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Jouets toxiques : une ombre plane sur Noël !
Jouets toxiques : une ombre plane sur Noël !
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20 décembre 2011
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R. Bartet, 52 articles (Journaliste )

R. Bartet

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Jouets toxiques : une ombre plane sur Noël !

Jouets toxiques : une ombre plane sur Noël !

Phtalates, plomb ou nitrosamines… autant de substances chimiques potentiellement cancérigènes se cachent dans les jouets de nos enfants ! Du maquillage aux retardateurs de flamme des jeux électroniques, des jeux en bois à ceux en plastique…Si le bisphénol A est interdit dans la fabrication des biberons quid des jouets destinés aux plus jeunes ? A quelques jours de noël, une nouvelle polémique a réveillé les craintes : une trentaine de jouets testés par l’association UFC Que Choisir révélait que substituts de phtalates et nitrosamines étaient présents dans certains d’entre eux. La législation est-elle suffisante en matière de sécurité pour la santé de nos enfants ? Les jouets que nous achetons à nos enfants présentent-ils un réel danger de toxicité ? Qu’acheter pour poser au pied du sapin ? 

Des études des plus inquiétantes !

Métaux lourds dans le maquillage des enfants, plomb dans la peinture des poupées Barbies, ou encore tapis puzzle contenant du formanide… les produits toxiques sont partout dans les jouets, là où pourtant, on les attendrait le moins !
 
Chaque année, au moment de noël et de sa période d’achat soutenue, les associations de consommateurs tirent la sonnette d’alarme. Cette année, l’association UFC Que choisir a mené une enquête toxicologique sur 30 jouets destinés aux moins de 3 ans. Ses résultats sont édifiants ! Il ressort en effet que plus de 20% des jouets présentent des substituts de phtalates (plastifiants destinés à la fabrication des PVC) et la moitié d’entre eux contient des dérivés pétroliers, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), classés comme substances cancérigènes probables ou possibles par l’Agence américaine de l’environnement et l’Union européenne. D’autres substances susceptibles d’être transformées en nitrosamines ont également été décelées. Ce composé chimique est également classé comme cancérigènes par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
 
L’association de consommateurs reproche également à ces joujoux de n’avoir « fait l’objet d’aucune évaluation toxicologique officielle et ne figurant pas dans la liste des additifs pouvant être utilisés dans les matériaux plastiques en contact avec les aliments ». La dangerosité de ces jouets proviendrait en fait de la libération dans la salive de précurseurs de la nitrosamine. Les phtalates et le bisphénol A, utilisés dans les jouets en plastique, sont quant à eux des perturbateurs endocriniens qui peuvent être responsables de prématurité précoce ou de troubles dans le développement des organes reproducteurs. 

 

Normes, paradoxes et contradictions

 
Dans son viseur, la célèbre girafe Sophie, le doudou Oui Oui de la marque Lansay, les duplos de Lego, ou encore le Babyouce grenadine de chez Corolle.
Pourquoi ne tout simplement pas interdire certains de ces composés chimiques, comme la nitrosamine dans les jouets, alors que c’est déjà le cas pour les tétines et autres sucettes pour bébés ? Le gouvernement allemand a lui, déjà pris une longueur d’avance en la matière et fait exécuter un règlement « dans l’intérêt de la santé des enfants » qui interdit ces substances dans les jouets en caoutchouc destinés à être mis en bouche. La France juge bon de limiter l’utilisation de ces substances jugées cancérigènes, sans pour autant les interdire. Si les jeux et jouets flirtent avec la norme autorisée, aucun n’en reste pour autant en dehors des clous règlementaires.
 
