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Coparentalité d’aujourd’hui : Ma fille rêvait d’avoir un papa
Coparentalité d'aujourd'hui : Ma fille rêvait d'avoir un papa
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3 février 2011 | 1 commentaires
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Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Tichote

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Coparentalité d’aujourd’hui : Ma fille rêvait d’avoir un papa

Coparentalité d'aujourd'hui : Ma fille rêvait d'avoir un papa

« Dis-moi pourquoi Maman, dit moi pourquoi il ne m’aime pas Papa ? »

Que répondre à cette question ?

Tenter de minimiser peut-être ! « Oh ma puce, tu sais, il a bien des tracas au boulot »

Tenter d’éluder ! « Tu te fais des idées ma puce, c’est dans ta tête tout çà »

Savez-vous, vous, quelle est la bonne attitude ?

« Vis ta vie, vis ta vie, n’aie peur de rien
Ton étoile t’a déjà tracé le chemin
Vis ta vie, vis ta vie, ne t’en fais pas
Car la mienne guidera tes pas » chantait Michel Fugain

Je ne sais quelle étoile a tracé le chemin de mon enfant… 

Coparentalité d’aujourd’hui : Ma fille rêvait d’avoir un papa

Capable d’accomplir ce miracle du don de la vie, j’ai accueilli Céline dans mes bras de tendresse en lui faisant tant de promesses. Oh oui, mon magnifique bébé, je prendrai doucement ta main, je guiderai tes premiers pas, je te relèverai des premières chutes…

Seulement voilà, il est des chutes dont on ne se relève pas…Tant d’injustice dans les regards et dans les mots, tant de mépris, tant d’humiliation…

Pourquoi mon mari n’aimait-il pas sa fille ? Pourquoi fuyait-il ses responsabilités envers elle ? Pourquoi la plaçait-elle toujours en concurrence avec son frère, qui était choyé, adulé…

Une anecdote m’a été racontée par une amie de Céline après sa mort. Année 2005, Céline est au plus mal, désœuvrée, dépressive…Son amie et elle étaient toutes deux en centre ville quand ma fille s’est mise à courir. Elle avait aperçu son père…Elle l’a embrassé, là, sur le trottoir…puis s’est aussitôt sauvée…de peur des représailles.

Anecdote sans importance pour qui ne connaît pas l’histoire de ce père envoyant à sa fille une lettre en début d’année 2004 pour l’insulter et la renier.

Pourquoi cette quête de l’impossible ? Pourquoi cet amour éperdu et toujours déçu qui revient en leitmotiv dans l’histoire de Céline ?


Si je relate cette histoire aujourd’hui c’est que je m’interroge sur la place du père dans la famille, sans doute parce que mon fils est confronté aux difficultés d’un divorce et se bat pour maintenir un lien de proximité avec son enfant de 6 mois.

Je crois que mon fils est un bon père, éperdument amoureux de son enfant, conscient des ses responsabilités envers lui. Je crois qu’après avoir vécu enfant, la douleur d’un couple qui se déchire, après avoir assisté impuissant à une violence devenue quotidienne dans les actes et dans les mots, après avoir été le confident de sa sœur en grande souffrance…Oui, je crois qu’il se refuse à maintenir des liens fictifs, devenus conventionnels avec son épouse.

« Tu comprends Maman, Papa et toi, vous n’avez pas divorcé soi disant pour nous, pour une cellule familiale qui avait de toutes façons volé en éclats. Nous avons beaucoup souffert de cette situation et je me refuse à faire supporter la même chose à mon fils. »

Être un bon père dans un contexte conflictuel avec la mère, être un bon père alors que 400 kms le sépare de son enfant puisque son épouse est repartie, avec son fils, vivre chez ses parents dans le Pas de Calais. Être un bon père alors que son enfant n’a que 6 mois et que tous les analystes ; pédopsychiatres, psychologues, thérapeutes en général, s’accordent à privilégier le lien fort qui unit la maman à son enfant dans ses premiers mois de vie.

