façon plus certaine des récidives (Qui peut le plus peut le moins...) Mais ceci dépend bien évidemment de l’épaisseur et de la texture de la chevelure, de l’ancienneté de l’infestation et donc du nombre de poux présents à capturer. C’est en tous cas cette technique qui est préconisée en première intention chez les enfants en Grande-Bretagne car elle la plus économique et permet assez souvent d’éviter le recours à des applications locales de produits parfois nocifs chez le jeune enfant.

1 vote
par zaina (IP:xxx.xx2.31.190) le 7 juin 2013 a 22H11
zaina (Visiteur)

après avoir essayé en vain plusieurs lotion qui en passant ne sont pas donné, j’ai opté pour un deux traitements naturels que voici et qui ont marché d’une facon spectaculaire sur ma fille de 14 ans infestés de pour par certainement une copine qui a des petits freres et sœurs ; premier traitement : un peu de schampoing doux dans une bouteille et ajouter du vinaigre de vin , faire mousser toute la chevelure et le cuire chevelu avec cette potion masser le cuir chevelu pour ne pas l’irriter, enfermer le tout avec un film transparent type micro onde pendant une heure, ensuite rincer et procéder à un schpoing doux ils tombent morts dans la douche. Ensuite, faire une mayonnaise à l’huile dolive suffisamment pour toute la chevelure l’appliquer sur le cuir chevelu pendant une heure, rincer (non ce n’est pas gras et se rince facilement) j’ai lu qu’avant ca servait de champoing de plus ca a réparé les cheveux de ma fille abimés par les traitements chimiques proposé en pharmacie. Passer le peigne à pour pour retirer les poux restants renouveler l’opértion dans une semaine et ce jusqu’à disparition des poux compter deux à trois semaine pour un coup dérisoire comparer à tous ces traitements qui ne marchent pas pour le bonheur des pharmacies bonne chasse