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Les orthophonistes attaqués par la presse
Les orthophonistes attaqués par la presse
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25 mars 2011 | 9 commentaires
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Orthophoniste, 5 articles (Orthophoniste)

Orthophoniste

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Les orthophonistes attaqués par la presse

Les orthophonistes attaqués par la presse

Mes copains et mes copines ortho ne sont pas contents. En ce moment la presse s’amuse à nous brocarder.

" La Provence" nous présente une instit spécialisée dans la dyscalculie qui a ouvert un cabinet de rééducation et qui elle, n'étant pas conventionnée, a le droit de se faire de la pub. "Le Monde", suite à la sortie du "Discours d'un roi", publie un article sur notre incompétence dans le traitement du bégaiement et nous accuse d'être les champions du soutien scolaire remboursé par la sécu. Pour imager son propos, un lien vers une vidéo où on voit un enfant entrer dans le cabinet de son ortho avec cette phrase d'accueil "tu as apporté tes devoirs ?" OUTCH !!! Vraiment ça fait mal.

Alors ça gueule à tous les étages. Et je le comprends. Moi aussi j'ai envie de m'insurger. Sauf que j'ai un truc à vous raconter.......

Une histoire que va adorer ma chère consoeur "poil à gratter".

J'ai reçu en bilan une jeune fille de 13 ans, suite à un déménagement, suivie en orthophonie depuis le CP avec un bon gros diagnostic de DL DO, PAI en place depuis la nuit des temps.

Elle arrive avec, sous le bras, son dernier cahier d'orthophonie. Un truc énorme, bourré de fiches d'exercices bien indigestes concernant tous les homophones et les accords du participe passé. La moitié des exercices étant faite au cabinet, l'autre à faire à la maison, avec corrections de l'ortho précédent(e) et notation. Oui, vous avez bien lu, il y avait des notes.

Les exercices consistaient à compléter des phrases par à/a/as, on/ont, son/sont et j'en passe.....

Je ne suis pas aveugle au point d'ignorer que ce genre de choses se pratique dans les cabinets, mais là, à ce point, j'en avais les cheveux dressés sur la tête. Ces exercices systématiques n'ont à mon sens aucun intêret. Cette automatisation à outrance ne génère aucune réflexion d'ordre morphosyntaxique et une fois qu'on a compris la combine il est facile d'avoir tout juste. D'ailleurs la dictée de bilan l'a prouvé ; erreurs sur tous les homophones, avec horreur, des difficultés morpho syntaxiques qui elles n'ont jamais été abordées.

Mais qu'est ce que ça rassure les parents !!! Il fallait voir la mère, comme elle vantait l'excellence de la prise en charge.

J'ai ramené tout le monde sur terre et proposé de donner les coordonnées du centre Acadomia le plus proche en expliquant bien que tout celà n'avait rien à voir avec une quelconque pathologie et que l'orthophoniste n'était pas un répétiteur. Bon, j'ai aussi rappelé qu'Acadomia n'était pas remboursé par la sécu.

Allez va, c'était ma semaine de bonté, je vais la prendre en charge et on va attaquer la morphosyntaxe, essayer d'amener une vraie réflexion sur le langage.

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Commentaires
2 votes
par fred (IP:xxx.xx7.96.111) le 25 mars 2011 a 14H39
fred (Visiteur)

Il y a en effet de plus en plus d’orthophonistes qui font de l’aide aux devoirs. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi les orthophonistes ne s’en plaignent pas. En faisant cela, ils ou elles ne font pas leur métier. Ca devrait les agacer. Elles devraient dire haut et fort qu’ils ou elles ont en ont assez de faire du soutien scolaire, et qu’elles préféreraient passer plus de temps à s’occuper des enfants qui ont de vraies difficultés de nature orthophoniste. Alors ? Parce que ça rapporte ? Parce que ça ne sert à rien de se battre contre cela ?

2 votes
par maya (IP:xxx.xx6.34.146) le 26 mars 2011 a 08H24
maya (Visiteur)

Chaque orthophoniste a sa manière de travailler : chez moi, pas de cahier, pas de "leçons", jamais de notes...Mais il m’arrive effectivement de revenir sur une notion précise si et seulement si l’enfant lui-même m’en fait la demande. Mes patients ont tous de réelles difficultés, objectivées par un bilan précis et étalonné. Il y a tellement de demandes qu’il évident que je ne prends en rééducation que les patients qui en ont réellement besoin (ce n’est pas une question d’argent, cela fait d’ailleurs des années que la cotation de nos actes n’a été revalorisée). Je ne me considère pas du tout comme une "maîtresse", mais vraiment comme une soignante. En ce moment, notre profession est attaquée de toutes parts, ce qui fort regrettable. Mais quand j’apprends à un patient laryngectomisé à utiliser sa nouvelle voix, quand j’aide mes patients aphasiques à communiquer, quand j’accompagne un enfant autiste dans sa découverte de l’autre, et de manière générale, quand j’observe une évolution favorable dans une prise en charge, toutes pathologies confondues, je renforce ma conviction que ma profession a sa place...

