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L’allaitement : comment ça marche ?
L'allaitement : comment ça marche ?
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25 mars 2009
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Bambin Nature, 43 articles (Site internet)

Bambin Nature

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L’allaitement : comment ça marche ?

L'allaitement : comment ça marche ?

L’allaitement est un acte naturel, pourtant sa mise en place n’est pas nécessairement aisée. Connaître son corps et savoir comment il produit le lait peuvent aider à rendre cette entreprise plus confortable et plus facile.

Comment produit-on l’exacte quantité de lait dont bébé a besoin ? Pourquoi, quand votre enfant pleure, du lait est-il expulsé ? Pourquoi produit-on d’abord du colostrum ? L’allaitement n’aura bientôt plus de secrets pour vous, Bambin Nature vous ouvrant les portes de la voie lactée.

L'allaitement : comment ça marche ?Comment le lait est-il produit ?

Le sein est majoritairement constitué de tissus graisseux dans lesquels se trouvent les glandes mammaires. Ces glandes sont de petites poches (alvéoles) entourées de capillaires sanguins qui leur apportent les matières premières nécessaires à la fabrication du lait et des cellules musculaires responsables de son expulsion. Une fois produit par la glande mammaire, le lait est poussé dans les canaux galactophores, jusqu’aux sinus galactophores, où il reste stocké, derrière l’auréole, jusqu’à la tétée.

Il est important d’offrir le sein en entier au bébé et pas seulement le mamelon. Le bébé doit ouvrir grand la bouche afin d’engouler totalement le mamelon mais aussi une partie de l’auréole. Lors du mouvement de succion, il fait pression sur les sinus galactophores, facilitant l’éjection du lait. Si le bébé ne tète pas dans une position correcte, la pression sur les sinus n’est pas suffisante et bambin n’aura pas suffisamment de lait. Par ailleurs, les risques de blessures du mamelon, notamment les crevasses, sont alors beaucoup plus importants.

Le rôle des hormones

  • La prolactine

L’hypophyse, glande hormonale située à la base du cerveau, régule entre autre, en temps normal, la synthèse des hormones sexuelles (progestérone et œstrogène). Après l’accouchement, elle sécrète également de la prolactine, l’hormone de la production du lait. La synthèse de la prolactine est stimulée directement par la succion de bambin : chaque fois que le bébé tète, l’hypophyse reçoit un message nerveux et sécrète cette hormone pour commencer la production de lait de la prochaine tétée.

Le lait est donc produit à la demande : si vous avez des jumeaux, vous produirez deux fois plus de lait. Par contre, si bébé arrête de téter, la lactation sera stoppée. Il est donc inutile de sauter une tétée pour garder un peu plus de lait pour la tétée suivante, cela n’aura que l’effet inverse. En pratique, il est donc important de tirer son lait si l’on est dans l’impossibilité de donner une tétée mais que l’on veut poursuivre l’allaitement, afin d’assurer une production suffisante.

La prolactine a également un effet suppresseur des activités ovariennes et donc de la fertilité. En clair, l’allaitement peut être utilisé comme méthode contraceptive, à condition d’être complet et à la demande. Le bébé ne doit donc recevoir aucun autre supplément alimentaire ou liquide en complément de l’allaitement. Les tétées doivent se faire aussi la nuit et ne pas être espacées de plus de six heures. Cette méthode est alors efficace à 98 %, jusqu’à ce que le bébé ait 6 mois, à condition de ne pas avoir eu de retour de couches [1].

  • L’ocytocine

L’hypophyse, toujours elle, synthétise aussi de l’ocytocine. Cette hormone est responsable de la contraction des muscles autour des canaux galactophores pour pousser le lait vers la sortie. Une petite contraction ou pression se fait sentir dans la poitrine quand bambin commence à manger, ce qui veut dire que le lait s’écoule normalement. Tout comme la prolactine, l’ocytocine est stimulée par la succion de bébé : quand il se nourrit, l’information est transmise à l’hypophyse qui relâche l’ocytocine dans le sang, entraînant la contraction des muscles des canaux galactophores pour la tétée en cours.

