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Comment vont les collégiens en France ?
Comment vont les collégiens en France ?
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5 septembre 2012
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Comment vont les collégiens en France ?

Comment vont les collégiens en France ?

L’enquête HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) est menée sous l’égide de l’OMS tous les 4 ans depuis 1982. Actuellement, plus de quarante pays, essentiellement européens, y participent. Elle a pour objectifs d’appréhender la perception qu’ont les élèves de 11 à 15 ans de leur santé et de leur vécu au sein de l’école, de leur groupe de pairs et de leur famille ainsi que d’en analyser les déterminants. Sa périodicité permet de mesurer les évolutions, et son caractère international donne lieu à des comparaisons entre pays européens. Elle est un outil précieux pour les personnes chargées d’élaborer des stratégies de prévention en direction des jeunes. En 2010, pour la France, elle a concerné 14 000 élèves environ. Elle est coordonnée par l’UMR 1027 Inserm/université Toulouse III - Paul Sabatier. L’ouvrage HBSC La santé des élèves de 11 à 15 ans en France/2010 qui vient de paraitre aux éditions Inpes (collection « Études santé ») rapporte les résultats de la dernière vague.

La France a participé à l’enquête HBSC pour la cinquième fois consécutive en 2010. Après la publication des premiers résultats du volet « addiction » (tabac, alcool, cannabis) de l’enquête en avril 2012, et de différents articles (pdf, 48,1 Ko) réalisés sur la base de cette enquête, notamment sur le sommeil, voici venu le rapport global, qui reprend l’intégralité des données françaises. Dix-neuf auteurs y ont participé, sous la coordination d’Emmanuelle Godeau (rectorat de Toulouse/UMR 1027 Inserm - Université Paul Sabatier).

Les principaux enseignements 2010

Les enquêteurs observent la place grandissante prise par les nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) chez les jeunes Français, pour qui elles sont une véritable donnée clef générationnelle. En 2006, l’usage des TIC au collège était encore peu répandu, mais en quatre ans les collégiens français ont rattrapé leur retard. L’utilisation d’Internet ou du portable pour communiquer prend une place de plus en plus importante ; en entrant au collège, 22 % des garçons et 31 % des filles utilisent quotidiennement les TIC pour communiquer avec leurs amis. Avant l’entrée au lycée, ce mode d’échange quotidien concerne 46 % des garçons et 65 % des filles. L’importance des TIC dans la vie des collégiens modifie visiblement leurs habitudes sociales : ils sont moins enclins à sortir le soir qu’auparavant, sans doute par le fait qu’ils échangent plus par textos ou Internet. Les adolescents d’aujourd’hui ont un large réseau d’amis, et, contrairement à l’idée qu’on pourrait se faire de la virtualité des nouvelles technologies, ils ne se trouvent pas physiquement coupés des autres. Au contraire, plus de 93 % des ados ont au moins trois véritables amis, et ont une vie amicale plus riche qu’en 2006. Cette consommation accrue n’isole donc pas les collégiens. Cependant, son impact négatif se ressent en ce qu’elle rogne le temps de sommeil chez les adolescents. Ceux qui utilisent un ordinateur dorment moins longtemps (8 h 06 vs 8 h 50), de même ceux disposant d’un téléphone portable équipé d’Internet (7 h 59 vs 8 h 44) ou encore ceux regardant la télévision le soir dans leur chambre (8 h 16 vs 8 h 48). À l’inverse, les collégiens qui lisent dorment plus longtemps que les autres : 8 h 52 vs 8 h 28. Le sommeil apparaît ainsi en compétition avec l’utilisation des divers outils électroniques et audiovisuels disponibles dans la chambre.

Internet ouvre aussi un débat sur son impact potentiellement négatif sur la vie sexuelle des jeunes. Pourtant, selon les chiffres de 2010, la sexualité des adolescents a peu évolué. Près d’un élève sur cinq en 4e et 3 e a déjà eu un rapport sexuel, les garçons étant plus nombreux que les filles (22 % vs 14 %). Globalement, les jeunes gardent une bonne impression de leur première fois, seuls 2 % n’en avaient pas envie au moment où elle a eu lieu. Malgré les craintes nourries par certains éducateurs d’une sexualisation précoce liée notamment à une plus large diffusion de la pornographie grâce aux TIC, ces proportions, avec 9 % des garçons et 4 % des filles déclarant des rapports avant 13 ans, et 25,5 % des garçons (respectivement 14 % des filles) avant 15 ans, sont restées stables au cours des dernières années. Les pratiques des jeunes ne semblent pas s’être profondément modifiées ces dernières années (voir aussi sur cette question le dossier de La Santé de l’homme (n°356) : L’émergence d’Internet et des réseaux sociaux dans l’éducation à la sexualité).

