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Soins des seins et petits soucis liés à l’allaitement
Soins des seins et petits soucis liés à l'allaitement
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25 avril 2008
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Le lien lacté, 5 articles (Rédacteur)

Le lien lacté

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Soins des seins et petits soucis liés à l’allaitement

Soins des seins et petits soucis liés à l'allaitement

Vos seins représentent la plus belle partie de votre corps, et la plus importante pour votre bébé, alors autant en prendre bien soin.

LES SOINS DE BASE

  • Pour commencer, le soutien-gorge

Il faut le choisir bien à votre taille (en fin de grossesse, l’acheter une taille de tour de poitrine et d’une taille de bonnet supérieure à votre taille actuelle). Privilégiez les textiles naturels comme le coton et les attaches plastiques pour les bonnets. Evitez les bonnets à fermeture éclair, une fausse manipulation et vous en souffrirez ! On en trouve à des prix abordables dans les magasins de puériculture (Anita est la principale marque distribuée) ou par correspondance chez Vert Baudet.

Une autre solution peut être les brassières en microfibre ou en coton extensible. Elles sont confortables et faciles à soulever en même temps que le tee-shirt pour allaiter. Choisissez-les bien larges pour ne pas provoquer de tension sur le sein.

Bien sûr, tout cela n’est pas très sexy. Fort heureusement, on trouve maintenant dans le commerce des soutien-gorges très jolis adaptés à l’allaitement. Les magasins Etam et Kiabi en proposent et, sur Internet, il y a les boutiques spécialisées comme Sibellia, mamaNANA ou Made in Femmes. Vous pouvez aussi transformer vos soutien-gorge classiques en soutien-gorge d’allaitement, vous trouverez des explications pour cela sur le site de l’Arbre à bébés.

  • Les soins de la peau

Il est inutile, et même déconseillé, de se laver les seins à chaque tétée, cela agresse la peau et détruit la lubrification naturelle créée par les Tubercules de Montgommery. Ces tubercules dégagent également une odeur qui attire le bébé et l’aide à trouver le mamelon et qui serait détruite par des lavages trop fréquents. Une douche quotidienne suffit. Il est également déconseillé, pour les mêmes raisons, de mettre des produits cosmétiques sur l’aréole, la partie pigmentée du sein.

Attention à la macération qui favorise les crevasses : les coussinets d’allaitement doivent être remplacés très régulièrement. Pour les mamelons eux-mêmes, et la prévention/guérison des crevasses, sachez que la peau des mamelons est semblable à celle des lèvres. Il faut donc éviter tout ce qui pourrait la fragiliser en l’asséchant (sèche-cheveux, lavages fréquents) et l’hydrater avec des produits adaptés, de préférence à base de lanoline purifiée :

- Purelan de Medela,

- Lansinoh d’Almafil,

- Castor Equi, crème homéopathique (en pharmacie). Cette crème est remboursée par la Sécurité Sociale sur prescription médicale.
Ces crèmes ne nécessitent pas d’être nettoyées avant la tétée. Evitez tout ce qui devrait être nettoyé (Bépanthène par exemple) puisque les lavages successifs agressent, évitez aussi le baume du commandeur prescrit dans certaines maternités et attention au tulle gras qui creuse les crevasses chez les femmes intolérantes au camphre. Ces crèmes ne guérissent pas les crevasses mais elles maintiennent un niveau d’hydratation qui favorise la cicatrisation.

LES PETITS SOUCIS DE L’ALLAITEMENT

  • Les crevasses

Dans plus de 90% des cas, les crevasses ont pour cause une mauvaise position du bébé au sein ou une mauvaise succion de ce dernier. Pour la position, le mieux est de la faire vérifier par une personne compétente en allaitement, une animatrice LLL ou une consultante en lactation si possible. Le principe de base est que le bébé doit être entièrement tourné vers vous afin qu’il n’ait pas à tourner la tête pour prendre le sein. Installez-vous très confortablement, avec force coussins si nécessaire afin d’éviter les tensions : on n’amène pas le sein au bébé mais on amène le bébé au sein. Ce document vous présente simplement les positions de base.

Une mauvaise succion du bébé peut avoir des causes multiples. Tout d’abord, un bébé prématuré ou hypotonique peut mal téter. Un frein de langue trop court peut également occasionner des crevasses, le bébé ne pouvant pas tirer suffisamment la langue pour la placer correctement sous le mamelon. Le pédiatre peut couper le frein de langue, c’est rapide et indolore.

