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Manger : vive le plaisir, au diable les moralisateurs !
Manger : vive le plaisir, au diable les moralisateurs !
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23 février 2009 | 7 commentaires
Auteur de l'article
Florian Saffer, 57 articles (Diététicien Nutritionniste)

Florian Saffer

Diététicien Nutritionniste
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Manger : vive le plaisir, au diable les moralisateurs !

Manger : vive le plaisir, au diable les moralisateurs !

" Un bon régime c’est forcément un régime où l’on en bave, pas simple pour moi qui aime manger " Que penser de cette affirmation que beaucoup de mes patients ont en bouche ?

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Manger : vive le plaisir, au diable les moralisateurs !

Manger seulement par nécessité ?

Encore hier une patiente m’a dit que son ancienne nutritionniste avait réussi à lui faire comprendre que l’alimentation devait nourrir mais ne devait en aucun cas apporter du plaisir, qu’elle devait apprendre à manger uniquement pour se remplir le ventre et apporter le minimum d’énergie à son corps. Comme si prendre du plaisir était quelque chose de honteux. La gourmandise n’est-elle pas d’ailleurs l’un des 7 péchés capitaux ?

D’après moi, cette façon de voir les choses très moralisatrices n’a pas lieu d’être et ne devrait pas être véhiculé par les professionnels de santé.

Il faut garder à l’esprit que nous mangeons parce que nous « aimons » la nourriture. Cet aspect de motivation présente une connotation agréable. Un comportement alimentaire sain est donc un comportement axé sur la recherche de plaisir.

La consommation d’un aliment agréable entraîne d’ailleurs la libération de dopamine, hormone stimulant les centres cérébraux de la récompense. Des travaux récents de neuroscience ont d’ailleurs mis en évidence que le plaisir lié à l’acte alimentaire est fondamental dans la régulation de la prise alimentaire. Nous attendons d’un repas qu’il comble nos besoins énergétiques mais également qu’il nous apporte suffisamment de plaisir. Manger sans plaisir c’est prendre le risque de connaitre des pulsions incontrôlables vers les aliments plaisants.

" Mais en mangeant par plaisir n’y a t-il pas un risque de manger trop ? "

Voici une autre réflexion que j’entends souvent au cabinet.

Chacun peut faire l’expérience, lorsque l’on mange un aliment très calorique comme du chocolat, ce sont les premières bouchées qui nous apportent vraiment du plaisir. Si nous sommes attentifs, ce chocolat si excellent nous parait après quelques carrés beaucoup moins bon. Or des petites quantités ne peuvent pas faire prendre de poids : 2 carrés de chocolats de 10 g n’ont jamais fait prendre un kilo, non ?

Plutôt que de se mettre des interdits, il me parait primordial d’apprendre à être attentif à ses sensations, à manger dans la pleine conscience, en dégustant et en prenant du plaisir.

Pour conclure VIVE LE PLAISIR, et au diable les moralisateurs !

"L'idéal diététique n'existe pas : manger équilibré c'est finalement manger avec une succession de déséquilibres"
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Mots-clés :
Régime Nutrition
Commentaires
6 votes
par mr-bienetre (IP:xxx.xx7.214.121) le 2 mars 2009 a 17H22
mr-bienetre (Visiteur)

Au diable les moralisateurs : oui

Aucun régime n’ai vraiment efficasse puisqu’il faut toujours faire du cas par cas et prendre en considération de multiples facteurs responsablent du surpoid (donc avoir une approche globale de l’individu) : oui

"L’idéal diététique n’existe pas : manger équilibré c’est finalement manger avec une succession de déséquilibres" : non, la, part contre, je ne suis pas d’acord, il ne faudrait pas exagérer ! On ne peut pas non plus se permettre de tout manger, en trop grande quantité et à n’importe quelle heure !

6 votes
par saffer (IP:xxx.xx5.18.138) le 2 mars 2009 a 18H47
saffer (Visiteur)

et si pourtant d’un point de vu scientifique manger équilibré correspond bien à une succession de déséquilibre : un jour je mange des fruits de mer et je fais le plein de sélénium, d’iode... le lendemain je mange du boeuf et je fais le plein de vitamine B12, le lendemain je mange du chocolat et je fais le plein de magnésium...

Toutes ces successions de déséquilibre nous amènent bien à l’équilibre.

Florian

2 votes
par mr-bienetre (IP:xxx.xx7.214.121) le 6 mars 2009 a 09H29
mr-bienetre (Visiteur)

Vu sous cet angle, pourquoi pas !

6 votes
par Actias (IP:xxx.xx2.72.243) le 2 mars 2009 a 19H02
Actias (Visiteur)

Ca semble évident, si manger nous fait plaisir c’est parce que si cela ne nous faisait pas plaisir on serait capable de pas manger et mourrir.

