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Diabète de l’enfant : les signes qui doivent vous alerter
Diabète de l'enfant : les signes qui doivent vous alerter
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2 novembre 2010
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Diabète de l’enfant : les signes qui doivent vous alerter

Diabète de l'enfant : les signes qui doivent vous alerter

A l’occasion de la Journée Mondiale du Diabète, le docteur Claire-Levy Marchal pédiatre-endocrinologue, fait le point sur cette maladie qui touche près de 250 millions de personnes dans le monde.
Une des hypothèses est que l’augmentation du nombre de diabétiques serait lié à un environnement trop aseptisé dans la petite enfance ainsi que l’obésité précoce des jeunes (pour le diabète de type 2).
Aujourd’hui le diabète est encore diagnostiqué trop tard, un tiers des enfants arrivant à l’hôpital en état d’acidocétose*. La campagne de prévention de 2010 a donc pour but de sensibiliser sur les signes qui doivent alerter les parents.

Le docteur Claire Levy-Marchal est Pédiatre-endocrinologue et Directrice de recherche à l’INSERM (diabète de l’enfant et développement) – attachée à l’hôpital Robert-Debré à Paris.

 

Qu’est-ce que le diabète ou plutôt, les diabètes ?

Le diabète est une maladie du métabolisme du sucre définie par un taux anormalement élevé de sucre dans le sang. On distingue deux types de diabètes très différents l’un de l’autre.
 
Le premier, diabète de type 1 (dit aussi insulinodépendant), représente 5 à 10 % de tous les cas de diabète et touche à 90% les enfants (15 000 enfants de moins de 20 ans en France aujourd’hui). Il s’agit d’une maladie auto-immune. Pour des raisons qui ne sont pas encore clairement établies, un dysfonctionnement du système immunitaire amène à la destruction sélective des cellules qui sécrètent l’insuline dans le pancréas (les cellules béta). Le diabète de type 1 est en fait dû à une carence totale d’insuline, la seule hormone qui fasse baisser le taux de sucre dans le sang. Le seul traitement repose sur des injections quotidiennes d’insuline.

Le diabète de type 2 est plutôt la conjonction d’un défaut de sécrétion d’insuline et d’une insulinorésistance, qui, dans 90 % des cas, est liée à l’obésité. Il faut alors plus de carburant à l’organisme pour métaboliser les sucres et les graisses toxiques qui circulent. Les diabétiques de type 2 ont besoin d’insuline, mais à terme, contrairement aux diabétiques de type 1 pour qui il s’agit d’une urgence.

 

A quels signes reconnaît-on la maladie ?

Deux signes doivent alerter : le premier est si l’enfant fait beaucoup pipi (on parle de polyurie), notamment la nuit au lit. Le second signe est une grande fatigue et une perte de poids.
 
Ces signes sont assez banals et le diagnostic est très facile à faire par un médecin avec une simple bandelette urinaire. Pourtant, il faut y penser.
 
Le diabète est une maladie plutôt rare et les professionnels de santé ou l’entourage proche d’un enfant n’y pensent pas forcément. Or, un tiers des enfants arrive à l’hôpital en acidocétose avec des signes biologiques. 10 à 15 % présentent des signes graves comme l’altération de la conscience et quelques enfants meurent encore chaque année du diabète à cause d’un retard de diagnostic, pourtant évitable.

 

Comment expliquer le déclenchement du diabète et peut-on prévenir son apparition ?

La composante familiale joue un rôle et représente 5 à 10 % des cas de diabète de type 1. Le risque de développer ce type de diabète est défini par un terrain, propice ou pas, dans l’identité même de nos tissus.
 
Il y a en fait, non pas un seul, mais toute une combinaison de facteurs environnementaux qui pourraient entrer en ligne de compte. Les facteurs les plus étudiés sont infectieux (ou viraux) et alimentaires (produits très raffinés). Mais le mécanisme exact déclencheur de la maladie n’est pas encore bien compris ni connu. Il n’y a donc pas de prévention possible face au diabète de type 1. 

 

Comment expliquer que l’âge du diabète a considérablement reculé et touche de plus en plus de très jeunes enfants ?

Il n’y a pas aujourd’hui clairement d'augmentation du nombre d’enfants diabétiques, comme on l’entend parfois dire. Le diabète des enfants représente un enfant sur mille environ et chaque année 15 nouveaux cas sur 100 000 enfants font leur apparition. Mais l’âge du diagnostic tend effectivement à s’abaisser et se déplace vers la tranche d’âge des moins de 4 ans.
 
L’une des idées avancée, appelée aussi « théorie de l’hygiène » est que nous vivons actuellement dans un environnement qui favorise la survenue de maladies auto-immunes, des allergies et de l’asthme notamment. Il existe une surprotection immunitaire des enfants lors de leurs deux premières années de vie notamment. Cette surprotection passe par un abus d’antibiotiques, des aliments de plus en plus raffinés et une amélioration de l’hygiène. De ce fait, le système immunitaire du jeune enfant n’est plus assez stimulé. Et, en lien à une diminution de l’incidence des maladies infectieuses, on observe au contraire une augmentation des maladies auto-immunes, dont le diabète. Cette théorie réunit de nombreuses observations épidémiologiques, mais reste toutefois difficile à prouver.

 

Le diabète des enfants est-il spécifique par rapport à celui des adultes ? Sa prise en charge diffère-t-elle ?

Le diabète des enfants est un véritable problème pédiatrique. Sa prise en charge est particulière et relève même de la sur-spécialité. Elle nécessite des services hospitaliers avec des équipes pluridisciplinaires adaptées.
 
La maladie est difficile à prendre en charge, d’autant plus que l’enfant est jeune. Le tout-petit ne peut pas exprimer ce qu'il ressent lors des hypoglycémies par exemple. Il n’a pas non plus d’autonomie dans la gestion de son traitement.
 
Un peu plus grand, il sait faire attention à son alimentation, surveiller ses glycémies mais ne fait pas encore seul ses injections. Et il faut attendre qu’il ait au moins 15 ans pour qu’il arrive à équilibrer et régler de façon pointue ses insulines en fonction de ses glycémies, de son mode de vie, de son alimentation.
 
C’est très demandeur pour l’entourage d’autant plus que la vie d’un enfant est très différente de celle d’un adulte, généralement plus réglée avec moins d’imprévus. La prise en charge chez l’enfant demande une compétence pointue et comme il s’agit d’une maladie plutôt rare, cela est d’autant plus compliqué.

 

Peut-on s’attendre, dans un avenir proche, à de nouveaux traitements ou à des progrès dans la prise en charge des enfants diabétiques ?

A court terme, les pompes à insuline miniaturisées avec un système intégré de capteur glycémique, qui sont actuellement testées sur les enfants, pourraient être utilisées d’ici quelques années. Il s’agit d’une réelle avancée car elles demandent de moins en moins de gestes et d’interventions de la part de l’entourage au quotidien et restent petites et discrètes.
 
Tout ce qui concerne les transplantations et la thérapie génique reste à mettre en place et est d’abord testé chez l’adulte, mais pas encore chez l’enfant. Ce ne sera envisageable qu’à plus long terme en pédiatrie, notamment à cause des traitements immunosuppresseurs, qui sont des traitements lourds.
La rédaction CareVox

POST-SCRIPTUM

  • Pour en savoir plus sur le diabète et sa prise en charge chez les jeunes, consultez le site de l’association "Aide aux Jeunes Diabétiques"
    * L’acidocétose est une complication grave du diabète qui entraîne douleurs abdominales, nausées, vomissements, respiration rapide et qui peut évoluer vers une perte de connaissance, voire un décès.

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