La directive européenne 2009/48/CE du parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 relative à la sécurité des jouets, qui doit être pleinement applicable d’ici 2013, renforce encore les obligations des fabricants et des distributeurs en matière de sécurité des jouets. Elle définit aussi des valeurs spécifiques pour les nitrosamines et liste les substances Cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR), ainsi que leur utilisation autorisée, mais les tolère…

Ces composés qui nous entourent au quotidien n’en restent pas moins étudiés depuis des années. Les scientifiques attestent que l’exposition à ces substances chimiques est bien en dessous du seuil qui exposerait à des probabilités accrues de cancer. Mais que penser de jeunes enfants, vulnérables à l’exposition de ces produits, et dont le système pulmonaire n’est pas encore entièrement développé et la peau plus perméable que leurs aînés ? Les normes en vigueur sont-elles suffisamment protectrices  ? Les effets à long terme de ce cocktail de métaux lourds et produits chimiques ne sont pas encore connus. L’Agence de sécurité sanitaire allemande alerte : « Un enfant qui tiendrait dans ses mains pendant une heure un jouet intégrant des molécules ou CMR au seuil autorisé, en absorberait autant par la peau que s’il fumait 40 cigarettes ». Outre Rhin, on définit les limites et fait valoir le principe ALARA ou Aussi faible que raisonnablement possible.
 
On peut également déplorer que les normes ne fassent pas de distinction entre jeux et jouets pour les nourrissons et enfants de moins de 3 ans et enfants âgés de plus de 36 mois ! Si les phtalates sont désormais interdits des jouets destinés aux moins de 3 ans, l’étude menée ce mois-ci par l’UFC Que Choisir a toutefois prouvé qu’un crayon flexible utilisé par les moins de 8 ans en contenait 40 fois plus que la norme supérieure autorisée  !

 

Des recommandations pour des jouets plus sûrs dans la hotte de noël

Même les jouets en bois, réputés plus sûrs, ne sont pas pour autant exempts de produits chimiques ! Ils peuvent notamment contenir des formaldéhydes, produits utilisés dans l’industrie et irritant les voies respiratoires, ou encore des métaux lourds contenus dans les peintures et vernis.
 
Pour ne prendre aucun risque, privilégiez les grandes marques dont les contrôles effectués sont plus rigoureux. Évitez les jouets sans marque vendus sur les marchés ou dans les solderies dont vous ne connaissez ni la provenance, ni le distributeur. Ils peuvent être des contrefaçons. Vérifiez toujours la présence de certains marquages qui doivent figurer sur l’emballage. L’étiquette CE atteste par exemple que le fabricant a élaboré le jouet dans le respect des normes de sécurité européennes en vigueur. Elle n’est malheureusement pas une garantie certaine ! Attention aux jouets importés. Près de 97% proviennent d’Asie et seuls 2 à 3% des contrôles aléatoires effectués par les douanes concernent les jouets.
 
Veillez à bien respecter l’âge de l’enfant à qui vous offrez ou confiez le jouet. Certains produits portent en effet le sigle du cercle rouge barré avec une tête de bébé et ne sont pas destinés aux moins de 3 ans. Commencez toujours par débarrasser un jouet neuf de son emballage. La Commission de sécurité des consommateurs (CSC) conseille également d’aérer si possible un jouet en plastique neuf pendant 24 heures environ. Vous pouvez aussi laver peluches et poupées neuves. Ainsi, les odeurs seront moins présentes.
 
A défaut d’offrir un jouet « made in China », il vous reste les valeurs sûres  : jouets garantis non toxiques, doudous ou peluches aux symboles bios ou produits en cartons et matières recyclables. Préférez aussi les jouets en bois brut sans vernis ni peinture. Décryptez les étiquettes. Des mentions indicatives : « Sans phtalates » et « Sans PVC » existent. Si on ne trouve pas encore aujourd’hui de label français certifiant que les jouets sont bios ou respectueux du développement durable, certains guides, comme celui du Collectif international Women in europe for a common future (WECF) fait le point sur la dangerosité des jouets selon leur catégorie. Un quart des alertes dans l’Union européenne sur des produits rappelés concernent les jouets, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
 
Des consommateurs mieux informés feront peut-être évoluer la réglementation vers plus de sécurité pour la santé de l’enfant. En attendant, veille et vigilance sont de mise, sans toutefois céder à la panique, pour profiter des fêtes de fin d’année en toute sérénité !

POST-SCRIPTUM

  • Téléchargez le guide du WECF afin de choisir des jouets sans substances toxiques pour vos enfants.(dernière édition en 2009 seulement)

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