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Diarrhées du nourrisson : que sait votre médecin ?
Diarrhées du nourrisson : que sait votre médecin ?
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27 janvier 2009
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Jean-Luc Martin-Lagardette, 33 articles (Journaliste)

Jean-Luc Martin-Lagardette

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Diarrhées du nourrisson : que sait votre médecin ?

Diarrhées du nourrisson : que sait votre médecin ?

Que faire en cas de diarrhée aiguë du nourrisson (moins d’un an) ? Assurez-vous que votre médecin est bien informé. Curieuse réponse ? Certes, mais non dépourvue de fondement. Une étude(1) de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) a en effet montré que les médecins généralistes abusaient de prescriptions pouvant constituer un risque pour les enfants.

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Diarrhées du nourrisson : que sait votre médecin ?

L’étude de l’InVS du 18 mars 2008 publiée dans le BEH n° 12, révèle que beaucoup de médecins prescrivent, en contradiction avec les recommandations officielles, des médicaments pouvant constituer un risque pour les enfants.

Les recommandations pour la prise en charge de la diarrhée aiguë de l’enfant sont pourtant claires : agir conformément à « l’avis du 22 septembre 2006 du Conseil supérieur d’hygiène publique de France relatif aux vaccins contre le rotavirus ».

Ce texte donne les recommandations suivantes : « Administrer un soluté de réhydratation orale (SRO) pour corriger la déshydratation en 4 heures, reprendre l’alimentation normale dès la 4e heure avec maintien de l’apport d’un SRO et poursuivre l’allaitement maternel, éviter l’utilisation de médicaments qui ne sont pas nécessaires ».

En outre, il déconseille de vacciner tous les nourrissons de moins de 6 mois contre le virus(2). Pour deux raisons : la gastro-entérite à rotavirus n’est qu’une partie des gastro-entérites virales aigües et il existe des solutions de réhydratation orale (SRO) qui sont un moyen très efficace pour lutter contre la déshydratation des nourrissons. Car ce n’est pas le rotavirus en lui même qui est dangereux, mais la déshydratation liée à la gastro.

L’étude de l’InVS constate «  qu’en dépit de ces recommandations, des médicaments symptomatiques sont aussi prescrits : ralentisseurs du transit et anti-sécrétoires (RT), microorganismes antidiarrhéiques (PM), antiseptiques intestinaux (ATSI), anti-émétiques (AE), adsorbants (AD) et spasmolytiques (S). »

Les chercheurs ont enregistré, entre 2004 et 2006, « 373 cas de diarrhée traités avec du lopéramide. Ce médicament, analogue structurel des opiacés, est contre-indiqué avant l’âge de 2 ans en raison du risque d’effets indésirables de type iléus paralytique, voire de perforation digestive, et d’effets sur le système nerveux central pouvant aller jusqu’à la dépression respiratoire ou au coma. (…) Du nifuroxazide, contre-indiqué avant 2 ans en raison d’effets indésirables de type allergique, a été prescrit dans 1 351 cas ».

Le traitement recommandé par le SRO n’a été retrouvé que dans 50% des cas. « L’absence de prescription de SRO est significativement plus élevée si la prescription émane d’un médecin de ville plutôt que d’un médecin hospitalier et d’un généraliste plutôt que d’un pédiatre. »

Selon l’étude de l’InVS, la diarrhée aiguë représente un enjeu important de santé publique dans le monde. En France, le taux d’incidence annuel des gastro-entérites est estimé à 17 pour 100 nourrissons âgés de 1 à 5 mois et de 35 pour 100 nourrissons âgés de 6 à 11 mois. Le nombre annuel de décès liés au rotavirus chez les nourrissons de moins de 5 ans est estimé à 14.

Bien que les vaccins (le Rotarix et le Rotateq) ne soient pas recommandés par les autorités de santé, beaucoup de familles ont été informées dès l’obtention d’AMM (autorisation de mise sur le marché) et ont souhaité faire vacciner leur enfant. D’importants blogs très lus par les mamans ont relayé l’information en incitant à cette vaccination.

Le site Doctissimo, quant à lui, affirme que, « aux yeux des experts, la vaccination représente aujourd’hui le seul moyen (nous soulignons, ndlr) de réduire le nombre de morts et les hospitalisations. Deux vaccins existent aujourd’hui contre la gastro-entérite à rotavirus. Un vaccin de plus pour nos bambins, s’inquiéteront les parents depuis longtemps perdus dans les affres du calendrier vaccinal... Ces deux vaccins, administrables dès l’âge de 6 semaines, ont toutefois l’avantage de se présenter sous forme buvable, avec des administrations calquées sur le calendrier vaccinal existant en France ».

Or, la vaccination n’est pas « le seul moyen » de réduire le nombre de malades et de morts. Ce n’est qu’un moyen de prévention parmi d’autres. Et les vaccins en question ne sont pas dans le calendrier vaccinal...

Informations complémentaires : blog de Bernard Guennebaud.

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(1) Cette étude a porté sur 63 591 cas enregistrés chez des nourrissons de moins d’un an, entre 2004 et 2006 en région Rhône-Alpes et identifiés à partir de la base des remboursements de l’Assurance maladie.

(2) Comme ces vaccins ne peuvent être utilisés au delà de 6 mois cela revient à dire « pour tous ».

JL ML jlml.fr / ouvertures.net
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