Mais la cause la plus fréquente d’une mauvaise succion, quand qu’elle n’est pas présente à la naissance, est la confusion sein-tétine. En effet, la technique de succion au biberon est très différente de celle du sein et certains bébés peuvent se mettre à téter très mal, en pinçant le mamelon, après avoir reçu un complément au biberon. Ce risque est majeur avant 6 semaines (il existe toujours ensuite mais il est plus faible), c’est pourquoi on conseillera d’éviter tout usage de tétine, biberon ou sucette, au moins les premières semaines.
Une fois la cause des crevasses déterminée et corrigée, on peut aider leur cicatrisation avec des crèmes adaptées. Mais pour les guérir, la meilleure méthode est sans doute l’usage des compresses au lait maternel : Tirez un peu de lait et imbibez-en une compresse que vous placez sur le mamelon. Plaquez dessus une feuille de plastique alimentaire et coincez le tout dans le soutien-gorge. Changez de compresse régulièrement et veillez à ce que ça reste humide (si cela sèche, cela forme une croute qui sera arrachée à la tétée suivante, d’où retour des crevasses et douleurs).

On peut continuer à allaiter quand on a des crevasses, même si elles saignent (le sang n’est en aucun cas dangereux pour l’enfant). Vous pouvez prendre du paracétamol ou de l’ibuprofène pour soulager la douleur. On vous donnera sans doute le conseil de limiter la durée des tétées pour éviter les crevasses. C’est inexact, ce n’est pas la durée des tétées qui provoque les crevasses mais la mauvaise position du bébé. Si vous limitez la durée des tétées, vous prenez le risque que votre bébé n’ait pas le temps d’atteindre le lait gras de fin de tétée et donc qu’il ne prenne pas de poids.

  • La candidose mammaire

Soudainement, alors que l’allaitement semblait enfin rouler, voilà que vous commencez à avoir de nouveau des soucis, par exemple :


- des démangeaisons sur les mamelons,

- des douleurs pendant les tétées, des sensations de brulures,

- entre les tétées, une douleur dans le sein, en piqure d’aiguilles ou encore qui irradie dans le sein,

- vous avez les mamelons violacés et/ou qui pèlent,

- le contact avec du tissu est insupportable.

- éventuellement apparition de crevasses alors que rien ne l’explique (position et succion correctes).
Si, en plus :

- vous avez, ou venez d’avoir une mycose vaginale,

- votre bébé a du muguet.

Alors vous avez sans doute une candidose mammaire. Vous pouvez ne présenter que certains de ces signes et ça peut ne toucher qu’un seul sein. Il se trouve que le champignon qui affecte votre bébé et qui lui donne du muguet peut se transmettre, ce qui provoque une mycose sur les seins. Il faut que votre médecin vous traite tous les deux en même temps. Par exemple, si votre bébé est traité au Daktarin en gel buccal, il faudra utiliser également le traitement sur vos seins. Il existe d’autres traitements de la candidose, le mieux est de consulter le dossier de LLL France consacré à ce sujet.

  • L’engorgement

On appelle engorgement aussi bien l’œdème qui survient au moment de la montée de lait après l’accouchement que le fait que les seins soient "trop pleins de lait" en cours d’allaitement. Le résultat est le même dans les deux cas : un ou les deux seins gros et très dur (et très douloureux), l’ensemble du sein.

La solution est d’abord des tétées fréquentes. D’ailleurs, la montée de lait qui suit la naissance peut très bien passer inaperçue si les débuts d’allaitement se passent bien, avec un bébé qui tète bien et souvent, et une mère libre de faire téter son bébé souvent. On conseille souvent des applications chaudes sur les seins engorgés, pourtant le chaud augmente le gonflement et la douleur. Il est préférable d’appliquer du froid, par exemple un sac de petits pois surgelés enveloppé dans une serviette de coton (les petits pois vont épouser la forme du sein). On peut essayer une application chaude au moment de la tétée (ou l’extraction manuelle sous la douche chaude) mais il est préférable d’utiliser du froid entre les tétées.

