Le slow-food, vous connaissez ?

Le slow-food, vous connaissez ? |
Tout le monde connaît les fast-food, ces endroits où vous allez pour manger rapidement. Il vous suffit d’y entrer, de commander et d’aller vous asseoir pour manger votre hamburger et vos frites. Si vous ne devez pas faire la queue, manger ne vous prendra que 10 minutes ! C’est bien pour les gens pressés. Mais, les principaux inconvénients de ce genre de lieux, ce sont les repas pas très équilibrés que l’on y mange et justement le fait que vous mangez en vous pressant, sans prendre le temps de vous poser.

- L’escargot, l’emblème du slow-food
Or, pour moi, comme pour beaucoup d’autres, je l’espère, le repas est
un moment important et une façon de se retrouver en couple ou en
famille. Je pense d’ailleurs que vous avez déjà remarqué, au fil de mes
articles et de mes livres, que j’accordais une grande importance à la
nourriture et à la cuisine. Je ne m’imagine pas manger constamment sur
le pouce, ne prenant même pas la peine de m’asseoir. Pour moi, le
déjeuner ou le dîner sont un peu des sortes de rituels qui nécessitent
de prendre du temps.
Comme vous pouvez le constater, je serai plutôt une adepte du
slow-food. Ce terme, je ne l’ai pas inventé. Il a été créé justement
pour faire une opposition au fast-food. Pour ceux qui ne connaissent
pas, « slow » signifie « doucement ».
Le slow-food est devenu un concept à la mode. Il a été crée par
l’Italien Carlo Petrini en 1986. Peu à peu, il s’est développé dans le
monde entier et le mouvement slow-food s’est rapidement
internationalisé. Il compte à ce jour plus de 82000 adhérents. Son
symbole est, fort judicieusement, l’escargot. Selon l’Association
Slow-food France, le slow-food « s’oppose aux effets dégradants de la
culture de la fast-food qui standardisent les goûts ». Il préconise la
consommation des produits locaux (en les classant dans une base de
données de produits locaux de qualité), la simplicité et la
redécouverte du goût des aliments. Il encourage les agriculteurs à
produire des aliments (végétaux et animaux) de bonne qualité, en
préservant au maximum l’environnement (il rejette la culture intensive
et nocive) et en respectant la biodiversité (des prix sont décernés
chaque année pour récompenser dans le monde ceux qui œuvre dans ce
sens). S’y ajoute, bien entendu, le désir de faire redécouvrir le
plaisir de manger, de retrouver la convivialité des bons repas. C’est
une combinaison assez intéressante et qui ne peut que séduire un grand
nombre d’individus.
Le Mouvement Slow-food organise régulièrement des événements, des
manifestations, des dégustations mettant en avant la gastronomie, les
produits locaux. Se sont également ouverts des restaurants slow-food un
peu partout dans le monde et en France. Une université des sciences de
la gastronomie a même été créée, en 2004, en Italie pour former de
futurs spécialistes du goût et de la biodiversité.
Je sais que certaines personnes, notamment les jeunes (que je ne mets
pas tous dans le même sac), sont réfractaires à ce genre de discours et
préfèrent continuer à aller au fast-food ou au kebab. Mais, comme pour
tout, c’est une question d’éducation. A partir du moment où les enfants
(même certains adultes) apprendront à retrouver le goût des aliments,
de bons aliments sains et équilibrés, ils se dirigeront inévitablement
vers le slow-food car ils prendront réellement du plaisir à manger.
Je suis allée voir récemment le film « Nos enfants nous accuseront »
et, à travers l’exemple de la cantine bio ouverte dans la commune de
Barjac, prise en exemple, on peut voir que les enfants, d’abord
réticents à manger certains légumes et fruits, finissent par les
apprécier. Il faut dire que leur qualité était excellente, que le
cuisinier prenait soin de les cuisiner en les rendant « attirants ».
Aujourd’hui, le slow-food est devenu un véritable business. Beaucoup de
restaurants se revendiquent de ce mouvement. Espérons qu’ils le font
parce qu’ils sont convaincus qu’ils peuvent être utiles à la
gastronomie et qu’ils ont envie de protéger l’environnement et la
biodiversité et non pour être simplement à la mode. Là, je joue les
mauvaises langues.
En tout cas, je suis tout à fait d’accord avec la philosophie
slow-food. Je la pratiquais déjà avant de la connaître. Prenez le temps
de manger, de bien manger et vous vivrez un des grands bonheurs et des
grands plaisirs de la vie qui à l’extrême avantage de se pratiquer tous
les jours et même plusieurs fois par jour.
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