Pour l’instant les rencontres s’organisent au bon vouloir de la maman. Dernièrement il s’est vu refuser le droit de prendre quotidiennement des nouvelles de son fils car c’était une forme de harcèlement devenue intolérable…

Quel pourra être la place de mon fils, en sa qualité de père, dans la construction de son enfant ? Car lorsqu’un enfant grandit, on parle bien d’une construction par l’amour, la tendresse, l’éducation…..

Stéphane Clerget, pédopsychiatre déclare : « Le père ne saurait être un simple passant. Il est plutôt un passeur, un vecteur... Le père n'est pas une instance ou un ingrédient qui s'ajouterait ou se saupoudrerait dans la relation mère-enfant. Non, structurellement, pour la vie de sujet du bébé-naissant, un père est là au départ avec la mère ».

Puis encore : « la paternité n'est pas une affaire de définition ou d'idées mais un engagement d'actes ». Il ne suffit pas de parler du père pour que la fonction paternelle soit assurée ; encore faut-il qu'un homme consacre du temps, s'engage comme père et fasse « avec son enfant des activités qui ne soient pas purs discours ».

Certains pères de notre société moderne assume leur engagement dés la découverte de la maternité de leur compagne, désirant cette paternité, la vivant même dans la vie intra utérine de son enfant par la parole, la caresse.

Françoise Dolto explique que la présence du père à la naissance ou à l'accouchement s'il le désire, est une sécurisation positive autant pour la mère que pour le nouveau-né.

Or quelle place notre société accorde t-elle au père dans la relation parent-enfant d’un couple divorcé ? Le père peut-il encore s’engager auprès de son enfant

Pour moi qui suis une femme, j’ai applaudi en 1970, lorsque le droit français a remplacé la puissance paternelle par l’autorité parentale ce qui signifie l'égalité des droits et devoirs du père et de la mère dans l'éducation des enfants. 40 ans, ce n’est pas si vieux que cela Que constate t-on avec ce recul des années ?

Cette autorité n'appartient pas plus aux pères qu'aux mères. Pourtant, la société a organisé une véritable éviction juridique des pères dans le cadre des divorces. La fragilisation constatée de la relation père-enfant est alors organisée par décision de justice.

Stéphane Clerget , rappelant que la garde était encore le plus souvent accordée à la mère à l'issue des séparations, a insisté sur le principal inconvénient de cette décision, qui donne le sentiment à l'enfant que l'un des parents est plus important que l'autre, le rôle du père apparaissant alors comme nié par la justice"


Alors ces deux situations entre un père rejetant sa responsabilité de père en créant ainsi un manque irréversible pour mon enfant Céline, et celle de mon fils revendiquant une coparentalité qui risque de lui être retirée dans les faits par des facteurs d’éloignement et de mésentente avec la maman, me posent question.

Quelle est la place de l’enfant dans ce relationnel entre parents ? Quel juge peut définir une exclusivité dans l’amour filial ? En quoi l’amour d’une mère devrait forcément prévaloir sur l’amour d’un père ? Comment faire en sorte que l’équilibre affectif de l’enfant soit préservé dans l’amour de sa maman et de son papa ?

Vaste débat ouvert à tant d’appréciations ! Attention, c’est un enfant qui est au cœur de vos débats Mesdames et Messieurs les penseurs !


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Commentaires
1 vote
par TZ (IP:xxx.xx2.200.23) le 15 février 2011 a 07H45
TZ (Visiteur)

Le gens ne réfléchissent plus qu’à eux, leur(s) enfant(s) n’est plus qu’une extension d’eux-mêmes. Ils deviennent ainsi des "avantages" ou des "inconvénients" dans leur rapport à l’autre, que ce soit le mari, l’épouse, les amis ou la société.

Personnellement, je constate que l’instrumentalisation des enfants se fait plus souvent du côté de la mère, qui a d’ailleurs tendance à rabaisser le père en contestant son autorité. Or, autant la mère a un rôle primordial dans les premières années de l’enfant, autant le père représente naturellement le premier pas hors du giron maternel. Il est donc nécessaire à la construction de l’enfant et à sa future vie en société.

Nous vivons une drôle d’époque, où plus nous en savons sur la psychologie, plus nous nous éloignons de ses enseignements.