2 votes
par frognice (IP:xxx.xx4.183.42) le 26 mars 2011 a 09H54
frognice (Visiteur)

Pourquoi les orthophonistes "qui-font-du-soutien-scolaire" s’en plaindraient, puisque c’est leur propre choix ?! Si on leur envoie une personne pour un bilan, et que les résultats du bilan ne mettent pas en évidence de troubles nécessitant une prise en charge, pourquoi prendrait-il en charge ce patient ?? Si l’orthophoniste fait correctement son travail, il rédigera un compte-rendu précisant qu’une pec ortho n’est pas utile. Il pourra conseiller aux parents d’instaurer une aide aux devoirs avec un prof. Je ne comprends pas ce qui justifie de faire des exercices du bled en séance. Ca ne montre qu’une incompétence de certains orthos qu’on a raison de mettre en évidence. Quant à ceux qui proposent des exercices de grammaire de bouquins d’école aux patients avec troubles, n’en parlons même pas... Ils n’ont rien compris à leur travail.

1 vote
par élodie (IP:xxx.xx1.75.30) le 26 mars 2011 a 10H11
élodie (Visiteur)

à nous de faire prévaloir nos compétences et d’être ferme sur nos prises en charge...certains parents râlent et expliquent que la voisine ou le cousin sont pris en charge pour "les aider à l’école", ce à quoi je réponds que le rôle de l’orthophoniste n’est pas là et qu’il devrait donc s’adresser à un organisme de soutien scolaire...évidemment ça râle car "c’est cher"...mais sans ce minimum d’explication et une bonne foi professionnelle, demain nous serons visées de toute part et nos réelles spécifités disparaitront...cher collègue de tout bord, réagissez et ne vous laissez pas aller à la facilité...SVP de plus, je mets un point d ’honneur à diversifier ma pratique pour tout d’abord devori constamment me remettre en question mais aussi parce que notre formation nous apporte toutes ces compétences....après cela, notre intervention est utile et les patients quelle que soit leur pathologie le souligne et nous font une bonne "pub", comprenant notre profession et s’étonnant même de sa diversité... ce n’est que par l’information - et en premier lieu à nos patients - que notre profession continuera d’être défendue...

2 votes
(IP:xxx.xx7.50.115) le 29 mars 2011 a 05H31
 (Visiteur)

Des nouvelles de l’Ecossaise...

J’ai un ami médecin qui quotidiennement est sollicité pour signer des "visites chez l’ortho". Pour quelle clientèle ? Les dyslexies sont assez rares et je n’ai, en plus de 30 années d’enseignement, eu à faire face qu’à trois cas avérés.

Aujourd’hui, un élève étranger dont les parents ne parlent pas le Français à la maison, est systématiquement envoyé chez l’ortho. Est-ce bien raisonnable ???

Depuis il refuse de signer les demandes.

Oui, je sais, c’est remboursé par la Sécu et si ce la ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal. Cela évite surtout de payer des cours particuliers. Mais ceci est le boulot des enseignants et non d’un orthophoniste.

Ah oui certes mais les postes des instits et des profs spécialisés ont été supprimés par les assassins de l’enseignement public....

Micka FRENCH sur le Web.....

5 votes
par Christian Bellone (IP:xxx.xx1.123.15) le 29 mars 2011 a 16H07
Christian Bellone (Visiteur)

Bonjour, 3 dyslexiques en 30 ans de carrière ? Permettez-moi de douter. en effet, la population dyslexique est évaluée par toutes les études sérieuses sur cette question à 10% des scolarisés parmi ces 10% on relève 1% de cas sévères ou très sévères. Donc vos chiffres sont fantaisistes, soit que l’évaluation ait été mal faite, soit que vous ne les ayez pas vus par manque de formation ou par idéologie. Malheureusement, l’une et l’autre situation se rencontrent sans s’exclurent. cordialement Christian Bellone, orthophoniste, directeur des études, centre de formation des orthophonistes de la faculté de Médecine, Université de Nice.

