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Biberons toxiques dans les maternités : Enquête ouverte
Biberons toxiques dans les maternités : Enquête ouverte
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18 novembre 2011
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Léa Belleval, 97 articles (Rédacteur)

Léa Belleval

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Biberons toxiques dans les maternités : Enquête ouverte

Biberons toxiques dans les maternités : Enquête ouverte

Plusieurs maternités utiliseraient illégalement des biberons, tétines et téterelles stérilisés à l’oxyde d’éthylène. Ce gaz, qui est hautement toxique, est pourtant classé comme cancérigène pour l’homme depuis 1994, et son utilisation est interdite dans le cadre alimentaire depuis 2010. Le ministre de la Santé Xavier Bertrand a demandé une enquête à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Il a également convoqué les fabricants des biberons concernés.

Le gouvernement français devra-t-il affronter un nouveau scandale sanitaire un an à peine après le début de l’affaire du Mediator ? La sortie du Nouvel Observateur, le 16 novembre dernier, a eu l’effet d’une bombe : Deux sociétés, Bledico et Français Clair, fournissent la centrale d’achat de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) en biberons et tétines employant de l’oxyde d’éthylène pour la stérilisation. Ce gaz, comme le rappelle le Centre international de recherche sur le cancer, est « classé dans le groupe 1 des agents cancérogènes pour l’homme » depuis 17 ans, et son entrée en contact avec de la nourriture est prohibé depuis bientôt deux ans.

Car malgré une ventilation après stérilisation, des résidus de ce gaz restent imprégnés dans le caoutchouc des tétines et biberons… qui deviennent ainsi potentiellement toxiques. Un décompte provisoire indique qu’une dizaine d’hôpitaux seraient concernés. Suite à ces révélations, Xavier Bertrand a aussitôt réagi, pressant l’Igas de mener une enquête sur l’origine de ce dysfonctionnement et convoquant les fabricants impliqués. Selon des informations établies, l’une des deux sociétés à l’origine de la fourniture du matériel aurait vendu l’an dernier quatre millions de tétines et 300 000 téterelles. La contamination des nouveaux-nés serait à relativiser car elle se fait en fonction de la durée du contact, et dès la sortie de la maternité les bébés retrouvent d’autres types de biberons qui, très probablement, n’ont pas été stérilisés sous oxyde d’éthylène.

Le Syndicat Français des Aliments de l’Enfance (SFAE) appuie la volonté du ministère de la Santé d’ouvrir une enquête en précisant que les entreprises membres de son organisation (Blédina, Lactalis, Mead Johnson, Nestlé, les laboratoires Guigoz et Sodilac) « n’utilisent pas d’oxyde d’éthylène pour stériliser les tétines et mini-biberons distribués en maternité ». Les autorités ont ordonné le retrait des mini-biberons incriminés. Si l’enquête souhaitée par les différentes parties devrait quantifier les risques et faire la lumière sur de nombreux aspects de cette affaire, il est d’ores et déjà acquis qu’une personne a mis la puce à l’oreille des autorités : Suzanne de Bégon.

Ayant inventé un biberon jetable révolutionnaire il y a plus d’une dizaine d’année, cette ancienne de Sup de Co de Marseille a vite déchanté lorsqu’il s’est agit de s’associer avec Blédina : « Cette entreprise prévoyait de faire stériliser mon Bibéon avec l’oxyde d’éthylène » dont les risques sont déjà connus. Son rêve brisé, Suzanne de Bégon entre dans un combat éthique : « J’ai voulu bannir l’utilisation de l'oxyde d'éthylène dans le traitement des tétines ». Et elle a fait réaliser, de 2000 à 2009, des analyses portant sur les résidus de gaz dans le matériel proposé en maternité. A tel point que ces activités ont été prises au sérieux par la DGCCRF et l’Afssaps : L’interdiction de l’oxyde d’éthylène dans le traitement des biberons est actée le 18 janvier 2010.
 

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