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Le ginseng (Panax ginseng)

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Le ginseng, qualifié de plante adaptogène, a une action normalisatrice sur les fonctions physiologiques qui se traduit par des effets antiasthénique, immunostimulant et par une meilleure résistance au stress psychique.

Histoire du ginseng

Le ginseng est la plante médicinale qui bénéficie de la plus grande renommée en Asie, aussi bien en Chine qu’au Japon ou en Corée. Il en existe différentes sortes mais le produit le plus souvent utilisé est le ginseng coréen, Panax ginseng C.A. Meyer (Araliaceae). Celui-ci fait partie de la pharmacopée de la médecine chinoise depuis plus de 2 000 ans. Les Chinois lui attribuent de merveilleuses vertus, d’où son appellation de panax, c’estàdire remède universel ou panacée.

Ginseng signifie en chinois “homme-racine” en raison de la forme de sa racine qui rappelle la silhouette humaine. Il a été utilisé par le peuple asiatique comme produit tonique et pour venir en aide aux patients affaiblis. Il était notamment très prisé par les plus riches pour son action rajeunissante et revitalisante. D’après la médecine traditionnelle chinoise, le ginseng exerce une action complexe sur l’énergie de l’organisme, qui tend moins à soigner la maladie qu’à renforcer les facteurs de santé, aussi bien chez les malades que chez les biens portants. Pour résumer, il a le pouvoir d’accroître la vitalité.

En Europe, le ginseng fut introduit, la première fois, en l’an 1 000 après J.C. par Cordoba, un aventurier mauresque qui retourna en Espagne avec un navire chargé de cette plante. En 1294, Marco Polo ramena à nouveau un chargement de ginseng mais la distance entre le monde oriental et le monde occidental ainsi que les différences philosophiques entre les médecines utilisées ne permirent pas à la plante d’avoir un impact significatif sur la médecine occidentale.

En 1704, un ambassadeur médical au Québec sous Louis XIV découvrit la petite plante Panax quinquefolium L. dans les forêts près de la ville de Québec. Des échantillons furent alors envoyés en France. Le roi lui même essaya cette plante, et se déclara aussitôt satisfait de ses effets aphrodisiaques. Le ginseng suscita alors un engouement considérable dans l’Hexagone.

 Au même moment, Jartoux, un missionnaire jésuite, découvrait les vertus médicinales du ginseng chinois, produisant un rapport mentionnant que le ginseng pouvait être trouvé ailleurs qu’en Asie, notamment au Canada où les montagnes et les forêts ressemblent étroitement à celles de la Chine. La recherche fut lancée et c’est ainsi que Panax quinquefolium L. canadien fut découvert. Des échantillons furent envoyés à l’empereur chinois qui se dit prêt à acheter le ginseng canadien. C’est ainsi que fut créée la Compagnie des Indes, et qu’un engouement sans précédent pour la cueillette de la plante se fit jour. Son commerce figura même pendant quelques années au deuxième rang mondial après la traite des fourrures. Il atteignit son apogée durant les années 1720 1750 mais, face à une demande très importante, la qualité des produits fluctua, ternissant ainsi la réputation du ginseng canadien.

À la même époque, une exportation venant des États Unis se développa également. La qualité du produit était alors meilleure que celle du ginseng canadien. Cette exportation américaine atteignit son maximum dans les années 1860 et prospéra jusque dans les années 1920 avant de décliner en 1930 et de disparaître quasiment au cours de la Seconde Guerre mondiale. Il fallut attendre les années 1970 pour voir réapparaître le ginseng en pharmacie.

En 1973, en raison de cueillettes abusives et de déboisement, Panax quinquefolium L. fut classée comme espèce en voie de disparition.

Le ginseng redevenant un produit commercial intéressant, sa culture parut très vite indispensable. Il est devenu en Corée, principal fournisseur de ginseng de culture, une source de revenus importante.

Le marché du ginseng en Europe et aux États-Unis est considérable. Par ailleurs, les échanges commerciaux de ginseng via internet semblent aujourd’hui prendre une très grande place. Cette demande importante a suscité, en particulier dans les quarante dernières années, de multiples études et travaux visant à prouver l’intérêt thérapeutique de cette plante dans divers domaines.

