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Les mineurs vulnérables en psychiatrie
Les mineurs vulnérables en psychiatrie
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1er juin 2011 | 1 commentaires
Auteur de l'article
Docteur David Vincent, 74 articles (Médecin généraliste)

Docteur David Vincent

Médecin généraliste
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74
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25

Les mineurs vulnérables en psychiatrie

Les mineurs vulnérables en psychiatrie

Hasard du calendrier, c’est le jour même où l’Assemblée nationale a définitivement adopté un texte de loi controversé, largement décrié par les syndicats de psychiatres, que l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) a rendu public son rapport, ce mardi. 200 pages qui accablent les hôpitaux psychiatriques avec, en point d’orgue, la situation des mineurs. Vulnérables parmi les vulnérables, ils comptent notamment parmi les premières victimes d’agressions sexuelles.


 
En 2009, l’Observatoire national des violences en milieu hospitalier (ONVH) a ainsi recensé 23 agressions sexuelles et quatre viols. Des agressions qui résultent souvent d’un « défaut de surveillance ou d’organisation du service » et facilitées, selon l’Igas, par la mixité au sein d’unités fermées, d’autant plus forte lorsque l’accès aux toilettes et salles de douche est commun. Aussi l’organisme recommande-t-il d’éviter la mixité forcée et de permettre aux adolescents de fermer leur chambre aux autres malades, sans interdire pour autant l’accès aux personnels soignants, à l’aide d’un système de badges, comme dans les hôtels. Enfin, il préconise également d’éviter à tout prix d’accueillir des enfants et des jeunes ados dans les services où sont hospitalisés des adultes.
 

« Omerta » sur les viols

À ce traumatisme, s’ajoute une autre souffrance : le déni. Le rapport cite ainsi le cas, en périphérie parisienne, d’un enfant de 12 ans violé en 2008 par un autre jeune patient. Suite à la plainte déposée par sa famille, l’équipe médicale aurait décidé de mettre fin à l’hospitalisation de la victime pour « manque de confiance ». Des traitements dégradants sont également évoqués tels que celui, en Guyane, d’un jeune autiste de 11 ans, victime lui aussi d’agressions sexuelles et enfermé dans une cage grillagée censée le protéger des autres malades. Un cas qui fait bondir M’Hamed Sajidi, président de Vaincre l’autisme. « C’est pour l’enfant une totale régression que l’on mettra des années à rattraper », explique-t-il avant de dénoncer de manière plus générale une « omerta » quant aux viols, les médecins et le personnel craignant pour la réputation de la structure.
 
Chef d’un secteur de pédopsychiatrie en Alsace, Edmond Perrier qualifie les faits rapportés par l’Igas d’ « hyperexceptionnels ». « C’est inconcevable que des jeunes enfants se retrouvent avec des adultes. » S’il ne nie pas l’existence d’agressions sexuelles, qui ne sont « pas propres, à l’institution psychiatrique, loin de là », il confirme en revanche « qu’à chaque accusation, une plainte a été déposée et le plaignant soutenu ».
 
Lui perçoit davantage à travers ce rapport « une instrumentalisation de la psychiatrie », en relation directe avec « un climat sécuritaire ». « On jette le doute sur la profession. En partant de cas particuliers, de faits divers, on joue sur les peurs. Or, termine-t-il, n’oublions pas que les premières victimes de la violence, ce sont les malades eux-mêmes et leurs familles ».
 

"J'ai vu des choses que je n'aurais pas dû voir"

 
Une de mes jeunes patientes anorexique toute mignonette m'a raconté son séjour en psychiatrie : " J'ai vu des choses que je n'aurais pas dû voir : un autre patient se masturbant devant moi. Quand je rencontrais le psychiatre cinq minutes par semaine, la seule chose qu'il savait dire était "si tu ne manges pas, tu retournes dans ta cellule d'isolement". Dans celle-ci justement je n'avais rien, hormis quelques livres. La lumière du soleil ne venait pas jusqu'à moi car un cache avait été mis. Un jour je n'ai pas voulu rentrer dedans car je devenais claustrophobe : on m'a plaquée par terre et fait une injection. J'en avais tellement marre que j'ai fini par remanger pour sortir. Mes parents prenaient des nouvelles mais les infirmières répondaient toujours à ma question concernant leurs appels : " Vos parents n'appellent jamais". J'ai utilisé des subterfuges en faisant télephoner les amis d'une copine qui bénéficiait d'une surveillance minime, et enfin j'ai pu avoir de leurs nouvelles par personne interposée. Ils ne l'ont jamais su".
 
J'imagine que les menaces prodiguées généreusement par le psy se voulaient thérapeutique... Tout le monde ne se plaint pas, ma patiente est en train de se reconstruire mais sa confiance dans les médecins est émoussée.
 
C'était bien que le rapport de l'Igas mette les pieds dans le plat.

 
 
 
Docteur Vincent
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Commentaires
0 vote
(IP:xxx.xx1.61.27) le 1er juin 2011 a 18H59
 (Visiteur)

Je conseille sur ce sujet les documentaires du CCDH : http://www.ccdh.fr/DVD-documentaire...

et les recherches d’alice miller, notamment sur les anti dépresseurs qui ne font que cacher la maladie :

http://alice-miller.blogspot.com/20...