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Bon anniversaire à la CIDE
Bon anniversaire à la CIDE
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18 novembre 2009
Auteur de l'article
Jacques Brodeur, 3 articles (Site internet)

Jacques Brodeur

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Bon anniversaire à la CIDE

Bon anniversaire à la CIDE

Le 20 novembre 2009, le monde entier célébrera le 20e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies. Après 20 années d’existence, force est de constater que le respect de certains droits des enfants régresse, y compris au Québec et en France. Nous voulons attirer l’attention du public et des gouvernements sur l’article 17 (e) de la Convention qui fait obligation aux États signataires d’adopter des mesures pour protéger les enfants contre les matériels audio-visuels qui nuisent à leur bien-être. Les scientifiques qui se sont penchés sur la question ont constaté que les impacts négatifs de la consommation médiatique sur la santé des enfants et des ados augmentent en nombre et en gravité.


PROTÉGER LES ENFANTS DE LA PUBLICITÉ NE SUFFIT PAS

Interdire la pub aux moins de 13 ans est une initiative exemplaire mais elle ne suffit pas. L'appétit des annonceurs ne cesse de croître et les budgets publicitaires annuels ciblant les enfants états-uniens sont passés de 100 millions $ en 1983 à 17 milliards $ en 2007. C'est pour augmenter leur part de cette manne que les diffuseurs rivalisent pour augmenter leurs auditoires afin de pouvoir les vendre plus cher aux annonceurs. D'où l'importance de protéger les jeunes de l'impact du contenu des émissions sur leur santé. Ce que la Convention des Droits de l'enfant attend des États signataires c'est qu'ils aident les parents à encadrer la consommation médiatique de leurs enfants en connaissance de causes.

EMPRISE MÉDIATIQUE CROISSANTE
Pour mesurer la puissance de l'emprise médiatique sur les jeunes, la Fondation Kaiser a évalué la place des médias dans leur vie : 58% mangent devant l'écran, 42% ont la télé allumée du matin au soir, 53% ont la télé dans la chambre, 49% n'ont pas de règle concernant le contenu et la durée de la consommation, 81% ne bénéficient d'aucune supervision parentale. La consommation médiatique accapare, tous écrans confondus, plus de 40 heures par semaine de la vie des jeunes. Quels dommages cette consommation entraîne-t-elle ?


1) TROUBLES DE L'ALIMENTATION

Le premier impact de la consommation médiatique qui inquiète les parents est la sédentarité. Diverses études ont relié le temps passé devant l'écran à la propagation de la pandémie d'obésité qui affecte un pourcentage croissant de jeunes, ici et ailleurs dans le monde. La publicité fait désirer aux enfants des aliments qui aggravent la problématique du surplus de poids.
Les mannequins utilisés par l'industrie de la mode affectent eux aussi l'image corporelle des jeunes, leur estime de soi et contribuent à l'anorexie nerveuse et à la boulimie.
La place de l'alimentation et de l'activité physique dans les téléromans produit un impact négatif selon le Groupe de recherche Médias et santé de l'UQAM. 

2) TROUBLES DU COMPORTEMENT ET LA CRIMINALITÉ
En 2003, deux chercheurs de Laval constataient une augmentation de 432% du nombre d'actes violents diffusées par les réseaux privés de télé depuis 1995.
Au cours de la présente décennie, les ventes de jeux vidéo de meurtre (First Person Shooter, FPS) ont connu une hausse fulgurante. De 2007 à 2008 seulement, les ventes sont passées de 12,5 à 18,8 milliards $US. Malgré leur classification 18 ans et plus, 40% de ces jeux sont utilisés par des enfants.

En 2006, le Canada atteignait son niveau de criminalité le plus bas en 25 ans tandis que la criminalité violente des ados battait des records : deux fois plus que les adultes et deux fois plus que 20 ans auparavant (Statistique Canada et Ministère de la sécurité publique du Québec).
UNANIMITÉ
En 2001, Michael Rich, Directeur du Centre Médias et Santé de l'Hôpital pour enfants de Boston, déclarait au nom de l'Académie des pédiatres des États-Unis que « plus de 3500 études ont reconnu le lien entre les spectacles violents et les comportements violents, » réduisant ainsi en poussière le mythe entretenu par les défenseurs de l'industrie à l'effet que les chercheurs ne « s'entendent pas ».
3) AUTRES DOMMAGES. D'autres facettes de la consommation médiatique empêchent les jeunes d'adopter de saines habitudes de vie.