Attention avec les moralisateurs à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Critiquer le plaisir pour plaisir est ridicule. Mais souligner l’aspect néfaste de nombreux produits industriels conçus justement pour procurer un plaisir immédiat au détriment du reste (nutrition et ethique) - pas par charité chrétienne mais pour qu’on rachète le même prdoduit et mieux qu’on en devienne accro - est plutôt salutaire.

Méfiance avec ce genre de discours donc, aussi bien moralisateur que "libertaire". Il y a plein de diététiciens qui roulent pour les lobbyes agro alimentaires.

6 votes
par mr-bienetre (IP:xxx.xx7.214.121) le 6 mars 2009 a 09H28
mr-bienetre (Visiteur)

Oui, la, je suis beaucoup plus de l’avis d’Actias, très bonne remarque !

1 vote
par le mouton noir (IP:xxx.xx9.95.175) le 12 mars 2009 a 19H55
le mouton noir (Visiteur)

Actias, je voulais réagir juste à "Ca semble évident, si manger nous fait plaisir c’est parce que si cela ne nous faisait pas plaisir on serait capable de pas manger et mourrir."

Je ne suis pas d’accord, on mange par plaisir ok, et c’est pour ça qu’on se cuisine des bons petits plats (enfin qu’on devrait) mais sauf cas exceptionnel (anorexie ou quoi ou qu’est-ce) personne ne se laisse mourir de faim, si on mange, c’est avant tout par instinct, justement pour pas mourir ...

C’est aussi pour cela que lorsque l’on mange pas, mis à part le fait que l’on s’affaiblisse, on a l’estomac qui gueule et c’est très désagréable, ça participe à l’inconfort qui nous rappelle de manger. L’exemple le plus évident c’est celui de l’enfant qui ne veut pas manger son plat (les enfants mangent RAREMENT par pur plaisir), on lui met au réfrigérateur et tu verras que lorsqu’il aura faim (même si ça n’est que le lendemain) il viendra le réclamer .. on a jamais vu un enfant se laisser mourir de faim lorsqu’il a de la nourriture à portée.

5 votes
par Loïc (IP:xxx.xx4.253.110) le 12 mars 2009 a 22H30
Loïc (Visiteur)

Le risque de manger trop en mangeant par plaisir est bien réel. L’expérience du chocolat que vous proposez ne me parait guère probante. L’effet inverse est même à craindre avec l’habitude. Très vite le deuxième carré apporte autant de plaisir que le premier, puis le troisième autant que les précédents et ainsi de suite.

Nier ce risque ou le minimiser ne me semble pas être le meilleur moyen de réhabiliter le plaisir. On peut redouter qu’au contraire, après quelques essais peu concluants, beaucoup se renforcent dans l’idée que le plaisir est dangereux et qu’il faut s’en méfier.

Vous avez pourtant raison de faire l’apologie du plaisir et de défendre l’idée que le plaisir de manger peut jouer un rôle dans la régulation de la prise alimentaire. Encore faut-il préciser dans quelles conditions cela est le plus efficace. Les mécanismes de régulation ne fonctionnent pas systématiquement et de façon fiable pour tout ce que l’on avale. Dans la plupart des cas on peut même affirmer que cela fonctionne très mal. Si ce n’était pas le cas, vous n’auriez sûrement pas autant de patients ! J’ai cinquante ans, j’ai mangé "comme tout le monde" pendant la première moitié de ma vie et intégralement cru pendant l’autre moitié. De cette expérience je puis affirmer que le plaisir ne joue un rôle fondamental, efficace et fiable dans la régulation alimentaire qu’à la condition expresse que les aliments soient consommés crus et, si possible, sans préparation.

Fin des années 80, quand j’ai commencé à manger cru, le corps médical était très partagé sur cette attitude que certains imaginaient encore qu’elle puisse nuire à la santé. Aujourd’hui le ton a changé. Les études scientifiques sont de plus en plus nombreuses pour confirmer les bienfaits de l’alimentation crue (voir article ici ). La consommation d’aliments crus apparaît comme l’alimentation vivante par excellence, celle qui correspond le mieux au métabolisme humain.

Mais le véritable avantage que l’on peut tirer des aliments crus réside dans le fait qu’ils facilitent la régulation de la prise alimentaire, non seulement sans compromettre le plaisir de manger, mais en l’augmentant significativement.

Sur ce sujet vous pouvez aussi consulter le livre de Dominique Guyaux intitulé ; « Le régime du plaisir », dont un extrait est disponible gratuitement sur internet à l’adresse suivante :

http://www.geocities.com/HotSprings/7627/regimeplaisir15-23.html