Prothèses dentaires : polémique autour des fausses dents made in China

Prothèses dentaires : polémique autour des fausses dents made in China |
Sur les quelques six millions de couronnes, bridges et autres prothèses dentaires posées chaque année en France, deux millions, soit un tiers, seraient fabriquées à l’étranger.

- Prothèses dentaires plombées
Réalisées dans des laboratoires de Chine ou
d’Europe de l’Est et importées à des prix défiant toute concurrence,
ces prothèses "low cost" permettent aux dentistes qui y recourent
d’augmenter sensiblement leur marge bénéficiaire. Cependant, cette
pratique n’est pas sans poser problème.
Une composition douteuse
Outre que leur qualité serait inférieure à celle des prothèses
fabriquées en France, ces prothèses d’origine étrangère pourraient
contenir des composants indésirables toxiques comme le plomb. Ceci
entraîne pour le patient divers problèmes, dont un risque potentiel d’intoxication lié à la corrosion par électrogalvanisme buccal.
La présence de plomb est d’autant plus ennuyeuse qu’il est impossible
de savoir ce que les prothèses contiennent réellement, sauf à les faire
analyser par un métallurgiste. Pourtant, au nom de la traçabilité, il
est obligatoire que soit mentionné le numéro CE (Conformité Européenne)
des matériaux entrant dans la composition de chaque dispositif
dentaire. Or, une enquête menée par un journaliste d’Envoyé spécial* a
montré que les numéros qui figurent sur la fiche de traçabilité des
prothèses testées dans le cadre du reportage, se révèlent après
vérification totalement fantaisistes. Il s’avère en effet que ces
numéros CE correspondent, non à des matériaux à usage dentaire, mais à
des dispositifs qui sont sans rapport, par exemple des pièces pour
ascenseur. À leur arrivée sur le sol français, ces prothèses qui
devraient normalement être vérifiées par les services des douanes
échappent à tout contrôle.
Réaction du Conseil de l’Ordre
Si le dentiste interviewé pour les besoins de l’émission* admet du bout
des lèvres que "cela se fait" à propos des prothèses fabriquées à
l’étranger, de leurs côtés les instances officielles et syndicales de
la profession "dénoncent très vigoureusement les propos mensongers dont
la profession de chirurgien-dentiste fait actuellement l’objet dans les
médias". "Cette campagne inquiète la population sans apporter la preuve
des propos affirmés.
Ces Organismes professionnels représentant les chirurgiens-dentistes s’indignent d’une telle campagne de désinformation, et s’interrogent sur son réel objectif" peut-on lire sur le site de l’Ordre National des Chirurgiens-dentistes dans un communiqué de presse intitulé "Prothèses dentaires, la vérité" et qui se veut une mise au point après l’émoi suscité par la polémique sur le sujet dans les médias. D’après ce communiqué de presse, la profession serait "reconnue exemplaire pour le respect de ces normes".
L’Ordre qui se veut rassurant, affirme en outre que "chaque fiche de
traçabilité de dispositif médical sur mesure certifie l’usage de
produits et matériaux répondant à des normes strictes et définies".
Quid dans ce cas des traçabilités fantaisistes dénoncées par le
reportage ? "La traçabilité ne peut être garantie" reconnaît de son
côté un dentiste interviewé par Envoyé spécial.
Vers une réglementation ?
Le patient ne peut savoir d’où vient la prothèse que le dentiste lui
met en bouche. la Directive européenne ne prévoit d’informer le patient
ni sur le prix ni sur la provenance de sa prothèse. Fin 2008, un
amendement a été déposé par deux députés dans le cadre de l’examen du
projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2009 (PLFSS).
L’amendement visait à imposer aux praticiens l’obligation d’informer
les patients du coût réel des prothèses (dentaires et autres) posées.
La proposition fut rejetée.
Dans le même temps, la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) affirmait souhaiter « un meilleur contrôle qualité sur les prothèses dentaires, qu’elles soient importées ou non ». Elle indiquait avoir « proposé il y a quelques mois à l’UNPPD (Union Nationale des Prothésites Dentaires) de créer un label qualité ’prothèses d’origines européenne’ pour informer en toute transparence les patients sur l’origine de leurs prothèses dentaires ».
Cette proposition n’aurait pas reçu de réponse. Pour sa part, l’Ordre
des dentistes français promet "une meilleure information du patient".
Cet effort de transparence ira-t-il jusqu’à révéler le pays où a été
fabriquée la prothèse ?
* Reportage "Fausses dents, vrais doutes" diffusé le 26-02-2009 sur France 2
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Bonjour, Vous êtes une professionnelle du monde de la dentisterie et certainement compétente dans votre domaine. Je ne suis qu’un pov’ingénieur, que dis-je un vermisseau devant vos avis autorisés (+ ceux de F2) J’ai l’impression que vous ne connaissez pas toutes les lois de votre propre marché : à savoir que tant va la cruche à l’eau...Les prix pratiqués par les dentistes sont odieux (justifiés par la longueur d’études plus axées sur l’auto-justification de la profession qu’à proprement parler de la prise en compte des aspects "scientifiques et/ou technologiques" approfondis des domaines périphériques) Les matières premières entrant dans la fabrication des dents est à un coût ridicule par rapport au "décorum" de vos circuits de distributions et de rémunérations dithyrambiques. Les Ivoclar et consorts sont dans un gruyère florissant dont les dentistes ont tout intérêt à être complices pour sauvegarder leurs marges honteuses. Je reste à votre disposition

Étant moi-même dentiste, j’avoue que j’ai du mal à comprendre que notre Ordre puisse cautionner de telles pratiques.
Qu’est ce qui s’oppose déontologiquement à ce que nous indiquions au patient l’origine de la prothèse ? Je suis peut-être naïf mais comment admettre que le patient n’ait pas le droit élémentaire de connaître la provenance de ce qu’il achète ?
Bien sûr, il s’agit de protéger les intérêts de ceux qui font fabriquer leurs prothèses en Chine ou ailleurs pour gagner plus, au risque de salir toute la profession.
Et ce n’est pas la peine d’accuser les journalistes qui ne font que leur boulot. Il faudrait commencer par balayer devant sa porte.

Je suis assez honteux de ces pratiques qui déshonorent notre profession.
Les patients feraient bien de s’inquiéter car on peut bel et bien aujourd’hui leur mettre n’importe quoi en bouche : plomb des prothèses made in China, mercure des amalgames dentaires, produits chimiques toxiques divers, tels que le formaldéhyde entrant dans la composition des pâtes pour dents dévitalisées, produits chimiques que je dénonce sur mon site.
Étant moi-même dentiste, je suis bien placé pour connaître la "cuisine" que font les laboratoires. Je confirme qu’il n’existe aucune traçabilité pour le patient qui ne sait rien de ce qu’on lui met en bouche et qui pourra possiblement altérer sa santé pour de longues années.

Bonjour,
Décidemment, on protège plus les gros sous que les consommateurs(et les prothèses sont utiles voir indispensables mais très honéreuses) Depuis juillet 2008, pose de ma prothèse dentaire j’ai des problèmes liés ou peut-être non liés. Mon dentiste est parti à la retraite et je ne peux pas être rassurée sur l’origine de mon appareil Connait-on aujourd’hui, les risques, maladies ou autres conséquences pour les porteurs des prothèse made in china ? merci pour les éclaircissements que vous pouvez me donner

Les risques pour le patient qui aurait hérité d’une de ces prothèses d’origine étrangère non conformes sont détaillés dans cet article :
http://www.holodent.com/article-285...
Cordialement