Selon la Société canadienne de pédiatrie, la consommation médiatique contribue au déficit d'attention-hyperactivité, aux comportements agressifs et violents, au tabagisme, à l'alcoolisme, à la mauvaise alimentation, à l'obésité, à la faible estime de soi, aux comportements sexuels à risque.

  • Des chercheurs de Yale ont fouillé 1800 études réalisées au cours des 30 dernières années. Les conclusions confirment l'impact sur l'alcoolisme, le tabagisme, la dépendance aux drogues, l'hyperactivité et les faibles résultats académiques.

  • L'impact sur la sexualisation précoce et l'hypersexualisation des fillettes ne fait pas de doutes selon Lilia Goldfarb, du YWCA de Montréal, qui témoigne dans le film de Sophie Bissonnette, Sexy Inc, produit par l'ONF.

  • Selon le professeur Richard Poulin, de l'Université d'Ottawa, la pornographie est devenue le principal moyen d’éducation sexuelle des jeunes.

  • Les publicités sexistes nuisent au respect et à la dignité des personnes selon la Coalition nationale contre les publicités sexistes, (CNCPS).

  • Selon la chercheuse Francine Descarries, les rapports homme-femme propagés par la publicité influencent négativement les 12-18 ans, au moment de leur vie où ils construisent leur identité.

  • Selon le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS), « les jeunes dont les acteurs préférés fument courent 16 fois plus de risques d'adopter une attitude favorable envers la cigarette ».

  • Quant aux héros proposés aux garçons, ils influencent leur conception de la virilité et leur construction de la masculinité ; l'impact a été constaté dans la majorité des 20 fusillades survenues en milieu scolaire au cours des dernières années selon Yanick Dulong, de l'Université Carleton, à Ottawa.

 

4) AMÉLIORER LA PROTECTION DES JEUNES
Devant les études confirmant ces dommages, il est clair que notre loi de protection du consommateur ne peut suffire à protéger les enfants et les ados de la surconsommation médiatique, y compris les écrans d'ordinateur, les consoles de jeu, les appareils photos et Youtube, la musique misogyne, etc. Pour répondre aux exigences de l'article 17 (e) de la Convention, tous les gouvernements, y compris ceux de la France et du Québec, ont l'obligation de renseigner les parents, c'est un minimum en même temps qu'un enjeu de civilisation.

La meilleure façon de protéger les jeunes des matériels nuisibles consiste à les ÉDUQUER à la CONSOMMATION MÉDIATIQUE ÉCLAIRÉE. Plusieurs ministères pourraient être mis à contribution pour fournir aux parents et aux enseignants les outils pour intervenir adéquatement, sans interférence de l'industrie. La convergence des efforts permettrait de réaliser des économies sur la réparation des dommages causés à la santé des jeunes.
OEUVRER DE CONCERT
Les études réalisées par des scientifiques du monde entier permettraient de former les intervenants et de protéger nos jeunes conformément à l'alinéa (E) de l'article 17 de la Convention internationale. La complaisance face aux abus commis sur les enfants a trop duré. Le 20e anniversaire de la Convention Internationale des Droits de l'enfant nous donne l'occasion d'inviter les parents, les décideurs politiques et les pouvoirs médiatiques à prendre des mesures positives pour « protéger les enfants contre les matériels qui nuisent à leur bien-être ».

Jacques Brodeur, conseiller en Prévention de la violence, Éducation à la Paix, Éducation médiatique, Promotion d'une consommation médiatique éclairée. Trois-Rivières, Québec, www.edupax.org <> JBrodeur@edupax.org Actualités : http://jacbro13.com/colloques/

POST-SCRIPTUM

  • Une version plus élaborée, avec références détaillées, de l’article ci-dessus est disponible à l’adresse suivante : http://uqo.edupax.org

SOURCES

  • Jacques Brodeur, Edupax, Trois-Rivières, Québec, JBrodeur@edupax.org
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Mots-clés :
Enfants