En matière d’alimentation, la consommation quotidienne de fruits (39 % en 2010 vs 31 % en 2006) et légumes (45 %en 2010 vs 42 % en 2006) est en hausse chez les jeunes, le Programme national nutrition-santé (PNNS) ayant visiblement porté ses fruits. La consommation de sucreries a baissé chez les ados, passant de 28 % en 2005 à 24 % en 2010. Les filles sont les plus consommatrices (24 % chez les garçons vs 26 % chez les filles). Concernant la consommation de boissons sucrées, environ un quart des jeunes déclarent en boire quotidiennement, sans évolution depuis 2006. Les garçons sont plus consommateurs de sodas que les filles (30 % chez les garçons vs 24 % chez les filles). Les filles ont généralement de meilleures habitudes alimentaires et font plus attention à ce qu’elles mangent. Toutefois, elles sont aussi plus nombreuses à s’investir dans une démarche de contrôle du poids, en particulier à travers un régime. Environ 1/3 des adolescents pensent devoir faire ou font un régime. À cet âge, le poids constitue une composante centrale de l’image de soi. Les résultats poids/taille montrent que 5 % des jeunes interrogés sont en insuffisance pondérale et 11 % en surpoids (obésité incluse). Cette dernière tendance se stabilise depuis 2006 et place la France parmi les pays avec les taux de surpoids les plus faibles (33e et 38e places des 39 pays pour les garçons et les filles de 11 ans).

En revanche, l’activité physique quotidienne est faible : si les jeunes font du sport, ils se déplacent encore peu à pied, vélo, rollers, etc.

Le collège est aussi le moment de nouvelles expérimentations. On le voit par exemple pour le tabac : 30 % des collégiens avouent avoir essayé de fumer. Cette tendance progresse nettement de la 6e (13 %) à la 3e (52 %). En 3e, 16 % d’entre eux fument déjà quotidiennement. Au collège, l’alcool reste le produit psychoactif le plus souvent expérimenté puisque sept collégiens sur dix déclarent en avoir déjà bu au cours de leur vie. L’expérimentation de l’alcool déjà élevée à l’entrée du collège avec 53 % d’expérimentateurs, continue de progresser au cours de ces quatre années. Elle concerne 83 % des élèves de 3e. En 2010, un collégien sur dix a déjà expérimenté le cannabis. Cette tendance est particulièrement marquée chez les élèves de quatrième (11 %) et de troisième (24 %), en comparaison des élèves plus jeunes (1,5 % en sixième et 4 % en troisième). Enfin l’enquête montre que globalement, les collégiens français se perçoivent en bonne santé.


 

Tous les quatre ans, l’enquête HBSC donne une photographie sur la santé, le vécu scolaire, les contextes de vie (famille, écoles, amis) et les comportements (favorables ou néfastes pour la santé) des jeunes français scolarisés de 11, 13 et 15 ans. Les résultats pour la France des enquêtes réalisées en 2002 et 2006, ont été publiés par l’Inpes en août 2005 et 2008. En 2010, 41 pays ou régions, essentiellement européens, ont collecté des données sur la santé, le vécu scolaire et les comportements préjudiciables ou favorables à la santé de leurs jeunes scolarisés entre 11 et 15 ans.
Au total, le questionnaire international se composait en 2010 de 125 items dits obligatoires (dont 16 ne concernent que les élèves de 15 ans), regroupés en 60 questions. Ces questions portent sur la nutrition et l’alimentation, l’activité physique, les activités de loisirs, la consommation de substances addictogènes, la santé sexuelle, les violences et blessures, la culture familiale, la culture des pairs, la santé positive, l’environnement scolaire, et conditions socio-économiques de vie.
En 2010, l’équipe française a rajouté aux questions internationales obligatoires des questions optionnelles sur les styles parentaux éducatifs, la consommation médicamenteuse, la consommation de tabac et de drogues illicites, le handicap et les maladies chroniques, ainsi que des questions développées uniquement en France (notamment sur le sommeil, en collaboration avec l’Institut national du sommeil et de la vigilance -INSV). Ces thématiques sont précieuses pour les partenaires français : l’Inpes, l’Observatoire des drogues et des toxicomanies (ODT), l’Inserm et l’Éducation nationale.

 

INPES

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