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Couches bébés : comment choisir ?

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L’utilisation des premières couches culottes pour jeunes enfants date des années 1950. Celles-ci ont progressivement remplacé les langes en tissus qui étaient attachés par des épingles autour de la taille des bébés et souvent entourés d’une culotte plastifiée chargée d’en assurer l’étanchéité. Les couches jetables commercialisées à grande échelle dans les années 1960 furent rapidement un succès commercial permettant aux parents un gain de temps et l’arrêt des lavages quotidiens des alèses en tissus. 

Il s’agit d’un marché important puisqu’au rythme de 5 à 6 couches quotidiennes jusqu’à l’âge d’acquisition de la maitrise sphinctérienne (entre 2 ans et 2 ans ½ habituellement), cela représente environ 4500 changes complets à prévoir…ainsi que 700 à 800 kg de déchets à traiter (décharge ou incinérateur). En France, l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) estime ces déchets à 9% des ordures ménagères globales.

Les couches jetables traditionnelles 

Elles sont constituées d'une partie interne absorbante (mélange de cellulose et grains de polyacrylates) recouverte d'un voile protecteur (polypropylène) et une partie imperméable plastifiée externe se fermant par des scratchs

Ce système présente l'avantage de la simplicité d’utilisation, d'un gain de temps et d'une efficacité d’absorption qui évite la macération et les érythèmes fessiers. Leur coût est très variable d’une marque à l’autre pouvant aller de 0,14 € à 0,40 € l’unité pour les marques les plus réputées. A noter que la plus connue de ces marques n’est pas forcément la plus performante et que les progrès techniques ont permis de commercialiser des couches à petits prix aussi solides, absorbantes et antifuites. Une étude comparative (2012) est consultable sur les site de l'association de consommateur "Que choisir".

Les couches d’apprentissage de la propreté (que l’on enfile comme une culotte) qui sont conseillées en fin de parcours pour les plus grands n’ont jamais démontré que les enfants la trouvaient plus confortable pour grimper ou courir ... ni que cela avançait forcément l'âge de survenue de la maitrise sphinctérienne.

L’inconvénient essentiel de ces couches traditionnelle est leur coût qui va demander un investissement jusqu’à l’acquisition de la propreté. Cette dépense peut aller de 630 € environ pour les premiers prix à 1800 € pour les marques réputées haut de gamme. L’autre inconvénient possible est l'existence de résidus de fabrication ainsi que l’ajout de lotions, parfums, colorants !... (pour lesquels la réglementation actuelle exige que ces composants soient mentionnés). Le terme "hypoallergénique" souvent mentionné comme argument de vente n’a aucune valeur légale réelle.

Les couches jetables écologiques 

La première alternative à ce premier choix, encore majoritaire, est l’utilisation de couches jetables dites écologiques contenant au moins 70% de matières naturelles. Leur partie absorbante comporte plus de cellulose (issu de bois certifié développement durable) et moins de polyacrylates, contenus sous un voile de maintien non chimique. L’enveloppe extérieure est en bioplastique (amidon végétal). Elles ne contiennent aucun additif. Les couches écologiques sont plus chères que les couches jetables premier prix, mais pas plus que les marques traditionnelles. On en trouve dorénavant facilement dans le commerce.

Les couches lavables 

Elles sont revenues en vogue à partir des années 90 devant l’importance du gaspillage de ressources (forêts) et du volume de déchets généré par les couches jetables (environ 800 kg en 2 ans ½). La partie externe est une culotte revêtue d’un imperméabilisant (polyester) avec des élastiques assurant l’étanchéité et une fermeture par Velcro ou boutons pressions. La partie interne absorbante est une couche en tissus de coton, bambou ou de chanvre. 

 

Ces deux parties peuvent être solidaires (couches "tout en un" ou "TE1") ou vendues séparément ("deux en un" ou "TE2"). Tout ou partie de ce type de couche est lavable en machine et réutilisable un grand nombre de fois. On peut ajouter une doublure ("insert") à l'intérieur de la couche, très utile pour les nuits où les urines sont plus abondantes. Il est également conseillé de rajouter un voile fin au contact de la peau qui permettra de recueillir plus facilement les selles.

On peut trouver pour les parents débutants des démonstrations d'utilisation de ces divers modèles sur des sites de vidéos 

Les inconvénients de ces lavables sont une humidité du siège un peu plus notable et une moindre respirabilité de la peau. Ce système nécessite plus de temps libre et d'organisation. Leur séchage à l'air est assez long. 

Ces couches lavables coûtent environ 20 à 30 € pièce et il faut en compter une vingtaine pour limiter les lessives. A ce prix, il faut bien sûr rajouter la dépense d’eau, l’énergie dépensée par le lave-linge (environ deux lessives par semaine), voire un sèche-linge éventuel (non recommandé pour ce système, vu sa dépense énergétique). 

La dépense financière et énergétique plaide cependant nettement en faveur des couches lavables comme cela a pu être estimé dans une thèse réalisée en Belgique [1]. Le lavage industriel (machines très économes) diminue encore cet impact écologique comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous. Cependant, de nombreux parents n'apprécient pas dans ce système de devoir se servir de couches lavées certes, mais qui ont pu être portées par d'autres nourrissons auparavant.

 

Bilan écologique comparatif des jetables et des lavables (A.S OURTH, 2003)

 

Certains arguments des promoteurs de ce système sont par ailleurs excessifs et miltants. Il n’est pas du tout prouvé, sous prétexte qu'il sentiraient mieux l'humidité de leur urines, que les enfants portant des lavables seraient propres plus rapidement (Il n'y a de toutes façons pas de record à battre en la matière). L’autre théorie selon laquelle les couches jetables favoriseraient, par le biais d’une température plus élevée des testicules, une stérilité ultérieure est une légende urbaine tenace. L'augmentation régulière de la stérilité masculine est surtout le fait d’une imprégnation par les perturbateurs endocriniens du fœtus et du nourrisson.

Pour aller plus loin on peut consulter un dossier très complet et clair réalisé par France Nature environnement avec le soutien de l'ADEME [2].

 

Dernière possibilité, peu connue en France, pratiquée dans de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Sud sans pour autant être nommée, c'est l'absence totale de protections ou de couches. Cette pratique se nomme "hygiène naturelle infantile" (HNI), connue aux États-Unis sous le nom d’élimination- communication (EC). Le principe consiste pour les parents à observer les réactions de leur bébé afin de détecter les signes prémonitoires d'une miction ou d'uen défécation. On peut ainsi lors lui permettre d'évacuer urine et selles immédiatement dans des toilettes, un pot ou dans la nature, selon les coutumes et le climat... Certains parents font un mixte. Ils associent à ce principe l'utilisation de couches lavables qu'ils utilisent comme une culotte à baisser et et à remettre en fonction des besoins.

Et maintenant à chacun de faire son choix…

Dominique LE HOUEZEC

 

 

 

 

 

SOURCES

  • [] Anne-Sophie OURTH. Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables". Thèse  pour le doctorat d'environnement. Université de Gembloux en 2003

    [2] France Nature Environnement Les couches lavables. État des lieux, Enjeux & Pistes pour agir (12.05.2011)

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