On peut également essayer ce massage :

"Pour effectuer ce massage, la mère sera allongée sur le dos, en travers de serviettes de bain destinées à éponger le lait qui va s’écouler. Les mains de la personne effectuant le massage seront généreusement enduites d’huile (et devront le rester pendant toute la durée du massage). La première étape consistera en un massage très doux du sein, circulaire et/ou allant de la pointe du sein vers la périphérie. Son but consiste à «  apprivoiser » les seins (surtout s’il est effectué par une tierce personne), à obtenir un bon niveau de détente de la mère ; en outre, le geste, caresse plus que massage, aidera au drainage lymphatique, ce qui peut commencer à soulager la mère.
Lorsque cette dernière est parfaitement détendue, le massage proprement dit pourra commencer. Les aréoles seront doucement massées en rond, autour du mamelon, avec un doigt. Ce geste est destiné à faire sortir le lait qui se trouve dans les sinus lactifères, sous l’aréole. Lorsque le lait commencera à perler, le massage circulaire de l’aréole sera accompagné de douces pressions du mamelon entre deux doigts, pour aider le lait à sortir.
"Lorsque l’aréole sera assouplie, la mère pourra se sentir suffisamment soulagée pour que le massage s’arrête là ; l’enfant pourra alors être mis au sein, qu’il lui sera beaucoup plus facile de prendre. Si la mère le souhaite, le massage peut être poursuivi. A ce stade, chaque sein sera massé alternativement avec les deux mains en coupe, depuis la périphérie vers la pointe du sein. Le geste doit toujours rester doux et indolore. Lorsque les mains arriveront au mamelon, elles le presseront doucement. Ce mouvement de « traite », correctement effectué, provoquera le réflexe d’éjection du lait : ce dernier commencera à couler, voire à gicler en jet. Le geste pourra alors devenir plus rapide (en restant très doux), pour entretenir l’éjection du lait. Le massage sera arrêté lorsque les seins seront devenus souples." (Source  : LLL France)

On peut aussi essayer d’allaiter son bébé en "louve" : bébé couché sur le dos, la mère se met à quatre pattes au-dessus de lui, s’aidant ainsi de la gravité.

  • Le canal lactifère bouché
Cela ressemble à un engorgement mais localisé à une zone du sein. Les mesures à prendre sont les mêmes que pour l’engorgement. La mère peut essayer d’allaiter son bébé dans une position où son menton sera dirigé vers la zone engorgée.

Parfois la mère a également (ou seulement) un point blanc douloureux sur le mamelon. On appelle cela une ampoule de lait. Le lait a, en quelque sorte, caillé dans le canal lactifère, provoquant un bouchon. Pour le déboucher, il y a plusieurs méthodes. Pour commencer, on peut essayer de tremper le mamelon dans de l’eau aussi chaude que l’on peut supporter puis de le presser entre deux doigts. Si ça marche, il en sortira une sorte de spaghetti de l’ait caillé. Le dernier recours consiste à percer l’ampoule avec une aiguille mais il y a des risques d’infection avec cette méthode alors soyez très précautionneuse si vous en arrivez là : lavage des mains et du mamelon, alcool sur l’aiguille.

  • La mastite ou lymphangite

Le terme de lymphangite (inflammation ou infection du système lymphatique) est un terme inapproprié souvent utilisé en France pour désigner la mastite (inflammation ou infection de la glande mammaire). La mastite est parfois l’aggravation d’un engorgement non résolu ou d’un canal bouché. Elle se caractérise par :


- un sein (ou les deux mais c’est quand même plus rare) gros, dur et très douloureux (l’ensemble du seinou une zone du sein),

- un syndrome grippal avec fièvre, courbature, extrême fatigue, éventuellement nausée,

- un placard rouge sur un côté du sein qui apparait parfois au bout d’un jour ou deux.

Une mastite peut être inflammatoire (les antibiotiques sont inutiles) ou infectieuse (les antibiotiques sont nécessaires). Dans les deux cas, le traitement est avant tout le repos et des tétées fréquentes (ou l’extraction du lait au tire-lait s’il n’est pas possible de faire téter le bébé). On peut aussi prendre de l’ibuprofène pour la douleur et la fièvre. Concernant la décision du traitement antibiotique, voici ce que préconise le Dr Jack Newman :
"Si les symptômes de mastite durent depuis plus de 24 heures, il est préférable de commencer un traitement antibiotique. Si les symptômes datent de moins de 24 heures, je prescris un antibiotique, mais je suggère à la mère d’attendre avant de commencer à le prendre. Si dans les 8 à 12 heures qui suivent la consultation les symptômes s’aggravent (douleur plus vive, zone atteinte plus rouge et/ou plus importante), elle commencera le traitement. Si au bout de 24 heures il n’y a pas d’aggravation mais pas non plus d’amélioration, elle commencera aussi le traitement. Si les symptômes ont commencé à diminuer pendant les 24 heures suivant la consultation, le traitement antibiotique ne sera pas nécessaire. En général, l’amélioration va se poursuivre, et les symptômes auront disparu en 2 à 5 jours. La fièvre disparait généralement dans les 24 heures, la douleur en 24 à 48 heures, et l’induration en quelques jours de plus. La rougeur cutanée peut persister pendant une semaine, ou plus. Lorsque la situation a commencé à s’améliorer, avec ou sans antibiothérapie, l’amélioration doit se poursuivre. Si votre mastite évolue différemment, communiquez avec une clinique d’allaitement.
Note : L’amoxicilline, la pénicilline et un certain nombre d’autres antibiotiques qui sont souvent prescrits en cas de mastite, sont habituellement inefficaces pour cette maladie. Si un antibiotique est nécessaire, en choisir un qui soit efficace contre le Staphylococcus aureus, à savoir : la céphalexine, la cloxacilline, la flucloxacilline, l’amoxicilline-acide clavulinique, la clindamycine et la ciprofloxacine. Ces deux derniers peuvent être utilisés chez les mères allergiques aux pénicillines. Tous ces médicaments sont compatibles avec l’allaitement ; l’allaitement peut et doit se poursuivre."