Botanique

Le ginseng est une plante herbacée, atteignant 80 cm de haut, vivace par une racine tubérisée pouvant parfois évoquer un corps humain. La partie aérienne comporte une tige droite de 30 à 50 cm, portant des feuilles composées palmées à 5 folioles finement dentées et ovales. De nouvelles tiges apparaissent au fur et à mesure que la plante vieillit. Les fleurs, jaune verdâtre et sans parfum, n’apparaissent que lorsque la plante a atteint l’âge de 3 ou 4 ans. Elles sont groupées en ombelles. Les fruits sont des baies rouges renfermant deux graines. La racine du ginseng est épaisse, charnue, de couleur jaune pâle. Sa longueur est de 10 à 20 cm et son diamètre atteint 1 à 2 cm.

Séché, le corps de la racine est cylindrique à fusiforme, de faible densité, jamais spongieux, parfois ramifié en deux à trois racines, d’où la vague ressemblance avec le corps de l’homme ; ces échantillons à aspect anthropomorphe sont les plus appréciés. À l’intérieur, la racine est blanche à jaunâtre, cartilagineuse et cassante. L’odeur est peu marquée, la saveur d’abord un peu âcre et amère, puis douceâtre et mucilagineuse.

La récolte de la racine se fait sur des plants ayant 4 à 7 ans pour le ginseng cultivé. Pour le ginseng sauvage, la croissance étant beaucoup plus lente, les racines proviennent des pieds de plusieurs dizaines d’années d’âge. Morphologiquement, la racine sauvage est très différente de la racine cultivée. Elle est longue, mince et flexible, alors que la racine cultivée est courte, grosse et charnue.

II existe plusieurs types commerciaux de ginseng. Les plus connus sont le ginseng coréen et le ginseng américain à cinq feuilles. Le premier, Panax ginseng C.A. Meyer, le plus prisé, est officinal. C’est une espèce endémique de la flore mandchoue. Il croît dans les régions montagneuses et forestières de la Chine, de la Corée, de la Mandchourie et même en Russie. Il est surtout cultivé en Corée, au Japon et en République populaire de Chine. Le second, Panax quinquefolium L., est cultivé aux États-Unis et au Canada, puis exporté massivement vers Hong Kong. Quant au Sanchi ginseng, P. notoginseng (Burk.) F.H. Chen, il est cultivé au Vietnam et en Chine où il est officinal.

Le nom ginseng est parfois attribué à des plantes qui n’en sont pas comme par exemple le ginseng de Sibérie qui est, en réalité, l’éleuthérocoque, Eleutherococcus senticosus Maxim., de la même famille que les Panax, les Araliaceae ; sa racine est connue pour avoir les effets similaires à ceux du ginseng chinois mais avec une efficacité moindre.

Partie utilisée

La partie utilisée est constituée par la racine séchée, entière ou coupée, désignée sous le nom de ginseng blanc ou ginseng rouge de Panax ginseng C.A. Meyer. Elle contient au minimum 0,40 % de la somme des ginsénosides Rg1 et Rb1 (saponosides), pourcentage calculé par rapport à la drogue desséchée (Pharmacopée européenne VIe édition).

En effet, il existe deux formes traditionnelles de ginseng de Corée, le blanc et le rouge. Le premier est la racine qui est lavée aussitôt après la récolte, raclée et complètement séchée au soleil ou dans un four. Le ginseng rouge, officinal au Japon, est constitué de racines qui ont été soumises à l’action de la vapeur d’eau pendant 1 à 4 heures ; ces racines sont ensuite desséchées à l’étuve ou au soleil et prennent un aspect corné, translucide et rougeâtre.

Composition chimique du ginseng

Le ginseng de Corée renferme de très nombreux composés : des polysaccharides, des glycopeptides (panaxanes), des vitamines, des stérols, des polyi nes, une huile essentielle et surtout des saponosides (13 %) auxquels l’essentiel de l’activité est attribué. Les saponosides (ginsénosides) isolés de la drogue sont très nombreux (une quarantaine) et sont pour la plupart des hétérosides de génines triterpéniques tétracycliques de la série du dammarane. Ils portent une lettre capitale “R” suivie d’une lettre minuscule et éventuellement d’un chiffre (Rb1, Rg1...). Ceuxci diffèrent entre eux par la nature de l’oligosaccharide fixé sur le noyau triterpénique plus ou moins hydroxylé qui leur est commun. Les saponosides Ro, Rb1, Rb2 et Rg1 sont généralement les plus abondants dans le ginseng de Corée.

