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La nicotine est-elle seule responsable des maux dont on l’accuse ?

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"La nicotine est responsable de l’addiction au tabac". Voici une affirmation qui a longtemps été considérée comme immuable, sans véritable remise en question, tel un axiome mathématique, une affirmation convenue d’avance.
Pour autant, ne devrions-nous pas nous interroger, compte-tenu des études récentes ?

À l’heure où les politiques anti-tabac ont le vent en poupe à travers le monde et notamment dans l’Union Européenne, la question peut sembler à contre-courant des problématiques actuelles.

Mais pourtant, plus que jamais, si l’objectif est de mieux cerner la problématique du tabac, de sa dépendance, la question est cruciale. Quels sont les mécanismes de la dépendance au tabac ? Quel est le rôle exact de la nicotine ? Par extrapolation : peut-on affirmer ou supposer que les mécanismes d’addiction psychoactive au tabac sont les mêmes pour ce qui relève de la cigarette électronique ?

Tout d'abord, ces hypothèses concernant le rôle exact de la nicotine ne datent pas d'aujourd'hui : dès 2009, des travaux de Jean-Pol Tassin, directeur de recherche à l'INSERM, semblaient démontrer que la nicotine seule n'était pas responsable de l'addiction au tabac.

Ces travaux furent, à l'époque, contestés, car ils remettaient en cause des décennies de croyance établie sur le mécanisme de l'addiction au tabac. Mais JP Tassin évoquait le rôle de certains autres produits du tabac contenant des inhibiteurs de monoamine oxydases (IMAO), qui, associés à la nicotine, entraîneraient ce phénomène d'addiction psychaoctive.

Il expliquait notamment, par ce phénomène, pourquoi les gommes nicotinées ou les patches pouvaient être rendus inefficaces chez bien des personnes après plusieurs semaines d'utilisation : parce que la nicotine seule ne suffisait plus comme produit de substitution à leur sevrage. Même si tout est à pondérer car la force et le mécanisme de sortie de l'addiction est différent chez chacun, et qu'aucune étude ne soit à l'heure actuelle satisfaisante (des facteurs génétiques ou socio-culturels doivent-ils être pris en considération ? Si oui, en quelles proportions ?). Et qu'à consommation tabagique égale, certains pourront quitter aisément leur dépendance au tabac parfois sans la moindre aide extérieure, tandis que d'autres connaîtront les pires difficultés pour résister à la moindre cigarette.

 

Gomme à mâcher et cigarettes

Aussi, continuer à fumer avec l'utilisation de moyens de sevrage tels que le patch ou des gommes nicotinées, risqueraient non seulement de rendre inefficace le sevrage, mais surtout d'accroître l'addiction. Qui plus est, avec un risque d'overdose nicotinique (avec comme symptômes maux de têtes, vertiges, nausées, anomies du rythme cardiaque, goût désagréable dans la bouche, dégoût passager du tabac...)

Le liquide de cigarette électronique (ou e-liquide), quant à lui, n'est pas systématiquement composé de nicotine, au contraire des patches ou gommes nicotinées. La nicotine - optionnelle -, n'est là qu'uniquement pour permettre d'assouvir la dépendance réelle ou psychologique à la nicotine du fumeur. Les e-liquides sont généralement composés de propylène glycol, de glycérine végétale, d'eau distillée, d'arômes, et de nicotine. Rarement d'autres ingrédients.

Le principal avantage d'une cigarette électronique dans la lutte contre le tabagisme, c'est justement que l'ancien fumeur (ou le vapofumeur - celui qui vapote et fume en parallèle -), peut conserver une gestuelle assez semblable à celle de fumer, et quitter ainsi sa dépendance au tabac sans avoir l'impression de suivre un traitement médical. Vapoter et parallèlement continuer à fumer ne consiste en rien en une contre-indication, si le but fixé est de réduire sa consommation de tabac plutôt que l'arrêt.

Aujourd'hui, l'avènement de la cigarette électronique offre la possibilité de mieux étudier la nicotine, son rôle exact, et d'apporter un nouveau regard sur cet alcaloïde. Car pour la première fois, un principe d'inhalation de nicotine sans les autres composants des cigarettes et avec la même gestuelle, est utilisé par un grand nombre de personnes, accompagné d'un certain plaisir.


Même si les études scientifiques manquent de recul pour déterminer les effets réels à long terme de la nicotine sur l'organisme par le vapotage, et la sortie de la dépendance au tabac par la seule cigarette électronique (en l'absence d'IMAO dans les e-liquides) ; la plupart des enquêtes sur les vapoteurs expérimentés et néophytes semblent toutefois démontrer que l'administration de nicotine ne rendrait pas dépendant à la cigarette électronique. Ou alors dans de bien moindres proportions.
Notons aussi que si le taux de nicotine dans un e-liquide est limité à 20mg/ml en France et bientôt dans toute l'Union Européenne ; ce taux de nicotine est d'environ 50mg/ml pour une cigarette traditionnelle (à nicotinémie égale). Ce qui, nécessairement, à nombre de bouffées équivalent, atténue la force des possibles méfaits addictifs de la seule nicotine par le biais la cigarette électronique.


Nous pouvons évoquer l'étude auprès de 19000 vapoteurs menée en 2013 par le cardiologue grec Konstantinos Farsalinos, ainsi que la récente étude de l'université de Cardiff auprès de 10000 jeunes, qui mettent en lumière que la cigarette électronique n'est pas plus une porte d'entrée vers le tabac, qu'une source d'addiction en tant que tel.


Il ressort de toutes ces enquêtes et études que si la nicotine est un des éléments déclencheurs de l'addiction au tabac, elle ne le serait qu'en complément d'autres substances contenant des IMAO (inhibiteurs de monoamine oxydase). Toutefois, le processus mécanique de sortie de dépendance à la nicotine demeure méconnu, et aucun traitement ou processus de sevrage tabagique n'est, aujourd'hui, réellement pertinent ou efficace pour 100% des utilisateurs. Les enquêtes et études récentes auprès des utilisateurs de cigarettes électroniques sont tout de même encourageantes. La sortie du tabagisme serait facilitée lorsque des conseils de vape sont délivrés au fumeur, dans une optique de diminution ou d'arrêt du tabac.

Aussi, en accord avec JP Tassin et dans la mesure où les e-liquides ne contiennent pas d'IMAO, même si les études doivent être poursuivies, vapoter des e-liquides à base de nicotine ne conduirait pas, a priori, au développement de quelconque dépendance psychoactive par le biais de la nicotine.

SOURCES

  • http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1498.htm
    http://www.absolut-vapor.com/addiction-tabac/
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