Une mère qui présente une mastite tard dans l’allaitement sans explication évidente doit s’interroger sur ce qui survient dans sa vie. Par exemple, j’ai fait ma première mastite alors que mon fils avait 13 mois, la veille de reprendre le travail après 4 semaines de vacances... La mastite lors d’un allaitement long "qui roule" est parfois tout simplement le signe que la mère ne se ménage pas assez et doit se reposer.

  • L’abcès

Un abcès est en général la complication d’une mastite non ou mal soignée. Le traitement d’un abcès est le drainage du pus, chirurgicalement ou par ponction à l’aiguille selon sa taille et sa localisation (et éventuellement des antibiotiques). Si votre médecin vous diagnostique un abcès et vous renvoie chez vous avec des antibio ou un anti-inflammatoire voire un coupe-lait ou que sais-je encore alors de deux choses l’une : soit vous n’avez pas d’abcès, soit vous avez un abcès et le traitement est inapproprié (la plupart du temps, c’est la première réponse qui est la bonne, les abcès étant rares). A noter qu’un abcès non soigné finira par se drainer de lui-même, le pus percera alors par la peau s’il n’est pas trop profond dans le sein.


Conclusion
Quoi qu’on vous dise, l’allaitement ne doit pas faire mal. En-dehors d’une sensibilité accrue les premiers jours, toute douleur est anormale et il faut en trouver la cause. Non, il n’y a pas de croix à porter parce qu’on allaite !

Les problèmes présentés ici ne sont pas les seuls possibles mais ils sont les plus courants (excepté l’abcès). Ils pourraient tous être potentiellement évités en suivant deux principes de base : bien positionner le bébé au sein (et s’assurer qu’il prend correctement le sein) et pratiquer un allaitement à la demande du bébé (ne pas limiter arbitrairement le nombre ni la durée des tétées), ce qui implique en général des tétées fréquentes au moins en début d’allaitement (attention au nouveau-né qui dort trop).
Quel que soit le problème rencontré, arrêter ou suspendre l’allaitement n’est JAMAIS la solution, pas plus que de tirer son lait pour le jeter et donner des biberons au bébé. Le lait de la mère n’est jamais dangereux pour l’enfant, même en cas d’abcès. En cas d’engorgement ou de mastite, cesser d’allaiter avec le sein touché est justement le contraire de ce qu’il faut faire.

En cas d’engorgement, de canal bouché ou de mastite à répétition, on cherchera un facteur déclencheur. Ce dernier peut être varié :

- attention aux coquilles recueille-lait. Portées en permanence, elles stimulent la lactation, leur usage doit se limiter pendant la tétée au recueil du lait qui s’écoule du sein non tété,

- un porte-bébé trop serré, une mauvaise position du bébé dans l’écharpe (ma fille appuyait son coude sur mon sein),

- un soutien-gorge inadapté ou à la mauvaise taille (attention au soutien-gorge classique à armatures),

- la ceinture de sécurité,

- le fait de dormir sur le ventre, etc.
Chez certaines mères, une cure de magnésium peut donner de bons résultats en cas de mastites fréquentes. Les problèmes de canal bouché à répétition peuvent être dû à un déséquilibre entre certains acides gras (trop d’omégas 6 et pas assez d’omégas 3). On peut faire une cure de lécithine de soja, ou d’huile de saumon (en vente libre en pharmacie et en grandes surfaces, rayon diététique), ou encore de Maxepa (en vente libre en pharmacie).
Si vous rencontrez un souci que vous ne reconnaissez pas ici, n’hésitez pas à poser des questions sur le forum.

Pour aller plus loin

- Le dossier de LLL France sur les douleurs d’allaitement.

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