Tous les ginsengs n’ont pas la même composition. À côté de certains saponosides qui se retrouvent dans toutes les espèces utilisées mais dans des proportions différentes, il existe des ginsénosides plus spécifiques.

La différence de composition se retrouve non seulement entre les différentes espèces mais aussi entre le blanc et le rouge, entre les radicelles, les racines latérales et la racine principale, en fonction de l’âge de l’échantillon, de l’origine... Il est donc difficile de parler de la composition du ginseng.

Par ailleurs, la qualité des ginsengs proposés à la vente est inégale. Outre la question de l’identité et les éventuels problèmes de falsification, des études ont montré que, selon les échantillons, la teneur en ginsénosides varie dans des proportions considérables. Cela peut laisser penser que les compositions mentionnées sur les préparations commerciales à base de ginseng peuvent être inexactes.

Activités pharmacologiques

Le ginseng jouit, en Asie orientale, d’une réputation plu rimillénaire de tonique général (il est particulièrement recommandé chez des personnes fatiguées ou affaiblies), de stimulant et de générateur d’une jeunesse nouvelle. Il apparaît comme un stimulant équilibré du fait que, contrairement aux autres stimulants qui produisent parfois une hyperactivité anxieuse, il stimulerait sans provoquer d’excitation, d’insomnie ou d’autres dissonances. La plante passe pour accroître la vitalité et a suscité de nombreuses études expérimentales dont les résultats, pas toujours convaincants, tendent à prouver qu’elle aurait un effet stimulant sur le système nerveux central, qu’elle augmenterait la résistance de l’organisme à la fatigue et au stress, et améliorerait les fonctions cognitives.

D’une manière générale, le rôle du ginseng sur l’amélioration de la qualité de vie est très controversé. Comme il est difficile d’avoir une évaluation rigoureuse de sa supposée capacité à améliorer les performances physiques et à combattre l’état de fatigue, il manque encore aujourd’hui des preuves scientifiques précises permettant d’obtenir une corrélation directe entre l’amélioration de l’état des patients et la prise du ginseng.

Des études cliniques, souvent réalisées sur des sujets sains, n’ont pu apporter de preuve suffisante pour démontrer l’intérêt thérapeutique de cette plante. Parmi les nombreuses allégations revendiquées, aucune ne peut actuellement être considérée comme validée.

Il est à noter que le ginseng n’est pas utilisé en traitement de maladies précises, mais plutôt en prophylaxie lors d’une baisse de tonus corporel et intellectuel. Il fait partie du groupe dénommé “adaptogène”, regroupant des substances sensées améliorer la capacité d’adaptation de l’organisme visàvis des perturbations externes ou internes, et face à des conditions adverses, de nature chimique, physique ou biologique ; ces adaptogènes ont une action normalisante, c’estàdire capable de ramener les activités corporelles au niveau normal, quelle que soit la nature du désordre en fonction des besoins de l’organisme : ils jouent un rôle dans le rétablissement de l’homéostase. Ils constituent un moyen alternatif efficace permettant de lutter contre les symptômes du stress qui détériorent la santé : fatigue, manque d’énergie, anxiété, nervosité... Cette plante permettrait ainsi une amélioration de la qualité de vie.

Une hypothèse a été émise pour tenter d’expliquer le mécanisme d’action du ginseng contre le stress. En situation de stress, le cerveau envoie des informations à l’hypothalamus qui alerte l’hypophyse qui, à son tour, entraîne la sécrétion des corticoïdes par les glandes surrénales. Le ginseng semble rendre la réponse hormonale au stress plus efficace. Les ginsénosides ayant une structure proche des stéroïdes, il est probable qu’ils agissent par liaison avec les récepteurs aux stéroïdes entraînant des effets similaires aux effets physiologiques de ces composés.

D’autres effets bénéfiques ont été démontrés par différentes études. Panaxginseng augmente l’activité du système immunitaire, stimule la biosynthèse des protéines, prévient les ulcères induits par le stress, mais également l’agrégation plaquettaire. Il a une activité antihyperglycémiante et antioxydante. Il stimule la production des ribosomes au niveau hépatique. Il peut avoir un effet bénéfique dans le traitement de certains troubles sexuels comme par exemple des troubles de dysfonction érectile. Chez les femmes ménopausées, il améliore le bienêtre et l’état de santé mais sans avoir d’effet sur les bouffées de chaleur.