Mais les mécanismes de régulation de cette hormone sont un peu plus complexes que ceux de la prolactine. Les sensations de la mère peuvent interférer dans sa sécrétion. Si la mère pense affectueusement à son enfant ou qu’elle l’entend pleurer, l’hypophyse sécrète de l’ocytocine, entraînant l’éjection du lait. Elle est prête pour la tétée. Par contre, si la mère est anxieuse, inquiète pour une raison quelconque, si elle éprouve de la douleur ou si elle est embarrassée, dans un lieu public par exemple, l’ocytocine est réprimée, ainsi que l’écoulement de lait [2].

L’ocytocine est par ailleurs l’hormone de la contraction musculaire. C’est elle qui, durant l’accouchement, entraîne les contractions de l’utérus qui permettent la sortie du bébé. Quand elle est présente dans le corps pour éjecter le lait, il est normal de ressentir des contractions de l’utérus, qui peuvent être douloureuses, dans les jours suivants l’accouchement. Mais cette douleur cesse aussitôt la tétée terminée. De plus, ces contractions aident à éliminer les restes de placenta ou autres débris restés dans l’utérus après l’accouchement. Donc, même si c’est un peu désagréable, ces contractions sont bénéfiques puisqu’elles aident à nettoyer l’utérus et à arrêter ses saignements plus rapidement.

L’évolution du lait maternel

  • Production du colostrum

Avant de produire du lait, le corps fabrique une substance plus épaisse, le colostrum : c’est la lactogénèse de type 1. Cette phase commence vers le milieu de la grossesse et s’arrête quand le placenta est expulsé. Durant cette phase, les cellules glandulaires sont espacées les unes des autres pour permettre la réabsorption de liquide et le passage de nombreux éléments minéraux et d’anticorps. C’est pour cela que le colostrum est salé et moins liquide.

En savoir plus sur... le précieux colostrum.

  • Du colostrum au lait

Une fois le placenta expulsé, l’inhibition qu’il entraîne sur la lactation, par la synthèse de la progestérone, cesse et le lait proprement dit est produit : c’est la lactogénèse de type 2. Les jonctions entre les cellules glandulaires se referment et la composition du lait se modifie : ce dernier est plus liquide et moins concentré en éléments nutritifs et facteurs immunitaires. Mais cette diminution est compensée par une absorption plus grande par le bébé [3].

  • La montée de lait

Lorsque le lait vient remplacer le colostrum, toute la circulation sanguine de maman se modifie. Le taux de prolactine dans le sang augmente et le débit sanguin triple. Le volume du lait produit passe de 50 millilitres le second jour à 600 millilitres le cinquième jour.

Cette montée de lait est un peu désagréable : le corps, et surtout les seins, sont gonflés, lourds, chauds. Des pleurs ou une irritabilité peuvent aussi survenir à cause de la chute importante de la progestérone. Mais, au bout de quelques jours, les seins redeviennent tendres et les sautes d’humeur s’arrêtent. Pour faire passer ce moment difficile, la meilleure solution est de donner la tétée le plus souvent possible afin d’éviter l’engorgement. Si cela ne soulage pas, le médecin peut prescrire des anti-inflammatoires [4].

Mais cette petite période difficile ne doit surtout pas décourager de poursuivre l’allaitement ; avec un peu de persévérance et de patience, ces moments douloureux seront bien vite oubliés.

En guise de conclusion

L’allaitement est un moment intense et privilégié entre la mère et son enfant. En plus de fournir la nourriture la plus adaptée et la plus saine à bambin, il permet de créer des liens d’affection plus étroits.

Connaître les mécanismes de la lactation et tous les bouleversements hormonaux associés évitent de paniquer à la moindre modification de son corps ou de ses émotions. La maman peut ainsi aborder l’allaitement de manière plus sereine et profiter au maximum de ce moment magique.

Pour en savoir plus ...

« L’allaitement. De la naissance au sevrage  » par le Docteur Marie Thirion aux éditions Albin Michel, collection “Bibliothèque de la famille

Bambin Nature, le site dédié aux soins naturels des tout-petits

SOURCES

  • [1] « Helping mothers to breastfeed » par Savage King [2] « Helping mothers to breastfeed » par Savage King [3] Source : Docteur Marie Thirion [4] Source : Docteur Marie Thirion
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