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Mangez du cacao, c'est bon pour votre coeur !
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18 juin 2009 | 2 commentaires
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Géraldine Barioz, 7 articles (Site internet)

Géraldine Barioz

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Mangez du cacao, c’est bon pour votre coeur !

Mangez du cacao, c'est bon pour votre coeur !

Le cacao possèderait de nombreuses vertus cardio-protectrices. Le point sur les différentes études scientifiques qui établissent ses bienfaits dans le cadre des maladies cardio-vasculaires.

Voici le thème d’une revue récente parue dans Circulation qui rassemble les données scientifiques démontrant les effets cardio-protecteurs du cacao. Le cacao est un aliment consommé depuis le 16ème siècle par les incas. Il a toujours été associé à des effets stimulants et anti-âge.

Maladies cardio-vasculaires : plusieurs études montrent des effets bénéfiques du cacao

Des données épidémiologiques observées au sein de tribus indiennes consommant de façon quotidienne de forte doses de cacao montrent un effet protecteur vis-à-vis de l’hypertension liée à l’âge. Cette tribu présente également une mortalité cardiovasculaire très inférieure à celle observée dans une population comparable.
Une autre étude épidémiologique montre qu’un régime riche en flavonoïdes chez des femmes ménopausées suivies pendant 16 ans entraîne une diminution du risque de décès lié à des troubles coronaires.

Ces observations permettent de penser que les vertus du cacao seraient liées à sa forte teneur en flavonoïdes végétaux, notamment en epicatéchine et catéchine qui sont des flavanols principaux des fruits.

Toutefois, il faut faire la distinction entre les effets in vitro et in vivo des flavanols. En effet, certains flavonoïdes ont une faible absorption intestinale. Ainsi, les effets observés in vitro ne seront pas retrouvés chez l’homme. De plus, la transformation des fèves de cacao en produits de consommation va réduire de façon drastique la teneur en flavanol, notamment pour les produits contenant du chocolat au lait.
 

Quels mécanismes sont impliqués dans l’effet cardio-protecteur du cacao ?

1) La cacao améliore le dysfonctionnement endothéliale associé aux maladies cardio-vasculaires

Il est établi que le dysfonctionnement endothélial est corrélé aux maladies cardiovasculaires. Le NO est indispensable au bon fonctionnement de la barrière endothéliale.
Des études ont montré que la consommation de nourriture riche en flavanolols, notamment contenus dans le thé et le vin rouge permettait de rétablir une fonction endothéliale correcte.
In vivo, des patients présentant un risque cardio-vasculaire élevé, la prise d’une boisson riche en flavanols issus du cacao permet d’augmenter le taux de NO circulant.
Au plan moléculaire, l’épicatéchine diminuerait l’inactivation de NO dans les cellules épithéliales. Les métabolites d’épicatéchine vont inhiber la NADPH oxydase responsable de la production de radicaux libres qui inactivent le NO.
 

2) Propriétés anti-oxydantes

Le stress oxydatif et la diminution du pouvoir anti-oxydant du plasma jouent un rôle majeur dans l’apparition de l’athérosclérose.
Une étude récente randomisée en double aveugle, visait à comparer l’effet sur la modification du calibre vasculaire chez des transplantés cardiaques de la consommation d’un chocolat riche en flavonoïdes à un chocolat sans cacao. On observe dans le groupe consommant du chocolat riche en cacao une vasodilatation coronaire, une meilleure fonction coronaire, et une diminution de l’adhésion plaquettaire. Ces observations étaient associées à une réduction du stress oxydatif plasmatique.
Le mécanisme par lequel la capacité anti-oxydante du plasma est majorée par le biais des flavanols reste controversée.
 

