Adoption internationale et questions de santé

Apparue dans les années 1960, l’adoption internationale a pris une importance qui suscite désormais certaines réticences de la part des pays d’origine, et qui nécessite une information spécifique des parents adoptifs, en raison de la complexité des liens créés par l’adoption entre cet "enfant venu d’ailleurs" et sa nouvelle famille. Nous en abordons ici les aspects sanitaires.
- seront fréquents et souvent beaucoup plus longs que prévus
- seront très éprouvants : attentes, stress, inquiétude de l’échec, procédures administratives, immersion dans une grande pauvreté, situations émotionnellement insoutenables...
- seront parfois décidés dans l’urgence (prévoir l’essentiel de la prévention sanitaire dès le que le dossier commence à être traité par les autorités locales)
- coûteront très cher (le budget santé, également élevé, ne doit pas être écorné)
- s’effectueront souvent dans des orphelinats reculés, impliquant une immersion au sein de populations semi-rurales
- comporteront de nombreux contacts avec de nombreux enfants autochtones
- concerneront un couple, parfois élargi aux enfants préalablement adoptés
- vaccinations du calendrier vaccinal (avec hépatite B), spécifiques du voyage ; et vérifier si les adoptants sont dûment immunisés contre les maladies classiquement dites « de l’enfance » : rougeole, oreillons, rubéole, coqueluche ; vaccination méningococcique souvent souhaitable.
- prévention des piqûres de moustiques, chimioprophylaxieantipaludique en prévoyant un allongement non prévu du séjour.
Santé de l’entourage des adoptants
Cette recommandation préventive pourrait être étendue à d’autre maladiesvaccinables si l’entourage en question était suffisamment sensibilisé.
- complèteront leur information sur des sites spécialisés : voir notre rubrique « Repères »
- élaboreront un questionnaire qu’ils feront traduire dans la langue du pays, à l’intention de la structure hébergeant l’enfant.
- Gale : 7% des adoptés selon une étude australienne ; traitement simple : ivermectine (Stromectol®), à emporter avec soi ?
- Poux : très fréquents (5 à 10% selon les rares études), à dédramatiser
- Impétigo : sans gravité, facilement curable par antibiotiques simples
- Rougeole : cas importés régulièrement signalés, en particulier auxEtats-Unis
- Parasites intestinaux : extrêmement fréquents (15 à 30%), non ou très peu contagieux une fois l’enfant vivant dans des conditions occidentales ; un traitement par métronidazole (Flagyl®) éliminera les protozoaires potentiellement contagieux (amibes, Giardia)
- Bactéries entéropathogènes : présentes chez l’adopté entre 2 et 7% selon les études et les pays d’origine
- Helicobacter pylori : portage fréquent, jusqu’à 30% dans certaines études
- Hépatite A : extrêmement fréquente, le plus souvent asymptomatique chez l’enfant : simple vaccination des adoptants et de leur entourage
- Hépatite B : très fréquente, en particulier en Asie et en Afrique Noire : vaccinations des adoptants au moins
- Hépatite C : très variable (1% en moyenne chez les adoptés aux Etats-Unis) ; sérologie fiable le plus souvent indisponible
- VIH : variable selon le pays d’origine ; peut être occulté
- Tuberculose : incidence de plus de 100 p. 100.000 hab dans la plupartdes pays d’adoption ; diagnostic difficile sans moyens paracliniques ; les formes sont souvent graves chez l’enfant en bas-âge ; curable et peu contagieuse dans les conditions de vie et de médicalisation occidentales
- Syphilis congénitale : diagnostic impossible hors laboratoire,contagiosité virtuelle, facilement curable ; rare chez l’adopté, mais maladie en recrudescence mondiale
- Europe de l’Est : hépatite B, VIH, voire syphilis
- Afrique ubsaharienne : hépatite B, VIH, tuberculose, maladies de l’hémoglobine (facteur aggravant de certaines infections)
- Asie : hépatite B, VIH, parasites intestinaux
- Amérique du Sud : tuberculose, VIH (prévalences modérées, sauf Haïti)
- Faut-il apporter des vaccins à l’enfant (aux enfants) pressenti(s) ? ROR,HB, HA, méningococcie, rotavirus... ? à voir sans doute au cas par cas
- Une fois arrivé en France, le médecin sera toujours dans l’embarras : quelle crédibilité apporter aux certificats de vaccination -et aux vaccins- locaux ? faut-il faire des sérologies ? faut-il tout reprendre à zéro ?
SOURCES
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