2 votes
par Stéphanie (IP:xxx.xx3.97.231) le 1er avril 2011 a 07H11
Stéphanie (Visiteur)

Je m’étonne également de ce peu de dyslexiques en 30 ans de carrière.. Il a très certainement été un temps où on "diagnostiquait" à tout va des enfants simplement en retard de lecture mais depuis, nous avons fait des progrès et les études comme Christian Bellone le dit sont là aujourd’hui pour montrer l’incidence de cette pathologie quelle que soit la culture ou la méthode de lecture. Les ortho qui font de la "répétition" de devoirs, me semblent à moi, de moins en moins nombreuses au fil du temps, la formation a évolué et l’abord des différentes pathologies également.

Malheureusement quand on voit en effet des reportages comme ceux-là, on bondit mais surtout envers le journaliste qui a bien choisi la personne à filmer ou interroger pour être sûr que ça cadre avec son sujet et sa polémique...

Stéphanie Pech (ortho optimiste)

1 vote
par Jaz (IP:xxx.xx0.65.77) le 29 mars 2011 a 17H49
Jaz (Visiteur)

Bonjour

Il faut différencier difficultés d’apprentissage et Dyslexie. Dans les années 1970, dans une thèse sur la lecture en langue arabe en Algérie, j’avais trouvé 3 enfants sur une population de 160 que j’ai soupçonné d’être DL, alors qu’il y avait plus de 20 enfants que j’ai baptisés à l’époque non-lecteurs, avec des résultats quantitatifs inférieurs ou du même ordre à l’épreuve de lecture proposée aux 2 premières années d’apprentissage. Il y avait un problème d’apprentissage en relation avec des conditions de scolarisation difficiles que l’on ne retrouve pas ici. Les conditions d’apprentissage des non-lecteurs (constat) que je présente dans mes articles n’ont rien à voir avec ceux-là, c’est un autre problème.

Il m’est arrivé de prendre en charge certains enfants en quasi échec à la lecture en fin de CP à mon retour en France en fonction de deux sortes de profil : le soutien de l’école ne suffisait pas car l’école passe par la lettre et qu’ils avaient besoin de passer par les sons le temps d’établir la correspondance grapho-phonémique (phono-graphique en l’occurrence), et tout se réglait en quelques séances. Il y a eu quelques autres un peu "paumés" (problèmes familiaux entre autres), avec un petit retard psycho-affectif qui ne justifiait pas une prise en charge psy. Ils ne restaient pas très longtemps non plus. Les dys quelque chose, c’était une autre histoire, ALD au bout de 2-3 ans à espérer qu’ils vont décoller comme les dyslexiques tout venant avec qui nous abordions successivement le niveau phonologique, puis le niveau syntaxique vers la fin du primaire, quand ils revenaient après un long breack..

Un mot sur le travail scolaire. Sans qu’il soit question de faire faire le travail scolaire, j’aime me rendre compte de comment se manifestent leurs difficultés, et ils sont très fiers de montrer là où ils réussissent (ce n’est pas moi qui contrôle, mais eux qui me montrent). En CE1, j’aime prendre les auto-dictées comme support de la mise en application de ce que nous avons entraîné au préalable. Trouver avec eux la voie qui leur permet d’apprendre en retenant au-delà du temps d’une récitation ou d’une dictée...

J’arrête là, mais il y aurait tant à dire

Jaz, 1/2 siècle de pratique !

Voir site : sos.lire.ecrire.free.fr Voir Blog : sos.lire.ecrire.over-blog.com

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par Myriam (IP:xxx.xx5.133.126) le 25 novembre 2013 a 18H23
Myriam (Visiteur)

bonsoir , je viens ici pour vous raconter mon histoire . Je suis la maman d’un enfant de 7 ans qui est suivi pour hyperactivite . Il a eu besoin d’un suivi orthophonique , chose faite depuis septembre . Ayant eu des soucis de sante je n’ai pas pu l’emmener a deux sceances . Son orthophoniste n’a rien trouve de mieux que de virer mon fils comme un mal propre pretextant que je n’ai pas regle les sceances en temps et en heure vue mon etat de sante ... Je lui ai explique que tout rentrerait dans l’ordre lors de la prochaine sceance , cette derniere m’a dit que si elle n’etait pas regle immediatement , elle refuserait mon fils !! Elle m’a egalement traitee de menteuse ... Je suis vraiment ecoeuree qu’elle prenne mon fils en otage comme ca ... Tout ca parce que j’ai annule deux sceances pour probleme de sante !! La difficulte maintenant va etre de retrouver un orthophoniste pour le suivi de mon fils !! Tout ca me revolte !! Nous n’avons donc pas le droit d’etre malade ... Cest degueulasse tout simplement !!