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Sexualité et cancer : en finir avec les questions taboues !

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Lyon – Juin 2015 – Les cancers féminins, et notamment le cancer du sein, peuvent avoir un impact sur la sexualité des patientes et de leur partenaire. Ces questions restent souvent taboues. A l’occasion d’Octobre rose 2015, le Dr Christine Rousset-Jablonski, gynécologue médicale au Centre Léon Bérard, Centre de lutte contre le cancer de Lyon et Rhône-Alpes, répond aux questions les plus fréquentes.


Les effets des cancers sur la sexualité dépendent à la fois des traitements (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie ou thérapie ciblée), de la sévérité de la maladie et de la façon dont sont vécues les relations à l’autre avant et après le diagnostic de cancer. Certains changements sont temporaires, d’autres peuvent être définitifs.

Fatigue, diminution du désir sexuel, douleurs, modifications de l’image du corps, troubles de la fertilité ou encore ménopause précoce sont différents éléments pouvant impacter sur la sexualité. Les centres de lutte contre le cancer proposent une prise en charge globale de la maladie cancéreuse. Ces questions peuvent être abordées dans le cadre des consultations de gynécologie médicale proposées au Centre Léon Bérard.

Des douleurs lors des relations sexuelles apres un cancer féminin sont-elles normales » ?

Pendant ou après les traitements, des douleurs peuvent survenir, en particulier du fait de la sécheresse vaginale. Il s’agit de symptômes pouvant être traités. En outre, après une intervention chirurgicale, un certain délai peut être conseillé avant la reprise des rapports.

Peut-on encore avoir des relations sexuelles apres un cancer du col de l’uterus ?

Oui. Un certain délai peut être nécessaire après la fin des traitements (chirurgie et curiethérapie en particulier). Des difficultés particulières à ce type de cancer peuvent être rencontrées (douleurs liées à une sécheresse vaginale, rétrécissement des parois vaginales, en particulier après curiethérapie) mais des prises en charge adaptées existent.

Les rapports sexuels sont-ils proscrits lorsque l’on suit un traitement contre le cancer ? Et si oui dans quel cas ?

Certaines situations particulières nécessitent l’arrêt temporaire des rapports sexuels avec pénétration (curiethérapie utéro-vaginale, chirurgie pelvienne…), mais ne contre-indiquent pas la poursuite d’une activité sexuelle sans coït. Une contraception efficace doit en revanche être prévue pendant toute la durée du traitement.

Perd-on sa libido lorsque l’on est atteinte d’un cancer quel qu’il soit ? Si oui dans quel cas ?

La libido est multifactorielle et des troubles du désir peuvent apparaître à la suite d’un cancer. Cela peut être le cas en particulier lorsqu’il y a des modifications hormonales (ménopause induite par les traitements par exemple). Des troubles de la libido peuvent aussi apparaître en conséquence de facteurs environnementaux et/ou psychogènes (fatigue, angoisse liée à la maladie, manque de motivation, image corporelle altérée, etc). Le rôle du/de la partenaire est essentiel.

Le cancer ou les traitements de lutte contre le cancer provoquent-ils une sécheresse ?

Certains traitements peuvent entraîner ce type d’effet secondaire. En cas de modifications hormonales induites par les traitements (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie ou hormonothérapie), la baisse d’estrogènes peut s’accompagner d’une sécheresse vaginale. Certaines chimiothérapies entraînent de plus, indépendamment de l’effet indirect hormonal, une fragilité des muqueuses. La radiothérapie et la curiethérapie peuvent aussi altérer les parois vaginales, provoquant sécheresse, et parfois troubles de l’élasticité ou rétrécissement.

Avoir une sexualité active a-t-il un effet bénéfique positif pour la guérison d’un cancer ?

Avoir une sexualité satisfaisante améliore la qualité de vie, ce qui est vraisemblablement un facteur positif pour la guérison d’un cancer.

Peut-on encore avoir un orgasme après une ablation de l’utérus ?

L’absence d’utérus n’empêche par la survenue d’un orgasme. Des contractions utérines accompagnent habituellement l’orgasme féminin. Cependant, les études récentes sont concordantes sur l’absence de modification de la satisfaction sexuelle et de la fonction orgastique après ablation de l’utérus.

Doit-on continuer à se protéger lorsqu’on est atteinte d’un cancer ?

Oui, il est nécessaire de poursuivre une contraception efficace pendant toute la durée du traitement et après, sauf dans le cas où le traitement induit une infertilité définitive.

Au bout de combien de temps peut-on reprendre la pilule après une opération ?

Les pilules estroprogestatives qui augmentent les risques de thromboses peuvent idéalement être arrêtées un mois et demi avant et reprises un mois et demi après une opération à risque de thrombose (mais la pilule ne sera pas forcément arrêtée si une intervention est décidée en « urgence », le plus important étant de ne pas prendre de risque de grossesse non désirée) . Il n’y a pas de délai à respecter pour les pilules microprogestatives. Cependant, certains cancers contre-indiquent l’utilisation ultérieure de toute contraception hormonale.

Peut-on envisager une grossesse naturelle après un cancer féminin ?

Des techniques de préservation de la fertilité sont proposées par le médecin. Mais certains traitements contre le cancer n’ont pas de toxicité sur la fertilité.

Qu’en est-il de l’allaitement ?

En général, après un cancer du sein, il est possible d’allaiter. Cependant, la radiothérapie et la chirurgie conservatrice peuvent parfois diminuer la lactation. En cas de mastectomie unilatérale ou d’impossibilité d’allaiter avec le sein traité, l’allaitement reste souvent possible avec le sein opposé. Dans certains cas, il peut être déconseillé d’allaiter afin de ne pas altérer le résultat esthétique d’une chirurgie. Enfin, il est préférable de ne pas prolonger la durée de l’allaitement afin de pouvoir assurer une surveillance oncologique adaptée.


Toutes ces questions sont importantes, n’hésitez pas en parler à votre médecin.


 

A propos du Centre Léon Bérard, Centre de lutte contre le cancer

Le Centre Léon Bérard (CLB) est l’un des vingt Centres de lutte contre le cancer français. Il est affilié à la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (FNCLCC, groupe UNICANCER).

Il propose sur un seul site tous les examens diagnostiques, les traitements et le suivi de la personne pendant et après la maladie. Le Centre est reconnu comme un pôle de référence nationale et internationale de cancérologie. Il assure une triple mission de soins, de recherche et d’enseignement, avec la volonté permanente d’accroître la qualité et l’accessibilité aux soins pour les patients atteints de cancer.

Il accueille plus de 30 000 patients chaque année en hospitalisation, en consultation ou pour un examen et 6 000 nouvelles tumeurs sont diagnostiquées. Le CLB dispose de plateaux techniques d’examens et traitements (bloc opératoire, centre de radiothérapie, départements d’imagerie médicale, d’anatomie et cytologie pathologiques et médecine nucléaire…). Il dispose de plus de 300 lits et places ainsi que de 190 places d’hospitalisation à domicile. 1 500 personnes (dont 200 médecins, 400 chercheurs, 450 soignants) travaillent au Centre Léon Bérard dans les secteurs du soin, de la recherche, de l’enseignement et des fonctions « support ».


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