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Le bruxisme chez l’enfant est aussi un touble du sommeil
Le bruxisme chez l'enfant est aussi un touble du sommeil
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3 novembre 2011
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Université de Montréal, 110 articles (Pôle de recherche)

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Le bruxisme chez l’enfant est aussi un touble du sommeil

Le bruxisme chez l'enfant est aussi un touble du sommeil

« Le bruxisme, ce serrement ou grincement des dents qui peut se produire plusieurs fois par nuit, n’est pas qu’un simple problème dentaire. C’est une maladie du sommeil qui entraine plusieurs autres troubles », déclare d’emblée Maria Clotilde Carra, dentiste et étudiante au doctorat dans le laboratoire de recherche du Dr Gilles Lavigne à la Faculté de médecine dentaire de l’Université de Montréal.

C'est pourquoi l'étudiante s'est penchée sur la prévalence et les facteurs de risque de ce trouble dans un groupe de 600 enfants âgés de 7 à 17 ans ayant besoin de soins orthodontiques.

Parmi ces enfants, 15 % sont atteints de bruxisme. Ils souffrent fréquemment de maux de tête, trois fois plus que leurs pairs du groupe témoin. Ils sont souvent incapables de s'endormir dans la demi-heure qui suit le coucher. Ils se sentent peu reposés au réveil. Lorsqu'ils sont assoupis, leur respiration est bruyante. Plusieurs ronflent. Au lever, ils ont la bouche sèche.

Le jour, les bruxeurs sont fatigués, peu concentrés sur leurs tâches scolaires et souvent agités. Ils sont facilement distraits, interrompent les autres et ne semblent pas écouter leur interlocuteur. « Tout cela peut évidemment conduire à des problèmes d'apprentissage », observe Maria Clotilde Carra.

Ces enfants souffrent également de désordres temporomandibulaires qui se manifestent entre autres par l'usure prématurée des dents, une occlusion dentaire inconfortable, une fatigue des muscles de la mâchoire et de la difficulté à bâiller.

Selon d'autres études, le bruxisme est parfois associé à l'apnée du sommeil. Maria Clotilde Carra n'a toutefois pu le démontrer dans ses travaux. « Peut-être est-ce en raison du petit nombre de sujets de ma recherche ou encore du fait que les parents ne s'aperçoivent pas que leurs enfants cessent de respirer durant leur sommeil et donc ne peuvent la rapporter », souligne-t-elle.

 

Bruxisme nocturne... et diurne

Les enfants grincent plus souvent des dents que les adultes. Mais très peu d'études à grande échelle ont exploré ce trouble au sein de cette population. Et personne ne s'entend sur le nombre de jeunes touchés : on estime que le bruxisme affecte de 8 à 38 % des enfants. « La majorité des recherches sont basées sur des études de cas qui ne distinguent pas le bruxisme nocturne et le serrement des dents le jour, ce qui crée une certaine confusion », remarque Maria Clotilde Carra qui, elle, a tenu à comparer les deux troubles.

Elle a ainsi découvert que 12,4 % de ses sujets serraient les dents pendant le jour. Il s'agissait majoritairement d'adolescents, alors que les bruxeurs de nuit sont âgés de moins de 12 ans. « On note que le bruxisme nocturne diminue avec l'âge, mais on en ignore la raison », constate-t-elle.

Les origines mêmes du bruxisme demeurent floues. Les chercheurs s'accordent à dire que les causes seraient génétiques. Le serrement des dents au cours de la journée est, quant à lui, une parafonction orale causée notamment par le stress. Par exemple, les adolescents serrent les dents quand ils sont très concentrés sur une tâche. S'ils en sont conscients, ils peuvent arrêter, ce qui n'est pas le cas des bruxeurs de nuit.

Si les causes des deux troubles sont différentes, leurs conséquences demeurent néanmoins semblables, à quelques exceptions près. Chez les adolescents qui serrent les dents le jour, on voit moins d'usure prématurée de la dentition, mais ils risquent davantage de souffrir d'une occlusion dentaire inconfortable, d'une fatigue des muscles de la mâchoire et d'un bâillement difficile. Eux aussi rapportent des problèmes de sommeil dus à des douleurs au visage.

La doctorante espère que sa recherche incitera les dentistes à être vigilants et proactifs à l'égard des patients aux prises avec ces troubles. « Auparavant, le bruxisme du sommeil était considéré comme le résultat d'une mauvaise occlusion dentaire, mais ce n'est pas vrai du tout, s'exclame-t-elle. Certains, malheureusement, le croient encore. C'est pourquoi les chercheurs travaillent fort à faire comprendre que c'est une maladie du sommeil qui est souvent liée à d'autres affections et qui nécessite des traitements particuliers. » Elle invite les dentistes à diriger ces patients vers des orthodontistes ou des experts de la médecine du sommeil.

L'étude de Maria Clotilde Carra a été publiée dans le dernier numéro de l'European Journal of Oral Sciences.

Marie Lambert-Chan

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