Des études expérimentales ont montré que la racine est plus efficace que des extraits de ginsénosides et que deux ginsénosides purifiés peuvent produire des effets complètement opposés, ce qui explique pourquoi seule la racine entière est utilisée dans les préparations.

Effets indésirables et toxicité du ginseng

La consommation du ginseng pendant de courtes périodes n’est pas dangereuse. Les effets secondaires du ginseng, relativement rares, se manifestent uniquement en cas de posologie élevée et/ou d’utilisation prolongée. Ils sont le plus souvent bénins et réversibles. Les effets observés sont : nausées, diarrhées (surtout le matin), insomnies, nervosité, maux de tête, hypertension, hypotension, éruptions cutanées, gynécomastie, mastodynie, hémorragies en période de ménopause et hypertonie. 

Un effet tératogène sur l’embryon de rat a été rapporté par une étude portant sur le ginsénoside Rb1, un des principes actifs du ginseng et ceci, de façon dose-dépendante.

Interactions médicamenteuses

Des interactions entre le ginseng et certaines substances ont été signalées. Le ginseng associé avec la caféine peut entraîner hypertension et nervosité. Il peut, par ailleurs, diminuer l’efficacité de la warfarine et d’autres anticoagulants. Un cas de digoxinémie élevée a été associé à une prise concomitante de digoxine et de ginseng. Il a été signalé une interaction du ginseng avec un antidépresseur inhibiteur non sélectif de la monoamine oxydase (IMAO), la phénelzine, se traduisant par des symptômes de manie avec céphalées et tremblements.

Contre-indications du ginseng

Par mesure de sécurité, la femme enceinte ou qui allaite et même les enfants ne doivent pas utiliser de ginseng. Pour les diabétiques, il est préférable de ne pas en consommer sans suivi médical afin d’éviter le risque accru d’hypoglycémie engendré par son utilisation en association avec des hypoglycémiants. En cas d’hypertension artérielle, d’insomnie ou d’angoisse, le ginseng doit être utilisé avec précaution.

Formes d’utilisation du ginseng

La posologie des formes galéniques suivantes est donnée à titre indicatif :

- poudre : 1 à 2 g par jour ;

 - extrait sec titré (4 à 7 % de ginsénosides) : 200 à 400 mg par jour ;

- tisane : décoction de 1 g de racines pour 150 mL d’eau, 2 fois par jour.

Utilisations du ginseng

Très ancienne plante médicinale de la pharmacopée chinoise, le ginseng a été introduit en Europe en tant que tonique fortifiant. Souvent utilisé seul, il est indiqué en cas de fatigue, d’affaiblissement lié à l’âge, de convalescence, de surmenage avec moindre capacité physique au travail et de difficultés de concentration intellectuelle.

La racine de ginseng entre également dans des associations avec d’autres plantes stimulantes comme le kola ou le thé noir, avec des vitamines et des sels minéraux.

Durée du traitement

Le ginseng est une plante qui permet de traiter le terrain. Son action est lente à se manifester car les bénéfices de la cure ne sont ressentis qu’au bout de 2 à 3 semaines. Le traitement doit être limité à 3 mois au maximum avec possibilité de reprendre après un arrêt de 2 semaines au minimum.

La posologie ne doit pas dépasser 2 g de racine par jour. Lorsque le ginseng est utilisé en complément de l’alimentation humaine, la posologie recommandée ne doit pas correspondre à un apport en ginsénosides supérieur à 20 mg/jour.

Les extraits titrés en ginsénosides ou la poudre titrée doivent être préférés à la tisane, par ailleurs peu utilisée. Les prises se font le matin pour ne pas gêner le sommeil.

Législation

Le ginseng fait l’objet d’une monographie à la Pharmacopée européenne (6e édition, 2009). Il fait partie des plantes de l’annexe I de la note explicative de 1998 (“Médicaments à base de plantes”, Agence du médicament). Ainsi, il peut entrer dans la composition de médicaments à base de plantes et bénéficier de la procédure d’autorisation de mise sur le marché (AMM) “allégée” avec pour seule indication : « Traditionnellement utilisé dans les asthénies fonctionnelles. » Il peut être vendu librement en l’état, sous forme de poudre et d’extrait sec aqueux.

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