3) Fonction plaquettaire : le cacao améliore la fluidité du sang

De nombreuses études ont démontré l’effet inhibiteur du cacao sur les plaquettes. Le cacao diminue l’expression d’ADP induite par l’activation des récepteurs GPIIBIIIA des plaquettes. De plus, in vivo, la catéchine et l’epicatéchine diminuent l’expression des récepteurs GPIIBIIIA à la surface des plaquettes. 
Chez des sujets sains, l’ingestion de 100 g de chocolat noir diminue l’agrégation plaquettaire. Cela n’est pas observé après ingestion de chocolat blanc ou au lait.
En d’autres termes, les flavonoïdes contenus dans le cacao, favorisent la relaxation vasculaire et bloquent l’agrégation des plaquettes sanguines et donc augmentent la "fluidité" du sang.

4) Effets anti-hypertenseurs

Cette hypothèse a été démontrée récemment dans une étude comparant les effets à long terme du chocolat noir à ceux du chocolat blanc chez des patients hypertendus en stade précoce. Les résultats de cet essai indiquent une diminution de la pression artérielle dans le groupe consommant du chocolat noir, potentiellement induit par une augmentation de la production de NO.
Une méta-analyse récente d’essais randomisés confirme une réduction significative des pressions systoliques et diastoliques suite à l’administration de cacao.
Malgré tout, ces essais ne concernent qu’un faible nombre de patients, et une étude de plus grande envergure est encore nécessaire pour pouvoir conclure sur les vertus anti-hypertensives du cacao.
 

Limites :

Les auteurs font remarquer que les résultats observés ne concernent que le cacao pur ou le chocolat noir, riches en flavanolols. Malheureusement, les aliments obtenus après transformation de cacao sont souvent très riches en sucres et en graisses, et ont perdu une grande partie de leur flavanolols. Conseiller la prise régulière de ce type de produit à des patients qui sont parfois diabétiques et/ou obèses ne paraît pas raisonnable. Le cacao, oui, le chocolat, non.
 
Géraldine Barioz www.journaldessciences.com

POST-SCRIPTUM

  • 1. L’insuffisance cardiaque – incapacité du coeur à assumer ses fonctions – est une complication fréquente des maladies cardio-vasculaires, à l’origine de nombreux décès. Elle se caractérise par un dysfonctionnement endothélial (l’endothélium est constitué d’une fine couche de cellules tapissant la paroi interne des vaisseaux sanguins) qui se traduit par une altération de la dilatation vasculaire.
    Médiateur chimique majeur de ce trouble, le monoxyde d’azote (NO) pourrait voir sa libération diminuée, consécutivement à la diminution chronique du débit sanguin.
    Dans un modèle d’insuffisance cardiaque chez le rat, une élévation chronique localisée du débit sanguin au niveau périphérique a permis d’évaluer in vivo les effets de l’augmentation de ce flux sur la libération de NO. Cette augmentation restaure la dilatation dépendant du NO, ce qui confirme que l’altération de la fonction endothéliale pourrait être en partie due à la diminution de la libération de NO induite par la baisse du flux sanguin.
    source : http://www.frm.org

SOURCES

  • Source :
    http://circ.ahajournals.org/cgi/content/abstract/119/10/1433
    Circulation. 2009 Mar 17;119(10):1433-41.Click here to read
Commentaires
1 vote
par Pascal GILBERT (IP:xxx.xx9.243.141) le 20 juin 2009 a 16H43
Pascal GILBERT, 1 article (Rédacteur)

Bonjour,

Pourriez-vous donner + de références, en effet celle que vous donnez est un abstract de cinq lignes qui ne dit que des généralités.

Par ailleurs, pourriez-vous préciser "L’insuffisance cardiaque ... se caractérise par un dysfonctionnement endothélial (l’endothélium est constitué d’une fine couche de cellules tapissant la paroi interne des vaisseaux sanguins) qui se traduit par une altération de la dilatation vasculaire." qui me parait passablement inexact.

1 vote
par gbarioz (IP:xxx.xx3.138.133) le 22 juin 2009 a 09H21
Géraldine Barioz, 7 articles (Site internet)

Bonjour,

Merci pour votre commentaire. Je peux vous envoyer l’article complet par mail si vous le désirez. Concernant la définition de l’insuffisance cardiaque, ce n’est pas moi qui ai ajouté le PS mais le site carevox. Voyez donc directement avec eux pour plus de détails.

Cordialement,

G Barioz.

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