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La Grèce et ses enfants abandonnés
La Grèce et ses enfants abandonnés
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24 juillet 2012 | 1 commentaires
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Marine Gonthiez, 1 article (Journaliste)

Marine Gonthiez

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La Grèce et ses enfants abandonnés

La Grèce et ses enfants abandonnés

Alors que depuis quelques années, lorsqu’on dit « Grèce » on a tendance à penser « crise financière », « dette » ou encore « austérité », un autre fléau se profile, plus intérieur, bien plus dramatique : l’abandon d’enfant. La cause de ce phénomène : l’extrême pauvreté de certaines familles. Une aberration dans un pays pourtant fortement imprégné par la tradition familiale. Un drame humain pour la planète.

Il faut dire que la crise financière y est pour beaucoup dans ce phénomène inquiétant, loin d’avoir seulement affolé l’Europe toute entière elle a surtout plongé les Grecs dans des problèmes financiers sans précédents amenant certains à vivre, survivre, dans une extrême pauvreté. Ce sont à ces personnes, ces parents, ces pères ou mères célibataires, mais surtout à leurs enfants qu’il faut s’intéresser. A ceux qui ont perdu leur travail, perdu leur logement, leur dignité. A ces hommes et femmes qui se sont retrouvés dans une misère qu’ils ne pensaient jamais connaître, à compter chaque centime avec minutie pour se rendre compte qu’ils n’ont plus assez d’argent pour nourrir toute la famille… Ces personnes qui, un jour, ont été forcées de s’avouer vaincus, désarmés, sans aucune solution apparente. Pourtant la solution, certains l’ont trouvé, et n’ont vu d’autres choix que de la mettre en application : abandonner leurs enfants. Un phénomène qui s’est dramatiquement répandu ces derniers mois.
 
 
 
 
Dans le Courrier International, un journaliste raconte par exemple l’histoire de la petite Anna. Qui un jour n’a pas trouvé sa maman à la sortie de l’école, elle qui était toujours là. Une petite fille seule qui s’est retournée vers ses professeurs qui ont déniché avec stupeur un mot dans sa poche. Il disait : « Anna, je ne viendrai pas te chercher ce soir. Je n’ai pas d’argent, je ne peux plus m’occuper de toi. Pardon. Ta maman ». C’est comme ça qu’Anna s’est retrouvée prise en charge par les services sociaux, intégrée à un centre d’accueil pour enfants en détresse. Arrachée sans comprendre à sa vie quotidienne pour côtoyer un nouveau monde effrayant, sans maman. Elle n’est qu’un cas parmi tant d’autres. Cette situation alarmante est malheureusement devenue monnaie courante selon la responsable du centre. 
 
[Extrait du même article :]
 
«  "Il y a encore deux ans, 95 % des admissions dans nos centres d'accueil concernaient des cas de mineurs maltraités", explique Marina, qui travaille depuis dix-neuf ans dans un de ces centres. "Alors qu'aujourd'hui, la moitié des demandes vient de parents très pauvres. Huit fois sur dix, ce sont des familles monoparentales qui n'ont pas de parents autour d'eux", poursuit-elle. "Le plus souvent, les enfants viennent avec leur mère. Elle leur montre la chambre, le lit et me présente. Puis elle s'en va en disant 'je t'aime' et l'enfant reste collé à la porte en voyant sa mère s'éloigner", raconte encore Marina, qui succombe à l'émotion en racontant ces scènes de séparation. "Ces enfants ne crient pas, ne pleurent pas. Ils restent plantés devant la porte jusqu'à ce que l'ombre de leur maman disparaisse. Quand il y a des frères et sœurs, on ne peut pas les séparer immédiatement. Surtout le premier soir. On les met dans des lits séparés puis on les retrouve dans le même quelques instants plus tard, enlacés, pour être certains de ne pas se perdre...".  »
 
Plus qu’un abandon, un acte d’amour
 
Abandonner son enfant. Un geste difficile à avaler, même impossible à comprendre. Pourtant, ici, il s’agit bel et bien d’un geste d’amour. Une fois pris en charge, les enfants sont nourris et logés, ils sont élevés et éduqués, rien ne leur manque… si ce n’est une famille. Pourtant, qu’il est dur d’imaginer le déchirement dans le cœur d’une mère qui se doit de confier la chair de sa chair à une autre parce qu’elle n’est plus capable de s’en occuper. Une mère qui doit expliquer à son enfant qu’il ne la reverra plus désormais, et que c’est « pour son bien ». Je ne pense pas qu’il faille accabler ces parents, mais plutôt les plaindre, autant que plaindre leurs enfants. Ne faudrait-il pas que le monde change, que la solidarité s’organise, que les pauvres ne soient aidés, pour éviter que ce genre de choses n’arrive ?... A méditer.
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Commentaires
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par Moi (IP:xxx.xx7.209.120) le 24 juillet 2012 a 17H35
Moi (Visiteur)

On est en 2012 et on en est là...C’est lamentable. Et ça s’agrave devant nous alors que les jours passent. On laisse gentiment les banques et les gouvernements corrompus nous accabler de dettes qu’ils nous ont imposés et qu’on ne peut pas payer. On les laisse faire et on dit "amen". Avant il y avait les pays riches et les pays pauvres. Bientôt il n’y aura que des pays pauvres. Pas d’jaloux !